lundi 4 septembre 2017

Le roi est mort… Vive le Roi !

Nom : Alix Caecilius de la famille des Lithodidae
Née le : 22 juin 1983 à 5h15 – Paris (XIIIIème)
Age : 34 ans
Cause du décès : mort par naissance

J'ai pris possession de ce corps à ma naissance, auquel je me suis accrochée désespérément durant mes années infantiles, pétrifiée par le mauvais rôle de ce spectacle du destin. Sans doute ai-je enfoncé mon esprit comme des aiguilles dans ma chaire pour capter la moindre variation de l’environnement extérieur qui amènerait à devoir fuir ou .. mourir ? Toute mon attention dirigée vers l’extérieur, baignée dans la non-expérience, ça fait du temps d’observation ! Vouloir se situer ailleurs que le monde extérieur, éprouver l’enveloppe extérieure de l’intérieur sans oser regarder ce qu’elle contient.. Bien trop de mots ont résonné au fond de mes tympans qui les ont matérialisé en maux très concrets, bien dans la matière que je suis. Des petites capsules au cœur trou noir, enfoncées une à une dans des endroits bien précis que je recherche méthodiquement, afin de récupérer le cœur de la matière noire et la ramener dans mon plan de réalité. C’est comme enlever les clous d’une tapisserie en cuir usé, les redresser pour la retendre à nouveau.

La suite de l’explication plonge dans l’inconscient. Je bouge en EMC comme un serpent charmé par une douce musique. Constamment déséquilibrée et ramenée à un pont d’équilibre qui s’échappe à chaque reprise, qui tourne comme une roue sur un carrefour, ça décoiffe constamment une couronne sur la tête ! Cependant il y a une forte corrélation logos – mouvements, je dois donc chercher cette fameuse musique qui éveille le serpent et le fait se mouvoir vers cette source de vie. Je la sens cette musique, mon corps-mon instrument.. Un souffle de vie qui anime le corps selon les couleurs qu’on lui annonce.. pour ma part je crois qu’on m’a pété le pot de noir en pleine figure. Ça a pris un certains temps pour retirer toute cette peinture, par delà un sommeil profond où la lune est claire,  détournée de la lumière du jour au maximum, toutes ouvertures fermées ! Et puis quand l’heure fut arrivée, c’est comme si l’arbitre avait fait de moi sa cible, tirée en son coeur. Se flinguer tout le côté Action avant de démarrer la course, ça fait l’effet d’un cheval qui a raté une haie.. ! Donc là j’en suis aux étirements, échauffements, remise en route des rouages de la machine, malgré que certains canaux manquent encore à l’écoulement total du réseau. Je me sens comme un flamby à une bulle d’air de se démouler ! Il me manque encore quelques pensées pour aider mes paupières à se relever.

Je me demande encore si mes deux yeux sont fonctionnels, si je les ai perdus dans une ancienne bataille, arrachés et jetés dans un fleuve.. ou si j’ai pu les livrer à Méduse, cette femme désabusée par la colère, qui a attisé de nombreux torts et torsions quand je pestais sur cette Vie qui m’avait parachuté dans cette famille. J’ai serré très fort les dents pour ne plus sentir les accès de fièvre dans lequel me mettait la vie face à ses situations que je repoussais constamment. Ce fut la gorge qui se ferma après et enfin le cœur.. PAF, tout a pété chef !

Je ressens l’étreinte de 2 serpents le long de ma colonne verticale. De la racine jusqu’au diaphragme, ces 2 reptiles sont fortement entrelacés et torsadés jusqu’au plexus : 1er sas de compression totalement hermétique à celui supérieur. Module de survie verrouillé. Puis du plexus à la gorge, un des serpents a passé son étreinte sous mon épaule droite me faisant une clé de bras en serrant par la clavicule gauche. Il logeait ses griffes dans mon cou, m’assurant qu’il me dévorerait si je respirais ou disais un mot. Sas émotionnel verrouillé. Et enfin pour le reste, ma strate intellectuelle pouvait œuvrer à loisir dans la peur d’une vie sans repère. Et voilà… Pan dort mais laisse l’espoir ! J’ai donc mes propres pythons à reloger dans un trio de sphères réunifiées pour ressentir à nouveau cette colonne de souffle qui transporte. Allez.. vivement que le Flamby touche l’assiette !

Et voilà, je suis en deuil pour dire Adieu à un Roi, ce modèle masculin obsolète à qui j’ai dédié mon Amour et ma Haine et que j’accompagne pour son dernier voyage, telle Antigone a guidé son aveugle de père. J’ai mis une pièce sur chaque œil pour le passeur, et mes larmes sont venues bénir cette épaule droite que je cherche de toutes mes forces à redresser. Pardonne-moi mon erreur d’avoir cru que tu étais la cause de mes malheurs ! En bon miroir que je suis et voulant être ton garçon, j’ai pris ton sombre anima pour le copier coller dans mon Féminin blessé, ce masque noir ô combien viril qui m’a obsédé. Méduse était à l’œuvre pour figer toute action en ce Monde qui ne serait pas à ton image, Jean-Pierre. Me battre contre ces serpents ont mordu mon corps en distillant un poison mortel pour mon système nerveux… Mes douleurs du côté droit, que je pensais être mon pire ennemi était assénées par son opposée, un féminin blessé ayant revêtu le masque de Dark Vador.. Difficile de connaitre son visage mais également sa voix. Un masculin blessé par un féminin ayant pris l’apparence du masculin en exprimant que tout est la faute de l’Autre.. ! Aah, ça s’touche ! On sent la boucle de l’analemme se former.. Comment me défaire de cette peau de cuir acier qui emprisonne à penser une réalité que je brûle de vouloir modifier, mais noyée dans l’infini dès que je veux m’en approcher de l’intérieur.. les paroles s’envolent mon corps.. et les cris restent.  

Ce soir le Roi est mort. Une Reine a été démasquée et des têtes sont tombées. Un nouveau jour se lève sous le nouveau monde.

Mlle Kâ du C