mardi 29 novembre 2016

J’ignore pour Quoi mais je sais pour Temps

Tic.. tac.. tic.. tac.. Attention, vous tombez en transe. Ça fait de l’effet de voir le Temps se dérouler.. mais où se trouve l’origine du Temps ? Ne s’enroule-t-il pas comme un serpent lové sur lui-même ? Ou bien se perd-il dans un labyrinthe où, à défaut de Minotaure, un dragon attend de se faire terrasser ? Quoi qu’on en dise, l’illusion est totale et nous pensons encore génialement ignorer les Temps à venir. Fermez les yeux et dormez sous la haute coupole de l'Univers des Possibles. Si vient un jour où vous ouvrez les yeux, vous êtes aveuglé et chacun de vos gestes sera de vous conduire un peu plus loin dans cette obscurité. Impossible de repasser le seuil, chaque expérience compte. Une.. deux.. trois.. quatre..

Il faut avoir l’audace de se faire des cadeaux : pas de ceux matériels qui s’amoncèlent à outrance ; mais plutôt un cadeau pour les Temps à venir, un pari spirituel sur la Nature qu’on penche à devenir.. Une étoile en construction sur la Carte.

Cependant, il est un Temps où l’on se dessèche ; l’eau arrête de couler de sa Source et la terre souffre. Sa surface apparait craquante et déshydratée, comme un savon abandonné à son triste sort.

Puis vient le Temps où l’on se réveille avec un nouvel élan, débutant la journée par un sourire agréable au soleil et à la lune. Ces astres nous servent et desservent de magnifiques repas de l’âme qui, chaque jour, change d’apparence et prend substance. La matière Terre-Eau enrichie de re-co-naissances.

Chaque jour, une énergie nouvelle revient dans mes os, au cœur de ma chaire qui repousse la matière sombre jusque dans ses derniers retranchements. Ces hautes vibrations paillettent dans mon squelette émerveillé de ces expériences inédites. Ce Temps où même la musique s’arrête Temps dit que les ondes invisibles s’agitent en une fréquence incroyable encore inaudible à mes oreilles. Le son de la Matière qui s’agite.

Une poussière d’étoile terrestre qui se met à briller. La terre abreuvée à la source du Tout. Un souffle de feu incandescent dans le Cœur. Le rythme du pendule est constant.

dimanche 7 août 2016

Exaptation

C’est le temps des moissons, le paysage change ses formes de couleurs mordorées ; les céréales mûres de l’été ont rempli leur mission et ont été fauchées par une lame tranchante.

La question n’est pas de convenir si cela est, ou non, un acte barbare, tout en cet univers converge vers l’entropie, aucun remord particulier  à récolter ces plantes à la fleur de l’âge avant qu’elles ne vieillissent et retournent à la terre. L’observation d’un champ fraîchement coupé m’a plutôt fait baisser les yeux sur ce qu’il se passe à l’orée du sol : des petites herbes ont désormais le champ libre de pousser. Elles étaient pourtant présentes depuis un temps inconnu, invisibles à l’œil car coincées hors de portée de la pleine lumière et trop fragiles pour interférer avec leurs géantes voisines, mises ici par la mécanique du semeur. Ces monstres de l’espace ont été implantés pour leurs têtes productivistes, cultivées de la même manière depuis des générations, considérées comme des entités indispensables au bon fonctionnement de l’être humain, leur raison d’Êtres en vie.

Si nous renversons le point de vue à celui de la Terre, arrivera-t-elle aux mêmes conclusions ? Certes, elle ressent une certaine satisfaction à ne plus porter une si imposante masse uniforme ; cependant elle a subi plusieurs infections exogènes pour ne différencier que celle-là précisément et redoute d’en recevoir à nouveau. Ces petites herbes lui redonnent saveur, consistance, fraîcheur et renaissance… et elles, ne demandent qu’à pousser. Elles sont plus robustes car sauvages, plus résistantes car ayant connu des conditions difficiles de croissance pour accéder à la surface. Elles grandissent ensemble à leurs manières, fortes de leurs idées versatiles et controversées.

Il est difficile d’évoluer dans un champ de la sorte. Les tiges moissonnées  restant très dures, il est facile de se blesser le pied. Ces réminiscences protègent les nouvelles pousses  de se faire piétiner immédiatement et leur donnent la possibilité de s’épanouir plus agréablement que leurs propres conditions. Parfaites symbiose et synchronicité du Temps. La Terre leur apporte support et nourriture ; les anciennes géantes un modèle de sagesse. Leur survie n’est pas assurée pour autant mais c’est par la richesse de la Terre, qui apporte continuellement, que la Vie se transforme naturellement. Si cette symbiose  arrive à se constituer jusqu’au cœur du semeur, alors l’évolution des données sera sauvegardée par le champ raisonné de l’Homme allié à celui quantique de la Nature.

On se ritualise à aimer certaines variétés de peur  de voir croître des entités différentes, non usuelles, dont on ne connait pas la conformité. Un juge mental qui cherche à étouffer la Nature infinie et qui ne vit donc pas par sa raison (d’Être). Or, le monde des Idées est le terreau des pensées ataviques ; peu importe ce qui pousse sur Terre, c’est la façon dont on la regarde qui transforme la matière, nourrie par notre Esprit fécond.

« Plantons-nous, on verra bien ce qu’il poussera » (sic).

mardi 26 juillet 2016

Je de Société

« A vos marques… prêts ?… partez. »

Nous démarrons tous avec le même objectif : gagner la partie.
Si la mise est la même pour tout le monde, les jetons et re-jetons distribués ont leur importance. Et si telle couleur portait chance ? ou bien si je choisis cette paire de dés, m’offriront-ils les bons numéros ? La réussite peut-elle se réduire à des croyances que nous désirons maitriser ?

Différentes stratégies seront mises en œuvre pour atteindre le but ultime : être le 1er à se hisser et atteindre l’objectif ou évincer méthodiquement ses adversaires : malédictions et crevaisons sont de justes passages à l’Action. On dit « savoir tirer son épingle du jeu ». Si la notion de piqure est digne du combat, il faut choisir qui va être épinglé. La réponse se trouve dans la Morale et non dans la Nature ; la majorité des joueurs préfèreront mettre Maât aux échecs des autres, plutôt que se piquer au Je et prendre l’ascendant.

Si nous choisissons d’observer et d’analyser.. les faits, les gestes.. les actions, les effets… les réactions, les émotions... Anticiper les évènements…  savoir perdre un tour pour mieux les regagner. Cette projection se situe à l’hypocentre du sujet et au cœur du Je lui-même. Elle demande de la maitrise, de la patience et un certain saut dans le temps du monde extérieur, pendant que durera la partie. La réponse à ces états précipitera les réels détails que nous pouvons maitriser. Des éclats non visibles, car tournés vers l’intérieur, mués par une magnifique intelligence intuitive qui amène apaisement et confiance. Le jeu prendra alors un cours agréable, amenant de l’ivresse assoiffée de soi-même et terriblement addictive.

Et si par labeur, vous arrivez le premier à gagner le Je, alors vos adversaires ne pourront que s’incliner et acclamer la victoire artistiquement bien jouée de votre Maître d’œuvre. Quelle destinée !

Ainsi, d’autres rituels peuvent être imaginés, différents que souffler sur un dé ou réciter une prière, ceux-là qui aliènent et enlèvent le plaisir. De nouvelles mises en scène pour déplacer la roue de la Fortune dans votre camp.

Rien ne va plus… Faites vos Je.


lundi 11 juillet 2016

Akène

Comme une graine  dans une coque dont elle ne peut s’échapper, elle s’est arrêtée de grandir, interdite de croitre par la peur du dehors qu’on lui avait conté. Déjà très petite, la chaire de l’akène refusait toute nourriture pour se développer, elle n’a plus voulu se sustenter, s’est lentement lignifiée, déshydratée par la chaleur de ses brulures intérieures qui ne pouvaient plus s’échapper. Cependant, Mère Nature a continué de provoquer son développement, faisant grandir sa coquille, lui laissant l’espace pour acquérir plus de substances et utiliser ses capacités intérieures pour se transformer. Pourtant, l’enveloppe qui entoure l’akène n’a plus répondu aux avances de la Grande Dame, elle a solidement enlacé la chaire de l’akène pour la protéger comme elle le demandait. Plus la coquille grandissait, plus l’akène souffrait de ressentir cet espace vide et la pensa comme une peur de plus à porter en soi dans le développement de sa vie. Ce néant rempli de rien pesait en elle comme une chape de ronces et s’enfonçait dans sa chaire qu’elle avait pourtant laissée à l’abandon.

Ne pouvant plus revenir en arrière, l’akène compris qu’il fallait désormais affronter toutes ses peurs acquises par son inexpérience de la Vie. Sa passivité aux évènements ne l’avait menée nulle part puisqu’aujourd’hui, quelques chose la réveillait  dans la douleur de sa chaire. Ne sachant comment débuter une action, elle s’essaya à 1001 solutions qu’elle peinait à imaginer car trop soucieuse de réussir à grand fracas. Enfin, elle osa poser sa pensée sur son enveloppe et la détailla sur toute sa surface. Elle ressenti toutes les zones abimées par le Temps et l’Oubli et distingua celles qui centralisaient le plus de douleurs sombres. Elle s’entreprit de les guérir, avec des pensées fragiles,  oubliant les heures pour effectuer ce nouveau travail en Elle qui lui amenait une  nourriture qu’elle n’avait jamais goûté. Au fil des jours, elle trouva où focaliser dans sa chaire, les déclencheurs que Mère Nature avait caché en Elle, quand elle serait prête et qu’elle éprouverait son besoin. Plus son travail devenait efficace, plus l’enveloppe poussait sa frontière vers l’extérieur, dégageant la chaire atrophiée de son emprise meurtrière, donnant à l’akène une formidable sensation de bien-être par le simple phénomène universel à tout être-vivant : la respiration.

En ce moment, l’enveloppe regagne lentement sa place auprès de la coquille et l’akène dissout par le temps le poids sidéral de la matière noire, ramenant la lumière tout au centre d’elle-même. Bien qu’elle ne la voit pas, elle sait qu’elle brille fragilement. Encore quelques étapes avant qu’elle ne prenne le Vent pour reprendre son envol.


jeudi 7 juillet 2016

Version 1.0

Bon anniversaire Métamorphe ! 365 jours plus tard de mues anthropomorphes ; sans cesse et sans relâche, sans perte ni fracas ; connaitre chaque peine qui se cache, auprès du Temps qui marche au pas. 
Connectée aux espaces collectifs par des questionnements intempestifs ; des images du Lointain qui resurgissent au Futur : l’envie de revisiter des ombres pures ; celles qui font grandir l’arbre à pin, constellées de graines comme celles du raisin. 
Les solutions entraînent de nouvelles hypothèses, les clés à défaire une à une les chaines qui nous pèsent. Arpenter le grand vide cosmique, les yeux en bas ; insufflée du grand programme matérialisée de la Loi, naître une seconde fois à soi-même, connecter la grande réalité de la nature humaine.

Il était une Foi, la mienne.


lundi 13 juin 2016

Creatura du Pleroma

Ça y est, je suis vivante. J’ai constaté enfin que j’étais capable de respirer. Mon corps entier s’est remis à fonctionner. D’abord, ce fut la respiration et les poumons qui m’ont envoyé des signaux de reprise vitale. Ma peau a changé de texture, apaisée de ces années intoxiquées de l’intérieur. Puis ce fut mon mental : il m’a subitement lâché un jour où la douleur m’accablait encore tout le côté droit du corps. A mi chemin entre hypnose et hypnos, j’ai tout lâché pour reprendre brusquement une profonde respiration qui a relaché beaucoup de tensions. Comme une vague qui me submergeait, me plongeait la tête sous l’eau et me remontait à la surface. A force d’intellectualiser tout ce que je dis et fais, à tous moments, l’exercice était nouveau et salvateur.
Cette petite mort m’a transposée à un niveau plus agréable : la prise de conscience qu’un changement intérieur était en marche et que la non-résistance aux épreuves était la clé pour me transporter à des nouveaux Possibles. J’essaye de garder cette vision supérieure pour de nouvelles expériences sur moi-même. J’ai alors remarqué beaucoup d’intentions cachées que je masquais à l’ancien Moi mais que le nouveau m’amenait à faire tomber. L’auto-destruction, les faux comportements, les peurs, la colère, les sentiments, ma vision de l’extérieur. Je rentre dans ce fameux processus qui va faire de moi un individu unique dans un pays merveilleux.
Il me faut donc finir de guérir mon corps de femme pour agir plus sereinement dans ce nouveau monde. Depuis mes pieds jusqu’au sommet de ma tête, je réactive ma circulation lymphatique ainsi que l’ouverture progressive de mes centres d'énergie pour ressentir ainsi une complétude à tous niveaux activés. Je m’enracine petit à petit dans ma réalité qui me correspond mieux que toutes celles que j’ai eu à connaitre jusqu'ici. Elle m'oriente, me présente, me délivre des messages que j'essaye de dé-crypter. WAKE UP NEO*.

vendredi 22 avril 2016

La Jeune Fille et la Mort

Combien de fois ce sujet a été traité, par les peintres, compositeurs, poètes de tous temps qui ont rapproché ces deux contraires qui n’existeraient pas l’un sans l’autre. L’innocence fragile et sensible face à une puissance inéluctable intransigeante. D’un côté, l’émotion teinte de rouge un visage doux et lisse et de l’autre, l’impassible masque noir et émacié enflamment deux prunelles pourpres de velours. Cela peut être une discussion ou un regard, une pensée ou une musique pour que les deux parties se mélangent dans une danse macabre où la spirale du destin les emmènera là où leurs envies les poussent.

Souvent, j'éprouve de la peur à la pensée que ce sombre visiteur puisse faire faner les roses fraîches que j'ai cueilli avec tant de passion et d’enthousiasme. Elles sont dans leur vase depuis des années mais mon Amour les a conservées comme à la première heure. Je me rappelle très bien ce souvenir agréable, le seul que j'ai conservé depuis mon enfance et que j'ai promis de préserver du monde incompréhensible qui m’entoure. Je tremble au fond de moi de rompre cette promesse car ma fragilité m'a montrée combien je suis rudement mise à l’épreuve de la Vie. Je protège ma sensibilité au point de l’enfermer en mon cœur car je n’ose pas penser que je puisse être capable de rentrer en guerre contre le Monde. Pourtant, s’il fallait disséquer mon cœur, la plus dure des lames humaines n’arriverait pas à le trancher, préservant le contenu du secret que je porte en moi et que j'ai oublié. Il renferme toutes mes croyances, toutes mes valeurs sur le monde depuis la nuit des Temps mais je n'ai jamais été à l’écriture de cela. On me l'a donné en héritage depuis des siècles et c’est cela, ma promesse à garder à jamais, de ne pas violer la pureté de ces mystères qui m'appartiennent. Pour autant, je ne sais rien sur moi, ai très peu de souvenirs ; ces derniers ont été relégués dans une partie obscure de ma mémoire dont je peine à trouver la clé. J'ai pourtant de l’imagination et de l’inspiration qui me transportent, sur cette planète où j'ai du voir le jour et que j'ai quitté quelques temps après ma naissance et dont je garde une lourde émotion. Je peux la ressentir, l’entendre mais n’ai pas la possibilité de la voir. Je ne vois rien que des ombres floues, à peine colorées et cela m’attriste au point de me sentir en insécurité ici-bas. La nuit, heureusement, des images me ramènent et m’aident à mieux supporter ma sensation d’être à l’envers et contre tous.

J'ai de nombreuses valeurs à mon étendard, je me bats pour ne pas entacher mon cœur de funestes émois car les autres me causent de nombreuses peurs, de nombreuses peines et il me faut énormément d’énergie pour calmer mon ventre qui se tord dès le petit jour. J'ai cette impression d’être seule à lutter sans arme face à une armée de loups sans foi ni loi.

Alors ce jour-là, j'accueillis la mort sur un coin de mon lit et pensa que ce guerrier sombre et lugubre pourrait bien être mon allié pour défendre mes causes justes et honorables. Que donner la mort à raison peut offrir la vie à l’imagination, à tous ces rêves perdus dans mon Inconscient qui résonnent de leurs forces à s’émanciper. La mort a sans doute elle-même sa propre musique qui joue plus forte et plus haute que toutes les symphonies écrites de mains de maître et me réjouis de l’extase d’être aux commandes de la baguette !

Je comprends de ne plus rester passive comme ma peur me l'imposait et que mon cœur hors du commun, devenu dense comme de la pierre, pouvait désormais être mis à l’épreuve du Monde, du Temps, des Hommes. Je pense enfin être capable de transcender ma Nature grâce à la Mort qui me montre le sens inverse pour avancer. Je saisis les fils des mains de la Mort et commence à échafauder une grande armature où différents nœuds représentent les marques du Temps. Je m’ajoute de nouvelles compétences pour travailler au corps toute la partie droite de ce tableau qui n’a jamais connu de personnages mythiques, pour me redonner enfin l’honnêteté de me voir telle que je suis face au miroir qu’est la Mort.

Je revois dans mes yeux, le moment où j'ai cueilli ses fleurs et me rappelle que la Nature m'avait donné de voir tout ce que je ressens maintenant. Je n’ai voulu me rappeler que les branches, les oiseaux, les fleurs parfumées, sans me soucier des racines, de l’humus , des insectes souterrains et rampants. A ne voir que d’une couleur, on en oublie le contraste qui donne à la lumière tout son éclat. A s’émerveiller des belles choses extérieures, j'en ai oublié que je suis moi-même crée par cette Nature, et en avais perdu mes racines. Je protège un bien commun mais avais oublié pourquoi je le détenais. 

Ainsi, je me nourris de nouvelles forces de Vie dont la Mort m'a fait prendre conscience, accepte l’antinomie des valeurs que j'avais repoussé avec violence jusque là  et délivre désormais par cœur le message que je me suis donnée ici bas : « je suis le mouvement que je suis ».


dimanche 27 mars 2016

Scientifique au sens esthétique

Je pense pouvoir un peu mieux me définir depuis ces derniers temps de réflexion. Je pense être une scientifique de terrain ayant un attrait pour le beau, une harmonie qui me prouvera que l’action amorcée aura un bel effet sur les résultats de mon étude.
Concernant ce dernier, on est pleinement dans les sciences naturelles et vivantes. Si je partais à l’étranger pour des missions de développement, il y avait grandement une idée de développement personnel, et non agricole comme le stipulait l’intitulé de mon poste. Je désirais grandir auprès de populations différentes que celle côtoyées depuis l’enfance. Ces tentatives de fuite de mes congénères occidentaux m’ont beaucoup apportée, à moi comme à ceux que j’ai rencontré là-bas. Il me reste des contacts avec certaines personnes, des amitiés de + de 10 ans maintenant.. et qui restent si fortes quand elles me reviennent que je ne retrouve ça avec personnes d’autres de mon entourage que l’on peut qualifier de « proche » actuellement. Ce lien qui s’est crée est autre que celui que je crée naturellement quand je rencontre quelqu’un « par hasard ». il y a eu une différence fondamentale que d’utiliser sa volonté de part et d’autre pour accéder à une meilleure compréhension de l’autre et à s’approprier son « langage » pour voir s’il est codé comme le sien. L’envie de partager beaucoup d’amour par un acte de sacrifice à l’autre alors que la différence saute aux yeux. Une irrésistible envie de se rapprocher et d’écouter l’autre.
Je sens qu’aujourd’hui, auprès de personnes handicapés, ma démarche reste la même. Il me faut comprendre la différence pour qu’elle n’existe plus à mes yeux. Eviter de scinder deux entités qui cherchent amoureusement à se rapprocher mais plutôt trouver la sphère où s’entremêlent nos deux entités. Souvenons-nous de la définition de certains termes de probabilités élémentaires :
·         Un événement est une partie de tous les résultats possibles, donc une partie de l’univers Ω.
·         L’évènement « A et B », noté (AΠ B), est constitué des issues qui réalisent à la fois A et B
·         Si card A est le nombre d’éléments de l’évènement A, alors quelques soient les évènements A et B ; card (AUB) = card A + card B – card (AΠB)
Je veux être l’évènement A. Je veux mettre en place un protocole expérimental au plus proche de l’humain pour créer un évènement probable de générer une interaction entre moi et mon sujet. Je veux isoler (AΠB) en mettant ensemble l’union de nos deux entités qui interagiront jusqu’à ce que se crée une interaction.
Il pourrait arriver que je pense me heurter à un évènement impossible  , dans ce cas, cela veut dire que nos entités sont incompatibles et qu’une réalisation simultanée est impossible. Or comme p(∅) = 1-p(Ω) = 0, il n’y a aucune chance pour que cela se produise. D’où la nécessité d’affuter tous mes sens à l’ouvrage.

J’ai besoin d’être sur le terrain car il n’y a rien de plus immédiat qu’un résultat qui vous saute à la figure. J’ai ressenti cela quelques fois quand on réalise que l’action que l’on a imaginée et mise en place a été acceptée, récupérée et utile. Il n’y a que l’humain qui soit suffisamment doué de communication pour le voir rayonner face au déblocage d’une situation qui, souhaitons-le, engendre des effets positifs et durables. Je me suis déjà imprégnée de certains effets produits chez les enfants et des personnes aux antipodes de ma culture. Je ne sais pas encore comment je me comporterai face à des adultes handicapés mais les probabilités semblent s’associer pour que cela arrive prochainement.
Voilà, une bonne mise en situation avec une belle problématique pour une belle stimulation intellectuelle à chercher des beaux résultats des Possibles avec une palette d’outils artistiques pour arriver à une belle communication. Recréer du lien perdu avec eux depuis des générations qui les ont remisés à de basses considérations. Pourtant, nous sommes les seuls animaux dans la Nature qui ne tuons pas nos congénères déficients. Pourquoi ne pas valoriser ce trait de caractère purement Humain que nous avons en nous ? Pourquoi chercher à cacher, à s’en détacher ? Qui sait ce qui se cache dans l’Ω de ces personnes que je trouve si curieuse ?
Ce que je sais, c’est que je ne sais rien… il y aura donc toujours des réponses à trouver à des questions. Vaste infini !


mercredi 9 mars 2016

Conscientisation

Ça rime avec Transformation : le passage d’un état à un autre. Les ingrédients déjà présents en substance se synthétisent sous une autre par l’action d’un agent perturbateur.
Ma conscience change… dur à dire, encore + à faire. Depuis quelques mois, je constate que le fil de la Vie ressemble plutôt à un élastique. Tendu à son paroxysme négatif, il m’a propulsé telle une fronde vers un aperçu de ce que peut être le Bonheur. La résistance qu’il m’a fallu accumuler jusque là est inversement proportionnel à ce que je vais percevoir lors de mon lâcher-prise intégral. Quelle énergie dynamique !
Le problème se situe dans ma capacité à m’imperturber aux événements extérieurs, afin que toutes mes substances intérieures ne décident de se remanier ensemble pour me créer un nouvel état. Comment maîtriser ses émotions alors qu’elles ont été seules à vous porter jusque là ? Comment prendre le contrôle de ces troubles du fonctionnement qui me transportent ou me plongent vers le chaos ? Comment s’approprier des essences si volatiles ? Un attrape-émotion ?
Il y a des jours où je me félicite, d’autres où je m’agace. Au moins ils ne ressemblent plus aux jours anciens où tout était le lent écoulement de mes décisions que je ne voulais pas assumer. Je me suis consolée de certains maux profonds quand je me suis prouvée que je pouvais agir sur le Monde qui m’entoure. Un lot de consolation du passé qui a généré par la suite, une envie + grande, + engagée pour l’avenir et surtout, + personnalisée.
J’ai enfin quelques morceaux de puzzle de mon avenir mais la bataille se livre à un tout autre niveau que je n’ai jamais quitté : le moment présent. Si je tends vers là-bas, comment faire pour que mon bras puisse le saisir ?
Par des petits pas de côté, j’ai commencé à changer. Par surprise, échanges de l’inconscient avec le conscient, je me suis vu changer d’état vers un apaisement moral, moins stressant, + intérieur, - en société. Pas besoin que quelqu’un me confirme qu’une transformation a pris place. C’est même à se demander si les gens ont vraiment pensé que je ne serai plus celle que j’étais avant. Je crois que ma bataille se livre également auprès des autres car mes habitudes avec eux ont souvent phagocyté ma petite Volonté conquise si difficilement avec les années. Je peux, je peux…. Crac, je craque – Volonté de sopalin, peu importe l’épaisseur, elle ne résiste jamais longtemps et se dilue dans l’ambiance collective qui heurte mon corps, ma tête et mon amour-propre (ça c’est nouveau !). « Saute à pieds joints sur ton cerveau, c’est + rigolo ! ». Les efforts ne sont pas encore soutenues, les demandes de mon Être sont encore contradictoires mais j’ai enfin tendu mon oreille vers l’intérieur ; espérons que la reprise du violon m’aidera à ne plus altérer ma justesse.
Lorsque ma tête veut écouter mon corps, la colère estime que je ne l’ai plus assez écoutée et force ma tête sous l’eau. Tel Sisyphe, je dois alors constamment recommencer à hisser cette volonté sur cette montée dont je ne vois pas le sommet. Frustrant, mais pas autant que l’ignorance de ne pas savoir que ce tremplin existe pour s’envoler ailleurs.



dimanche 28 février 2016

Le magicien ose

Sept jours de formation à Paris. Je prépare ce voyage depuis plusieurs mois. Pourtant, j’habite Orléans et me trouve à une heure de train de la capitale. Un peu mono-centré pour une si petite distance ! En effet, ce n’est pas ce paramètre qui me met dans un tel émoi mais bien le sujet de ma venue à Paris : l’hypnose ! Je suis tombée dedans l’été dernier, un envoûtement tenace et merveilleux, qui m’a aidé à dépasser des obstacles que je pensais insurmontables, tout ça en l’espace de quelques mois. Je suis passionnée par ce pouvoir de faire changer les gens ; bien que ce soit eux les moteurs principaux, l’hypnose est le starter que je ne pensais pas posséder jusque là. Une science bien mystérieuse qui m’a emmenée vers des sujets mythologiques, astronomiques, philosophiques, occultes et qui a révolutionné ma façon de penser et j’espère bientôt ma façon d’être. Cet hypnothérapeute restera à jamais dans mon cœur pour ce qu’il a réussi à faire, obtenir et offrir à la personne que je suis. Mes pérégrinations neuronales ont déroulé cette pelote de Soi qui, associée à Autisme et Hypnose ont créé à ma grande joie ce projet 2016, qui se définit petit à petit. Cependant, il y a eu un revers à cette médaille de ce bond dans l’espace : j’ai commencé à ressentir des sentiments pour cette belle personne et, lorsque je lui annonçais mon inscription à la prochaine session de formation à l’IFHE à Paris, dont les dates correspondaient à merveille avec mes vacances scolaires, il me répondit qu’il pensait que cela était « orienté » et que j’avais donc un biais de perception. Pourtant, je ne le ressentais pas comme ça, malgré que cette idée m’ait traversée la tête. Je me rappelle la manière dont cette idée avait bondi hors de ma tête et la joie que je m'étais imaginée à guérir des autistes par l’hypnose, tout autant que mon père, avec lequel nous aurions pu discuter si tranquillement...
Je me dis que certaines synchronicités sont de mon côté (gauche) : les dates de formation qui coïncident avec mes vacances, la joie ressentie lorsque j’élaborais ce futur projet de méthode de développement pour jeunes autistes, mon père sous hypnose, une voie de guérison pour le côté droit de mon corps.. et cette excitation ne m’a pas quittée jusqu’à ce jour. Merci ma petite voix ! J’ai donc clôturé mes séances d’hypnose pour me libérer de ces sentiments pour lui et ainsi avoir deux mois pour me préparer physiquement et mentalement à cette formation.

Enfin arrive le 1er jour. Je loge chez mon frère et il me faut 15 minutes à pied pour gagner l’énorme tour élégante qui abrite les locaux de l’IFHE. Je ressens un mélange de stress, bon comme mauvais, de l’impatience, de la curiosité et je ne peux m’empêcher de regarder toutes ces personnes inconnues, venues pour la même chose que moi. Pourquoi sont-elles là et qui sont-elles ? A 9h30, nous sommes conduits dans un amphithéâtre aux sièges en velours rouge, où la scène éclaire quelques tables et chaises encore inoccupées. Trois personnes arrivent sur scène, nous saluent et nous déroulent le programme des journées à venir. Mon regard dérive d’un siège à l’autre et je croise soudain le regard de quelqu’un faisant la même chose que moi, inversé sur son siège : quel magnifique regard dans un si beau visage. Je reste muette dans mes pensées tandis qu’il me lance un sourire ravageur dont je ne peux supporter l’éclat donné par la Nature. Je suis sûre d’avoir loupée des informations données par les organisateurs, à moins que le temps ne se soit arrêté ? Je me détourne pour cacher mon trouble face à cette apparition apollinienne, me demandant s’il l’avait remarqué. Arrive l’heure de la pause, mon rythme cardiaque s’accélère car je redoute autant que j’espère pouvoir le croiser à nouveau. Je zigzague jusqu’à la table, n’osant pas regarder autour, prête à me servir un café lorsque j’entends une voix derrière moi : « tu peux m’en servir un stp ? » je me retourne craintivement et constate que c’est l’homme au sourire rayonnant. Génial, je rougis en me transposant à la cafet’ d’Hélène et les garçons ou de 1ers baisers, bref, aussi nian-nian que ce que j’ai pu écrire dans mes nombreux carnets secrets. « Aucun souci » lui répondis-je en tournant la tête pour cacher mon trouble pour la seconde fois. Mais qu’est ce qui m'arrive à me mettre dans un état pareil ? Ok, je n’ai plus quinze ans mais un problème de libido endormie depuis des mois. Impossible qu’elle se réveille d’elle-même, c’est donc contraignant de devoir la stimuler depuis des mois pour vérifier qu’elle est toujours là. Et aujourd’hui, sa simple présence impulse des soubresauts comme des battements de tambour : quelqu’un joue de la percussion dans mon sexe. Il me faut du temps pour lui tendre son café, tendue comme un string que je suis. J’ai envie qu’il déguerpisse mais le son de sa voix m’a déjà envoûtée et j’attends d’entendre quelque chose de nouveau de sa bouche. « Merci » et il s’en alla. Je souffle intérieurement. A la fin de la pause, on nous conduit dans une nouvelle salle où sont disposées des banquettes comme l’on peut trouver chez les psys. Il faut travailler en binôme, où l’un raconte une histoire imagée de douces sensations à l’autre personne confortablement installée dans sa banquette, pour un résultat « bien-être ». Les consignes énoncées, je cherche des yeux une potentielle collègue féminine pour faire redescendre toute la chaleur que la pression de son regard avait chargé en moi.

Je désespère de voir les personnes s’associer et égrener les candidats au fur et à mesure quand je l’aperçois s’avancer droit sur moi, d’un pas déterminé. Je suis prise de paralysie, essayant de me rendre transparente ou de m’enfoncer dans le sol pour l’éviter. Son regard se pose sur moi et il m’affuble d’un de ses magnifiques sourires. « On y va ? » me lance-t-il. Ayant perdue mes moyens depuis plusieurs minutes, j’acquiesce timidement  et le suis jusqu’à une place disponible. Je me sens mal de débuter cette formation qui s’annonçait si bénéfique au niveau personnel pour me retrouver liquéfiée dès la première matinée, face à un homme dont le magnétisme m’a totalement emprisonnée. Il me dit qu’il s’appelle Jean et qu’il habite Paris. J’arrive à lui exprimer le fait qu’il devrait commencer et je m’allonge lascivement, prête à voyager rien qu’au son de sa voix harmonieuse. La distance entre sa chaise et ma banquette me permet de retrouver un peu d’air cérébral. Je ferme les yeux et me laisse aller à son histoire. Un timbre de voix parfait au vagabondage de l’esprit. Un beau vagabond, la chemise déchirée, un jean moulant décousu à certains endroits et…


plaisir fou à ressentir de nouveau mon sexe s’exprimer. Soudain, quelqu’un me secoue par le bras : Jean me regarde de son sourire et me dit « j’ai arrêté parce que tu faisais des petits bruits ». Putain la honte, où est-ce que j’étais ? Brûlée par le désir intérieur qui s’entendait à l’extérieur, prise en flag par le beau gosse de l’année, rater complètement le 1er exercice de la formation ; bref, dirigée par mes pulsions sexuelles que je pensais mortes et enterrées depuis des mois. Elles choisissent aujourd’hui pour me passer le bonjour ; sympa. Je me confonds platement en excuses, prétextant que je m’étais endormie et cours aux toilettes pour assouvir ma soif obsédante entre mes jambes. Tout est plus fort que moi, la jouissance qui sort de moi est telle que mes jambes ne peuvent me retenir et je glisse stupidement sur la cuvette des toilettes, essayant de me retenir d’une main sur la paroi. Mais que se passe-t-il en moi ? Je suis néanmoins heureuse de constater comment ces sensations fortes me reviennent, cependant elles devraient être dans ma tête, pas entre mes cuisses..

Je reviens dans la salle, l’exercice est fini, je ne peux remplacer Jean dans son rôle alors je m’excuse de nouveau, me jurant de ne plus jamais me retrouver avec lui de toute la formation. La journée avance et Jean ne réapparaît pas pour me demander quoi que ce soit. Je me consacre donc pleinement à mon objectif initial et cela égala mon excitation mais à d’autres niveaux !
17h30, fin de la journée, chacun reprend ses affaires pour se diriger vers la sortie. Mais le revoilà, par sa démarche assurée se dégage une confiance phénoménale, un pouvoir qu’il semble parfaitement maîtriser par son sourire, sa voix et sans doute bien d’autres choses. Ses yeux minéraux me regardent fixement mais ne me sourient pas. En passant près de moi, il me saisit délicatement le poignet et me dit « suis-moi ! ». Incapable de protester, je le suis de joie et de peur jusqu’à une porte qu’il referme rapidement derrière moi. La pièce est sombre, une petite ouverture amène un trait de lumière qui lui fend le visage. « Je crois savoir ce qu’il s’est passé ce matin » me dit-il. Impossible, il n’a pas pu voir ni sentir tout ce que j’ai ressenti sur cette banquette ! Le silence qui suit me gêne à lui raconter comment tout cela s’est passé mais je me ressaisis, offusquée de parler de choses si intimes avec lui. Je lui tourne le dos, prête à quitter la pièce quand il passa son bras sous mon T-shirt, laissant remonter sa douce main sur le grain de ma peau qui se figea à son approche de mes seins. Je reste immobile, tant la sensation ressemble à celle de ce matin. Comment peut-il savoir comment tout ça a commencé ? Je me retourne vivement pour lui poser cette question en face quand il choisit d’entourer ma hanche pour poser sa main sur mes fesses, me rapprochant ainsi fortement de lui. Je peux sentir son odeur et sa peau se rapprocher dangereusement de mon visage qui rosit de plus en plus. Je ne peux détacher mes yeux de son regard qu’il plonge en moi. Cet homme a un pouvoir qui m’empêche de me débattre. Il me sourit et profite de cette illumination pour poser fermement ses lèvres contre les miennes, un baiser brûlant de passion et de désirs en devenir. Cette chaleur m’envahit le corps, me rappelant celle que j’avais ressenti lors de mon accident en avril dernier mais à l’extrême opposée de la douleur. Au paradis, je me sens fondre sous son étreinte et mon corps bascule vers lui, telle une sacrifiée acceptant sa destinée face au Maître de cérémonie.

Énervée contre lui et moi-même, je me rhabille et sort vivement de l’immeuble, courant presque jusqu’à chez mon frère, fortement troublée par cette histoire de dingue. Le god est bien au chaud dans mon sac et cette agréable sensation continue de couler en moi : démoniaque. Je réfléchis au moyen de me défaire de son emprise pour le reste de la formation en me promettant de ne plus lui adresser la parole et de me consacrer entièrement à mon sujet initial. Dès le lendemain, je reprends mon sac en oubliant d’enlever le god, ça me gène un peu de le savoir avec moi mais je réussis à contrôler les exercices de la matinée, évitant de le repérer parmi les 70 participants de la formation. Le midi, je le vois attablé avec d’autres personnes dans un coin du restaurant. Cela me met en colère de le voir ainsi détendu et à l’aise alors qu’il m’avait si sauvagement prise la veille. Je décide de m’installer au plus loin, sentant sa présence malgré tout  dans mon dos. Mes pensées reviennent encore à cette sensation agréable passée en sa présence et cela ajoute à ma colère contre lui. Pourtant, je ne peux refréner l’envie de me servir de son sextoy pour calmer la chaleur de mon ventre qui me supplie de l’écouter. Je me lève pour me diriger aux toilettes. 
sexe, passer dans mon ventre, remonter jusqu’à ma gorge, m’irradier le cerveau pour sortir au sommet de ma tête. L’écho de mon cri raisonna dans toute la pièce. Pourtant, il ne me sembla pas qu’il ait joui. J’hésite à lui demander pendant qu’on se rhabille en silence. Voyant un agréable sourire à ses lèvres, je déduis qu’il a pris lui aussi du plaisir. Nous parlons uniquement avec nos yeux et nos énergies semblent encore entremêlées. Quel homme étrange et mystérieux. Il me lance « à tout à l’heure » sans que je ne sache exactement ce que cela signifie. Il se rassoit à sa table pendant que je paye et sors du restaurant.

Je me sens incroyablement bien, mes pieds ne touchent plus terre, un masque de bonheur s’affiche sur mon visage à la vue de tous et cela rajoute à ma joie. Jamais je n’ai pris autant plaisir à faire l’amour, deux fois en deux jours, avec cet homme qui balaye les 39 autres de ma vie de femme, qui m’ont apporté plus de blocage sexuels que d’envies d’aimer.
Je déroule dans ma tête toutes sortes de scénarii sexuels dont nous serions les acteurs, je sens mon corps possédé par le sien, ma tête est à la renverse et mon corps palpite au même rythme que les battements de mon sexe. Je m’arrête d’effroi : suis-je amoureuse ? Si vite ? Je trouve terrible que ma conscience émotionnelle connaisse déjà cette douleur qui m’impose autant de questions. Cette sensation de bien-être me propulse au 7ème ciel, aussi vite que la peur d’être amoureuse me fait redescendre. Merde. Il ose ouvrir la boîte de Pandore et je ne vois que les futurs maux à devoir combattre. Je suis le pôle négatif de l’aimant : attirée car je ne fais pas le poids. Je redoute ma façon d’appréhender la suite :  courir comme une écervelée, aveuglée par des sourires, des sensations tendres, des caresses brûlantes : aïe, j’ai chaud. Je tente de ne pas rester bloquée par mes souvenirs et profite du moment présent de l’après-midi. L’horloge me nargue et décompte lentement les minutes à faire tourner la soupape qui me sert de tête..

TO BE CONTINUED...

mercredi 24 février 2016

La loi de Maât

Aujourd’hui, j’ai compris pourquoi depuis 2 matins consécutifs, je n’avais plus d’électricité chez moi en me levant. Après coup, j’ai trouvé ça ironique, mais sur le moment, j’avais du mal à embrayer ma journée sur une note discordante dès le 1er geste : allumer ma lampe de chevet.
Ironique je m’explique puisque ô rage, ô désespoir du dimanche précédent ma reprise de boulot, la fin de 2 semaines de vacances, je trouvais judicieux d’enclencher le rétropédalage de la constante : arrêter de fumer des putain de clopes. Depuis mes 16 ans, je m’étais interdite de m’interdire de fumer, je n’avais donc jamais essayé d’arrêter, attendant un évènement extérieur qui ferait bondir hors de sa cage ma volonté. Or depuis ce fameux dimanche disharmonique, j’en ai eu marre de ce reflexe inconscient conditionné : saturation, reconnaissance de la malhonnêteté envers ce que je tends à être, face à mon reflet du quotidien que j’ai créé depuis de nombreuses années. Je ressens que ma volonté a envie de reprendre le petit flambeau de l’espoir dans cette zone d’ombre temporaire et bien qu’elle se soit tue depuis tant d’années, elle ne s’est pas tuée.. ouf ! Je tente de réaliser à quelle point cette victoire de ma Volonté sur le capitaine Ego, (qui a + d’un crochet à une main et une violente psychologie rusée) me délestera d’une sacrée partie de souffrance que je continue à porter de différentes manières en mon corps. Cela prend pour moi l’image d’une lourde balance autour d’un axe incontrôlé, en proie à d’énormes crochets pourfendeurs de bonne volonté ; difficile d’éviter le mal de mer. Je crois donc que je traverse une crise d’identité, haha la voici, la voilà !

Pourtant, en ce lundi matin qui devait annoncer l’aube d’un victorieux saut dans l’inconsistant de mon être, je me heurte donc frontalement à un mauvais coup du sort : « putain mais pourquoi la lumière ne fut pas ? »
Je tiens à remercier la technologie, qui s’il y a quelques mois en arrière, ne m’aurait pas tirer de cette infortune, moi qui avait usé ma dernière bougie, aucune pile LR6 pour m’aider à une quelconque once de lumière en pleine nuit.. Bref, j’ai une Lampe Torche sur mon mobile ! Commence donc mon enquête qui s’aventurait être très sommaire vu mon niveau en Electricité (U=RI) et ma compétence au matin à être au taquet sur ce sujet..
Je tente de relancer au compteur, ça me retire au niveau 0 : échec, je n’aurai pas de lumière pour prendre ma douche.. qu’à c’là n’tienne ; j’ai une lampe torche sur mon mobile ! Ça suffit amplement à tamiser la pièce. Je saluais l’effort que l’eau soit chaude parce que le moral tapait dur dans le cerveau à l’annonce de la journée précédente qui me répétait le pacte d’arrêter de fumer. Je n’avais pas de plan précis pour y arriver mais le maître mot était « Résistance ! », à la tentation, quelque chose qui allait fortement piquer la tête.. Ça m’assaisonnait donc  suffisamment le cerveau, en parallèle de ma maison-toute-électrique qui allait se vider de son jus, cherchant quelques bribes de solutions qui attisaient mon envie de m’en allumer une mais soit, j’avais une douche et de la lumière, on passe à l’étape suivante : se laver les dents ! j’ai apprécié le changement de routine qui m’ a sorti d’affaire un temps mais le temps d’après, justement, m’a paru anormalement long quand je constatais qu’il me fallait attendre une heure avant d’embaucher alors que j’avais une marge de 15-20 min habituellement.. ogué.
Néanmoins, j’ai ressenti une franche joie durant cette pénible attente, quand ma chienne Oxy m’a ramenée mon ours en peluche véritâââble dont je lui avais fait cadeau quelques semaines plus tôt. Elle s’empressait d’aller l’enterrer dans le jardin, malgré mes efforts pour ramener toujours la dépouille à la maison. Le concept peut sembler bizarre mais pas autant que celui de son prénom qui établit qu’une moitié appartenant à ma chienne et l’autre à moi, formait le pseudo « Cé-xy » auquel je me raccrochais un peu en me disant que ça serait bien que ça dure un peu dans la baraque !
Mais bref, un matin, l’ourson échappa à ma vigilance et il fut enterré je ne sais où pour des jours, lui qui avait déjà perdu la vue et l’odorat par ses petits crocs enjoués, voilà qu’il gisait 6 pieds sous terre sous un quelconque buisson. Le zombie mutilé du jardin.
Je m’étais donc résignée à ne plus l’apercevoir depuis ce jour, moi qui venait de le retrouver grâce à un colis de ma mère qui m’expédiait mes dernières affaires de ma chambre d’enfant, moi qui l’avait quasiment oublié puis retrouvé, te voila en train de te régénérer par la putréfaction de la Terre. Te reverrai-je un jour ? Et enfin arrive ce matin si particulier, si pluvieux, et  je l’aperçois à travers l’aube naissante et humide, au milieu du jardin, tel un revenant de la guerre qui n’a jamais eu peur. Je me précipitais pour le sortir de là et lui enlever la terre qu’il ne portait qu’à la tête (il avait eu sans doute le temps de faire le reste). J’exultais de joie pour exprimer à Oxy toute ma gratitude et je remis mon ours auprès d’elle sur le tapis.  « Mignon petit jouet, fais doucement. »

Mais voilà, ce moment de joie qui ne fait pas appel à la fée électricité n’a pas pu contenir mon ressenti d’attente inutile et bien trop longue, alors je m’octroyais une clope, soit une heure 15 après m’être levée, ce n’est pas beaucoup direz-vous, mais c’est un géant p’tit pas pour moi. Bref, je salue d’une main l’effort, l’autre me disant « c’est pas d’bol tout d’même d’avoir une panne d’électricité, le jour de ta reprise de boulot et de l’arrêt de la nicotine.. c’est pas d’bol ».. right..
Je pense à différentes solutions d’élucider le problème : voir les voisins, appeler EDF, la mairie, mon ex-copain électricien (rien de mieux qu’une bonne rupture pour raccorder 2 être humains) mais le filigrane était morose et je me morfondais dans un coin de ma tête à passer cette journée qui s’amorcait pleines de contraintes non prévues en terme de pression occipitale ou coronale je ne saurai dire.. Oppression !! ( merci Ben Harper)
Au final, après 2 ou 3 tentatives infructueuses au tableau électrique avant mon fameux départ au boulot qui amorçait le devoir d’attente du résultat à midi, résultat hasardeux qui allait précipiter l’émoi de l’après-midi, et là ô miracle, le disjoncteur se relance enfin et tout le jus revient instantanément dans la maison, yeah, le frigo presque chaud, le chauffage complètement froid, l’ordi qui ne tient pas la charge, la belle lumière qui éclaire l’espace noir.. !

Du coup je me dis qu’à 10 min près, je n’aurai peut-être pas allumée cette fuckin’ 1ère clope d’ouverture de la journée. Je pars toutefois au travail l’esprit un peu + léger, en me disant que ce que je venais de vivre pouvait être un évènement unique en son genre, un phénomène isolé qui ne se reproduirait plus..  Le petit brin de soleil aurait pu tenir un peu la route de ma matinée quand je me retrouvais à me confier à une attentive collègue de travail, sur le fait que je vis une grosse réduction d’aides que je touchais avant, ce qui réduis de moitié ce que j’avais pour le mois à la base ; 50% de moins, c’est pas glop. J’énumérais les solutions auxquelles j’avais pensé, muées par ma sempiternelle morale qui me dit « soit indépendante - assume toi »,  mais la couleur de ce que je disais se dégradait inexorablement vers une teinte sombre et me donna l’impression que l’utopie que je m’étais annoncée pour 2016 pouvait bientôt se casser la gueule vu le moral facilement ébranlable de cette journée : le futur-qui-fait-peur ! Merde, y’a une tâche, j’l’avais point vu celle-là !
La matinée a été dure, j’avais l’impression que la surface de ma peau se liquéfiait et prenait une teinte maladive inquiétante.. face à la compassion (ou était-ce la pitié ?) dans leurs yeux, la digestion était rude, (et cette pause sans cigarette qui ne finissait pas !) alors la réponse joviale de mon ex-copain me proposant de passer ce midi-même pour regarder ce problème électrique me réjouit bizarrement dans ma tête fatiguée.
Effectivement, son effervescence a réussi à me faire décoller la pulpe de la torpeur dont je m’étais enveloppée toute cette matinée et je réussis à faire remonter cet ascenseur émotif après un léger passage en sous-sol (avec décompressurisation). Son caractère enjoué sur la vie qu’il traverse en ce moment, ce renouveau pour des expériences restées en sommeil, l’attention qu’il m’a sollicitée durant cette heure de pause m’a profondément touchée et je me promis de continuer ma journée à me consacrer à l’instant présent, oubliant mes problèmes, sachant que ma matinée n’avait pas été très démonstrative avec mon entourage, je me promettais de corriger le tir et de montrer une belle facette de moi-même pour cette sortie piscine. Et c’est ce qu’il se produisit, j’ai passé de très beaux moments, j’ai même ri à me libérer d’une partie de cette souffrance, merci à toi Jäden, tu es vraiment un autiste formidablement drôle !

Le chemin du retour m’annonçait de bonnes nouvelles, Jeff avait localisé la panne, son frère-mon proprio était en chemin pour commander la pièce, les solutions de dépannage pour les 2 prochains jours étaient encourageants, je revenais donc à la maison avec une violente envie de dépasser mes frustrations alors je chaussais mes baskets et me faisait un tour de jogging en pâté de maison.. Fatiguant mais monstrueusement revigorant. Après ça, Jeff m’explique en détails le fin mot de la panne et son frère arrive dans la foulée pour former un trinôme plutôt agréable où pleins de sujets intéressants furent abordés, autours de quelques pétards (ça ne compte pas comme des clopes, non non, et je ne détiens rien en ma possession m’sieur l’agent) et d’une petite bière. Plutôt bon pour redescendre en pression et se sentir réconfortée au-dedans, comme au-dehors. Finalement, mes 2 colocs-temporaires et moi sommes en mode Expérimentation pour tenter de gérer un ballon d’eau chaude aux paramètres très flous voir inconnus, par un ajustement de la variable Température qui, trop dosée, provoquerait un éclatement du ballon qui se trouve, je le précise, juste derrière ma tête de lit. D’ailleurs pour l’anecdote dont je ne pourrai préciser l’exactitude puisque c’est moi qui la rapporte : la panne est liée à la sonde du thermostat qui a fiiiizz flashé et qui a provoqué un court-circuit ; mais non un court-circuit « franc » puisque c’est le disjoncteur différentiel qui a sauté, bref, face à mon ignorance, Jeff me précise que c’est une sécurité pour « protéger l’humain », éviter qu’il ne se prenne une grosse châtaigne. Merci le différentiel, ou peut-être la pleine lune qui était pourtant invisible ce jour-là, ou la décision de travail sur ma volonté qui m’a amenée à mener de front plusieurs paramètres à caractère négatif pour les transformer à ma manière en quelque chose d’intimement positif. Je l’espère en tout cas, c’est l’impulsion que je veux me donner en écrivant ces lignes.