lundi 23 avril 2018

Ma chaire est tendre


J’ai toujours trouvé mon père comme étant le pire juge du monde Humain. Je crois désormais qu’il est celui que l’on nomme le juge des Enfers : Hadès n’est autre que mon Père, mon géniteur dans ce monde. La séance de médecine symbolique me l’a confirmée : malgré tout ce temps je reste aimantée à ce père, qui m’a enlevée du Monde pour me conduire dans le sien : ce monde noir où tout est infernal et où l’on ne communique avec personne de vivant. Je suis Perséphone, enlevée par le seigneur des ténèbres, envahie par la peur de ne plus revoir le jour. 
Le fruit défendu est le fruit de l’amour filial que je lui porte et c’est ainsi que je reste prisonnière de son monde et qu’à chaque nouveau printemps, je tente désespérément de revenir à la surface. 
Merci Virgile, mon hermite resté là à mes côtés pendant tout ce temps de reconnaissance. Je souhaite désormais retrouver mon cher Père, l’authentique, le véritable, celui qui m’a créée. Je souhaite plus que tout le revoir désormais !
Si je suis Perséphone, lorsque je sortirai de ma coquille, que j'aurai remis la dérive de cette coque pour me guider vers l'océan qui fait des vagues, lorsque je serai Femme : je connaîtrai tout de ce monde souterrain, je pourrai ouvrir les yeux de quiconque se trouve sur ses sentiers, je pourrai l’aider à revoir le jour comme je suis en train de le faire. 
Ô lumière, je t’en prie, reviens à mes yeux et soulève ce voile spectral dont je suis recouverte.