mardi 26 juillet 2016

Je de Société

« A vos marques… prêts ?… partez. »

Nous démarrons tous avec le même objectif : gagner la partie.
Si la mise est la même pour tout le monde, les jetons et re-jetons distribués ont leur importance. Et si telle couleur portait chance ? ou bien si je choisis cette paire de dés, m’offriront-ils les bons numéros ? La réussite peut-elle se réduire à des croyances que nous désirons maitriser ?

Différentes stratégies seront mises en œuvre pour atteindre le but ultime : être le 1er à se hisser et atteindre l’objectif ou évincer méthodiquement ses adversaires : malédictions et crevaisons sont de justes passages à l’Action. On dit « savoir tirer son épingle du jeu ». Si la notion de piqure est digne du combat, il faut choisir qui va être épinglé. La réponse se trouve dans la Morale et non dans la Nature ; la majorité des joueurs préfèreront mettre Maât aux échecs des autres, plutôt que se piquer au Je et prendre l’ascendant.

Si nous choisissons d’observer et d’analyser.. les faits, les gestes.. les actions, les effets… les réactions, les émotions... Anticiper les évènements…  savoir perdre un tour pour mieux les regagner. Cette projection se situe à l’hypocentre du sujet et au cœur du Je lui-même. Elle demande de la maitrise, de la patience et un certain saut dans le temps du monde extérieur, pendant que durera la partie. La réponse à ces états précipitera les réels détails que nous pouvons maitriser. Des éclats non visibles, car tournés vers l’intérieur, mués par une magnifique intelligence intuitive qui amène apaisement et confiance. Le jeu prendra alors un cours agréable, amenant de l’ivresse assoiffée de soi-même et terriblement addictive.

Et si par labeur, vous arrivez le premier à gagner le Je, alors vos adversaires ne pourront que s’incliner et acclamer la victoire artistiquement bien jouée de votre Maître d’œuvre. Quelle destinée !

Ainsi, d’autres rituels peuvent être imaginés, différents que souffler sur un dé ou réciter une prière, ceux-là qui aliènent et enlèvent le plaisir. De nouvelles mises en scène pour déplacer la roue de la Fortune dans votre camp.

Rien ne va plus… Faites vos Je.


lundi 11 juillet 2016

Akène

Comme une graine  dans une coque dont elle ne peut s’échapper, elle s’est arrêtée de grandir, interdite de croitre par la peur du dehors qu’on lui avait conté. Déjà très petite, la chaire de l’akène refusait toute nourriture pour se développer, elle n’a plus voulu se sustenter, s’est lentement lignifiée, déshydratée par la chaleur de ses brulures intérieures qui ne pouvaient plus s’échapper. Cependant, Mère Nature a continué de provoquer son développement, faisant grandir sa coquille, lui laissant l’espace pour acquérir plus de substances et utiliser ses capacités intérieures pour se transformer. Pourtant, l’enveloppe qui entoure l’akène n’a plus répondu aux avances de la Grande Dame, elle a solidement enlacé la chaire de l’akène pour la protéger comme elle le demandait. Plus la coquille grandissait, plus l’akène souffrait de ressentir cet espace vide et la pensa comme une peur de plus à porter en soi dans le développement de sa vie. Ce néant rempli de rien pesait en elle comme une chape de ronces et s’enfonçait dans sa chaire qu’elle avait pourtant laissée à l’abandon.

Ne pouvant plus revenir en arrière, l’akène compris qu’il fallait désormais affronter toutes ses peurs acquises par son inexpérience de la Vie. Sa passivité aux évènements ne l’avait menée nulle part puisqu’aujourd’hui, quelques chose la réveillait  dans la douleur de sa chaire. Ne sachant comment débuter une action, elle s’essaya à 1001 solutions qu’elle peinait à imaginer car trop soucieuse de réussir à grand fracas. Enfin, elle osa poser sa pensée sur son enveloppe et la détailla sur toute sa surface. Elle ressenti toutes les zones abimées par le Temps et l’Oubli et distingua celles qui centralisaient le plus de douleurs sombres. Elle s’entreprit de les guérir, avec des pensées fragiles,  oubliant les heures pour effectuer ce nouveau travail en Elle qui lui amenait une  nourriture qu’elle n’avait jamais goûté. Au fil des jours, elle trouva où focaliser dans sa chaire, les déclencheurs que Mère Nature avait caché en Elle, quand elle serait prête et qu’elle éprouverait son besoin. Plus son travail devenait efficace, plus l’enveloppe poussait sa frontière vers l’extérieur, dégageant la chaire atrophiée de son emprise meurtrière, donnant à l’akène une formidable sensation de bien-être par le simple phénomène universel à tout être-vivant : la respiration.

En ce moment, l’enveloppe regagne lentement sa place auprès de la coquille et l’akène dissout par le temps le poids sidéral de la matière noire, ramenant la lumière tout au centre d’elle-même. Bien qu’elle ne la voit pas, elle sait qu’elle brille fragilement. Encore quelques étapes avant qu’elle ne prenne le Vent pour reprendre son envol.


jeudi 7 juillet 2016

Version 1.0

Bon anniversaire Métamorphe ! 365 jours plus tard de mues anthropomorphes ; sans cesse et sans relâche, sans perte ni fracas ; connaitre chaque peine qui se cache, auprès du Temps qui marche au pas. 
Connectée aux espaces collectifs par des questionnements intempestifs ; des images du Lointain qui resurgissent au Futur : l’envie de revisiter des ombres pures ; celles qui font grandir l’arbre à pin, constellées de graines comme celles du raisin. 
Les solutions entraînent de nouvelles hypothèses, les clés à défaire une à une les chaines qui nous pèsent. Arpenter le grand vide cosmique, les yeux en bas ; insufflée du grand programme matérialisée de la Loi, naître une seconde fois à soi-même, connecter la grande réalité de la nature humaine.

Il était une Foi, la mienne.