dimanche 17 décembre 2017

Fumée au bois de l’Être

Je remonte la rivière, j’essaie de trouver une berge sur laquelle me hisser. Je ne sais pas quel espace j’y trouverai mais je dois amener mon corps à s’élever de la surface profonde et inconsciente de l’eau qui m’a inondée. Ma respiration est toujours difficile, il faut dire que mes végétations ont été sauvagement déracinées à 3 ans par des savants qui n’avaient pas même pris connaissance de bien m’endormir.

C’est peut-être là qu’est née la peur de mourir.. ou bien était-ce quand mon père, trop angoissé à l'idée de me voir tomber malade lorsque je me découvrais dans mon lit, entreprit de m'attacher quelque temps à mon sommier, histoire d'avoir la paix de l'Esprit. "Une impératrice pendue à son lit..."
Ou bien est-ce plus tard à 7 ans, l’âge de raison, où la Mort est venue me saisir dans mon lit en insinuant des situations de vide, de perte et de néant. Ou bien, suis-je née de manière à ce que ma conception et les 18 mois qui préfigurent ma naissance tombent soit en solstice soit en équinoxe.. manque celui du printemps.. de la Nature qui renaît à nouveau. Jeune fille face à la Mort, obligée de devenir adulte, sans connaissance du rituel à effectuer pour hisser mon corps dans cette nouvelle enveloppe. Cette année 2002 a marqué le dernier coup d'arrêt à mon passage à l'âge adulte. Et voilà, 13 équinoxes de printemps + tard, la veille de Pâques 2015, me voici crucifiée un beau jour de pleine lune.

Je me sens diluée dans une mémoire collective, je deviens de + en + sensible aux énergies des idées, aux mouvements qu’elles ont sur moi, physiquement et mentalement. J’étends mon intention au-delà de la sensation, je cherche à accompagner le mouvement de cette conscience intérieure qui décolle patiemment les feuillets du livre que je suis. Il y a tellement d’endroits où je suis passée pour repousser cette matière sombre intérieure ou bien  décaler son orientation pour qu’elle se tourne vers cette invisible lumière.. que toutes ces fêlures servent de passage à explorer plus loin les profondeurs ; cette caverne au multiples portes qui cherchent à communiquer, à réunir. 
Je porte bien un fardeau sur le côté droit, ces douleurs auprès de qui je passe beaucoup de mon temps chaque jour. Elles me renforcent car elles offrent des résultats à mon labeur et elles me dévoilent  l’amplitude infinie du travail qui reste à faire.

Qui suis-je pour aller chercher le Reiki, l’outil le + invisible qui soit ? Tellement invisible pour la malvoyante que je suis, que je m’adapte parfaitement à ses exigences kinesthésiques.. parfois je me dis que cette allégorie de la Caverne de Platon correspond parfaitement à une partie de moi, coincée dans une vision macabre de la Vie et des Humains, au cœur de l’endroit le + sombre de l’univers, où la lumière ne ressort même pas..  et les jours suivants je jubile de recevoir autant de bien-être de l’Univers, je me sens privilégiée de pouvoir offrir au Monde ce cadeau de liberté qui éclot au cœur de moi-même. 
Je reprends connaissance des morceaux de puzzle qui me composent, les parts se font de + en + élargies, je ressens cette impatience de vouloir l’œuvre achevée ; je ne sais si j’aurai une vision intérieure mais la réalité n’a de boucle que de l’autre côté ; et si je ne puis de l’un, je l’aurai de l’autre..

Je suis une inclassable, une Excuse ou bien une exception à une règle encore fumeuse à mon unique sens. Je crois que mon libre-arbitre ne se fera que par l’intuition et l’intelligence, saupoudré de patience ; je laisse tomber les modèles établis, ça m’agace-ça m’emmerde ! Pourrais-je alors stopper cette sensation d’avoir les ailes coupées et paumé ma sexualité ? Inverser le pan du voile pour que l'ombre devienne lumière et balance les blancs ? ...


mardi 10 octobre 2017

Système à base 10

Jusqu’à mes 32 ans, je fus une pro fête à bâtons rompus, me mettant des propres coups pour enfoncer la pioche qui me servait de tête. C’était de multiples personnalités très exaltantes, des émotions puissantes qui soulevaient toujours un peu + la hauteur du prochain coup qui allait fatalement retomber. Tel le serpent qui se mord la queue, faire la fête était le moyen de rechercher toujours un peu + d’émotions pour vibrer temporairement un peu de vie et renforcer mon illusion que ces moments de communion étaient de propices moments à la joie et l’allégresse. Je ne regrette pas.  Le milieu Underground est une source spéciale d’apprentissages. Fortement corrélé à mon dégoût prononcé pour l’autorité, j’étais investie dans une démarche libertaire et valeureuse.

J’étais parmi des gens qui se rassemblaient derrière le même blason, tous différents dans leur parcours qui étaient comme moi désabusés de leurs pensées d’avenir. Je ne savais pas ce que les gens venaient chercher dans ces rassemblements, mais moi, je savais intimement ce que j’éprouvais au contact de la musique et des lourdes basses qui frappaient ma cuirasse de cœur. Quelle vibration, quelle sensation orgasmique de pouvoir lire la musique avec son corps. Chaque pas battait le rythme jusqu’à ce que les bras démarrent une ligne mélodique aux couleurs acides tandis que chaque position évoluait durant les séquences déterminées. Quel rapport privilégié je sentais avoir avec cette musique ! Ses nappes répétitivement hypnotiques qui m’emmènent dans une spirale en constante évolution vers le cœur du vinyle. Une superposition de nappes qui aboutissent sur une ouverture appelée break, qui fait respirer la foule et préparer le prochain voyage. Merci à cette fabuleuse aventure qui a marqué à jamais mes 15 dernières années (dit le diable).

Me décoller de ces émotions qui me maintenaient vivante après ces années d’enfance qui  ont mastiqué les différentes parties de mon corps, n’a pas été chose aisée. Cette année à pratiquer le Reiki et l'Hypnose m’ont amenée à agir littéralement sur le mot « décoller », tous sens confondus. Puisque mon corps est le lieu de toute mon attention, je vais en faire mon allié. Après l’avoir détruit à petit feu toutes ses années, il est temps de lui transmettre de nouveaux éléments. Je lui en ai voulu de ne pas me donner accès aux informations demandées hormis celles de la douleur. Elles accaparaient mes pensées sur cette chose désagréable, corporelle et émotionnelle. L’hypnose a mis un éclairage très particulier dessus puisque je me retrouvais littéralement pantomimée de la Conscience, incapable de décrire ce qui s’était passé dans mon corps qui absorbait toutes les paroles prononcées. L’angoisse de manquer d’infos, de ne pas pouvoir avoir + d’indices pour maîtriser ce qui était en train de se produire. Pourtant la réponse était depuis toujours sous mes yeux clos, mon corps allait être le remède de l’interprétation que mon mental ne pouvait imaginer. Plutôt que fuir la sensation désagréable, la laisser monter en observant sa progression dans mon corps a automatiquement généré une bulle de bien-être dans mon ventre et cela m’a instantanément déconnectée de la raison pour laquelle je m’étais soumise à l’exercice. Bingo, j’me ballonne et j’me dilate ! j’ai aussi du pratiquer des expulsions d’air régulières pour accompagner ces sensations.. Allez poussez madame ! Que dire de l’effet immédiat qui en a résulté, catalysant toute l’énergie à agir en profondeur, sur mes couches de douleurs qui ont relâché en partie l’étreinte sur la partie centrale de mon Être, me vivifiant de l’intérieur en me déployant intensément des racines jusqu’à la tête.

 J’avais pratiqué jusqu’à présent la dissociation mais pas dans le bon sens. Je cherchais à modifier ma perception de la réalité par des psychotropes et ma grande mythomanie m’a fait inventer de nombreux personnages, cependant j’accédais à un état modifié de conscience. L’aubaine déjà d’en trouver un ! Désormais si je veux me séparer d’une certain point de vue qui m’intoxique, je vais en moi-même observer la sensation intérieure qu’elle crée en mon corps, et généralement de grandes libérations de l’Esprit arrivent.. et là mon slogan « redonne de l’Esprit au corps » prend tout son sens. Lorsque mes yeux se sont posées sur mon livre « Vénus et la Mort », j’ai eu cette jolie image qu’effectivement Vénus est l’âme hors de notre nature intérieure et que cette mort qui nous effraie tant n’est que l’image de Vénus que nous sommes en notre essence pure, celle qui nous révèle à tel point nous nous aimons pour l’éternité. Je fus prise d’une crise de rires et de larmes, génialement drôle. Je tire un fil d’idées nouvelles qui s’oriente vers cette fameuse Unité que nous partageons tous, cette racine commune qui est l’amour de Soi originel et qui nous marque tous de la même manière. Qui saura aimer la Mort ?

Quelle gratitude j’éprouve envers la Vie, l’opportunité de comprendre un peu mieux notre façade complexe pour progresser dans le labyrinthe avec des connaissances évolutives. Enfin j’avance à la lueur de la bougie dans mon armure-alliée pour débusquer Minos dans le cœur de mon Esprit et le vaporiser dans un épais brouillard et disparaitre.

Je me mets donc à vibrer.


Cécile de KâSix



lundi 4 septembre 2017

Le roi est mort… Vive le Roi !

Nom : Alix Caecilius de la famille des Lithodidae
Née le : 22 juin 1983 à 5h15 – Paris (XIIIIème)
Age : 34 ans
Cause du décès : mort par naissance

J'ai pris possession de ce corps à ma naissance, auquel je me suis accrochée désespérément durant mes années infantiles, pétrifiée par le mauvais rôle de ce spectacle du destin. Sans doute ai-je enfoncé mon esprit comme des aiguilles dans ma chaire pour capter la moindre variation de l’environnement extérieur qui amènerait à devoir fuir ou .. mourir ? Toute mon attention dirigée vers l’extérieur, baignée dans la non-expérience, ça fait du temps d’observation ! Vouloir se situer ailleurs que le monde extérieur, éprouver l’enveloppe extérieure de l’intérieur sans oser regarder ce qu’elle contient.. Bien trop de mots ont résonné au fond de mes tympans qui les ont matérialisé en maux très concrets, bien dans la matière que je suis. Des petites capsules au cœur trou noir, enfoncées une à une dans des endroits bien précis que je recherche méthodiquement, afin de récupérer le cœur de la matière noire et la ramener dans mon plan de réalité. C’est comme enlever les clous d’une tapisserie en cuir usé, les redresser pour la retendre à nouveau.

La suite de l’explication plonge dans l’inconscient. Je bouge en EMC comme un serpent charmé par une douce musique. Constamment déséquilibrée et ramenée à un pont d’équilibre qui s’échappe à chaque reprise, qui tourne comme une roue sur un carrefour, ça décoiffe constamment une couronne sur la tête ! Cependant il y a une forte corrélation logos – mouvements, je dois donc chercher cette fameuse musique qui éveille le serpent et le fait se mouvoir vers cette source de vie. Je la sens cette musique, mon corps-mon instrument.. Un souffle de vie qui anime le corps selon les couleurs qu’on lui annonce.. pour ma part je crois qu’on m’a pété le pot de noir en pleine figure. Ça a pris un certains temps pour retirer toute cette peinture, par delà un sommeil profond où la lune est claire,  détournée de la lumière du jour au maximum, toutes ouvertures fermées ! Et puis quand l’heure fut arrivée, c’est comme si l’arbitre avait fait de moi sa cible, tirée en son coeur. Se flinguer tout le côté Action avant de démarrer la course, ça fait l’effet d’un cheval qui a raté une haie.. ! Donc là j’en suis aux étirements, échauffements, remise en route des rouages de la machine, malgré que certains canaux manquent encore à l’écoulement total du réseau. Je me sens comme un flamby à une bulle d’air de se démouler ! Il me manque encore quelques pensées pour aider mes paupières à se relever.

Je me demande encore si mes deux yeux sont fonctionnels, si je les ai perdus dans une ancienne bataille, arrachés et jetés dans un fleuve.. ou si j’ai pu les livrer à Méduse, cette femme désabusée par la colère, qui a attisé de nombreux torts et torsions quand je pestais sur cette Vie qui m’avait parachuté dans cette famille. J’ai serré très fort les dents pour ne plus sentir les accès de fièvre dans lequel me mettait la vie face à ses situations que je repoussais constamment. Ce fut la gorge qui se ferma après et enfin le cœur.. PAF, tout a pété chef !

Je ressens l’étreinte de 2 serpents le long de ma colonne verticale. De la racine jusqu’au diaphragme, ces 2 reptiles sont fortement entrelacés et torsadés jusqu’au plexus : 1er sas de compression totalement hermétique à celui supérieur. Module de survie verrouillé. Puis du plexus à la gorge, un des serpents a passé son étreinte sous mon épaule droite me faisant une clé de bras en serrant par la clavicule gauche. Il logeait ses griffes dans mon cou, m’assurant qu’il me dévorerait si je respirais ou disais un mot. Sas émotionnel verrouillé. Et enfin pour le reste, ma strate intellectuelle pouvait œuvrer à loisir dans la peur d’une vie sans repère. Et voilà… Pan dort mais laisse l’espoir ! J’ai donc mes propres pythons à reloger dans un trio de sphères réunifiées pour ressentir à nouveau cette colonne de souffle qui transporte. Allez.. vivement que le Flamby touche l’assiette !

Et voilà, je suis en deuil pour dire Adieu à un Roi, ce modèle masculin obsolète à qui j’ai dédié mon Amour et ma Haine et que j’accompagne pour son dernier voyage, telle Antigone a guidé son aveugle de père. J’ai mis une pièce sur chaque œil pour le passeur, et mes larmes sont venues bénir cette épaule droite que je cherche de toutes mes forces à redresser. Pardonne-moi mon erreur d’avoir cru que tu étais la cause de mes malheurs ! En bon miroir que je suis et voulant être ton garçon, j’ai pris ton sombre anima pour le copier coller dans mon Féminin blessé, ce masque noir ô combien viril qui m’a obsédé. Méduse était à l’œuvre pour figer toute action en ce Monde qui ne serait pas à ton image, Jean-Pierre. Me battre contre ces serpents ont mordu mon corps en distillant un poison mortel pour mon système nerveux… Mes douleurs du côté droit, que je pensais être mon pire ennemi était assénées par son opposée, un féminin blessé ayant revêtu le masque de Dark Vador.. Difficile de connaitre son visage mais également sa voix. Un masculin blessé par un féminin ayant pris l’apparence du masculin en exprimant que tout est la faute de l’Autre.. ! Aah, ça s’touche ! On sent la boucle de l’analemme se former.. Comment me défaire de cette peau de cuir acier qui emprisonne à penser une réalité que je brûle de vouloir modifier, mais noyée dans l’infini dès que je veux m’en approcher de l’intérieur.. les paroles s’envolent mon corps.. et les cris restent.  

Ce soir le Roi est mort. Une Reine a été démasquée et des têtes sont tombées. Un nouveau jour se lève sous le nouveau monde.

Mlle Kâ du C


mercredi 31 mai 2017

Montez Christ Haut

Il était une Foi, une âme appelée Jourdain cheminait seule sur un sentier de forêt, à la recherche d’un corps. Elle arriva jusqu’à un plan d’eau dont le reflet irisait tellement au soleil qu’elle ne pouvait rien voir, pas même son reflet, hormis celui des arbres qui semblaient dessiner des lettres au fond du lac : « see me ».. Elle releva l’ombre d’elle-même et vit se dresser un beau château, paré de multiples tourelles aux toits pointus, dressés vers le ciel comme si l’image de la réalité était tirée vers le Haut. Une chose lui sembla curieuse ; la porte d’entrée faisait face au plan d’eau, de sorte qu’il était impossible d’y rentrer par la terre ferme mais qu’il fallait y aller en barque ou bien être un animal semi-aquatique.

L’âme se décida d’aller jeter sa présence à l’intérieur de cette bâtisse, espérant y trouver une autre âme qui vive parmi ces murs. Elle traversa la porte et fut surprise par l’obscurité du hall d’entrée. Seul un vitrail situé en haut du mur du fond, à une hauteur vertigineuse, projetait une lumière extérieure. L’âme prit le temps de s’habituer au noir puis découvrit ce qui s’y trouvait. Des rangées de cellules de prison, tout le long des murs de gauche et de droite, ainsi qu'à l’étage, qui ne disposait pas même de couloir ni d’escalier pour y accéder. C’était comme la façade d’une prison, vu de l’intérieur. Qui pouvait donc vivre ici ?

Elle dessina un escalier pour monter à une cellule située à l’étage sur le mur de gauche. Elle vit alors un petit garçon, tourné vers le soupirail de sa cellule, capter la mince luminosité pour lire un livre qu’il tenait fermement dans ses mains. L’âme osa à peine l’aborder tellement il était absorbé par sa lecture puis lui lança : « Bonjour, qu’est ce que tu lis ? »

Le petit garçon se retourna, un regard impassible sur son visage et répondit simplement « le comte de Monte Cristo »
  •  « Pourquoi es-tu enfermé ici ? »
  • « On m’a enfermé ici… pour ma protection.. des gens qui ne m’ont pas compris.. c’est la Vie qui m’a enfermée.. j’ai peur.. »
L’âme eut envie de rencontrer cet enfant de plus près et trouva une clé qui ouvrit la cellule pour s’assoir à côté de lui.
  • « As-tu besoin de quelque chose ? »
  • « J’ai besoin de quelque chose que je n’ai jamais connu.. j’ai besoin d’Amour »
L’âme tira d’elle un gros cœur rouge lumineux et le tendit à l’enfant pour qu’il le voie. Il resta un moment le regarder, sans y toucher, puis laissa tomber son livre pour le prendre à deux mains et le mit face à lui pour l’admirer sans cligner des yeux. L’émotion était palpable, l’âme pleurait des larmes de sel à l’intérieur et l’anima à plus de présence. Elle lui demanda son nom, il lui dit s’appeler Camille. Elle pensa intérieurement à une jeune fille qu’elle avait connue par le passé. Les frontières sont toujours minces d’une rive à l’autre.

L’âme l’invita à partir d’ici avec elle, à découvrir le monde aux vastes plaines, à grimper aux montagnes et admirer la vue qui coupe le souffle. L’enfant accepta et prit la main manifesté de l’âme pour gagner la sortie. Avant de descendre les marches, l’enfant arrêta sa marche et lui dit que d’autres personnes étaient enfermées ici. Il hésita à le dire car il semblait effrayé rien que de penser à elles.
  • « Il y a une fée maléfique dans la 3ème cellule à côté de la mienne et il y a de l’autre côté, un squelette qui s’amuse à danser avec son chapeau haut de forme, dessinant son ombre quand la lumière se projette sur moi. Au-dessous, il y a un roi tyrannique dont je n’ai pu voir que le visage, hormis ses yeux qui semblent être enfoncés dans ses orbites et dont la seule présence me fait trembler tout le corps. Crois-tu qu’il faille les délivrer ? »
L’âme regarda l’enfant et décida d’aller à chacune de ces cellules ouvrir le passage à l’air libre. Ces 3 personnages se retrouvaient donc avec l’enfant et l’âme hors de leurs refuges. Cette dernière proposa aux détenus de les renvoyer vers le passé afin qu’elles puissent y trouver renaissance et resusciter le meilleur d’eux-mêmes. Ils acceptèrent l’invitation et disparurent dans un tore de lumière. Il ne resta que l’enfant et son âme qui se tenaient toujours par la main. L’enfant posa enfin sa première question : 
  • « Qui es-tu pour détenir autant de connaissances sur ce Monde ? »
  • « je suis la Mort » et il se transfigura en un vieil homme vêtu de blanc comme l’était sa longue barbe. Il tenait un bâton paré d’un crâne de chèvre orné d’une couronne de bois. « Je suis un messager destiné à te faire voir le monde dans lequel tu es attendu. »
Sans dire un mot de plus, il souleva l’enfant et le fit traverser la rosace de lumière pour regagner la terre ferme de l’autre côté. L’enfant regarda le soleil et décida de visiter les vastes plaines, grimper aux montagnes et admirer la vue qui coupe le souffle. Ils s’assirent ensemble sur le plateau pour admirer le paysage d’en bas. Ils s’amusèrent à regarder l’ensemble à l’envers et l’enfant oscillait la tête comme un pendule, rythmé du principe universel qu’est la vie en mouvement. 

samedi 25 mars 2017

my Fantasia

Plan large sur un soleil qui se joue de nuages noirs. Après quelques rondes de danse, le mage s’approche pour séparer les nuages et laisse apparaitre le soleil éclatant. Les nuages noirs disparaissent dans une colonne de fumée qui s’élèvent de chaque côté de l’astre et s’évanouissent.
Le soleil s’en va par les montagnes pour atteindre finalement l’océan avec qui il se lie dans une caresse fumante. Celle-ci s’envole et se transforme en milliers d’oiseaux blancs qui s’amusent dans le ciel d’un bleu céleste.
Les brins d’herbe qui regardent la scène frémissent au soleil et laissent pousser des fleurs parmi eux, de toutes les couleurs. Les plantes grandissent et laissent échapper des gouttes d’eau qui montent en grappes au soleil qui envoie en retour de petits miroirs irisés de sa chaleur, accroissant toujours un peu plus la taille des végétaux. Enfin il se transforme en cheval ailé et doré, s’élève en tirant un char rayonnant du dieu Apollon conduisant sa course du soleil.
Zoom arrière le soleil qui se tient désormais au-dessus de la planète bleue, poursuivie par sa lune et tous les autres éléments que compose notre galaxie. Des fragments rassemblés et tournoyants dans la lente course du temps contre l’espace.
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Minnie court après Mickey dans une course qui la fait s’énerver et le rend rapide. Elle n’arrive pas à le rattraper pour l’arrêter dans sa course. Jetant de rapides coups d’œil en arrière, Mickey n’a pas vu arriver la branche d’arbre qui l’assomma net dans sa frénésie. Minnie arriva enfin à sa hauteur pour le relever et finalement faire disparaitre sa colère pour le bonheur de l’embrasser tendrement. La métamorphose opère et évolue en de multiples espèces animales en devenir anthropoïde pour finalement retrouver le statut des artistes grecques de l’époque.
Le tournoiement s’accentue autour d’eux qui sont sagement au centre de la galaxie. Lui, portant un seyant costume noir, elle tenant son bouquet vêtue d’une robe blanche de mariée. Prenant de la hauteur, il la fait tourner en se souriant l’un à l’autre. Une harmonie parfaite entre le blanc et le noir, chaque tête étant attirée par l’énergie de l’autre, le mariage chymiques des célestes opposés. Ils se fondent l’un à l’autre dans une boule de lumière qui s’élève et transperce plusieurs membranes, des portes de passage pour atteindre le centre de la galaxie, le creuset en son sein de la relique divine.
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Vision d’un diable noir et effrayant qui s’élève profondément dans la hauteur. La femme lui demande qu’il lui donne le meilleur du divin en lui et lui répond « tu auras ce que tu désires ». Alors..
*on frappe à la porte*
Personnage sombre au regard inquiétant qui cherche à rentrer dans le champ énergétique de la femme et qui lui imprime une étrange sensation dérangeante et inquiétante. Que penser lorsque un autre homme attire à lui les ennuis au point qu’un autre veuille le tuer, transie de peur la femme qui fini par fermer sa porte à ce personnage qui l’aspirait à vouloir porter le poids de ses erreurs. Elle ferma les yeux pour retrouver de la hauteur et se laisser guider par les notes de musique qui faisaient vibrer un son merveilleux jusqu’à ses oreilles. Elle ne peut discerner mais ressentir qu’il y a ces images, un magnifique déroulé de symboles puissants qu’elle essayait d’inspirer dans des tableaux en mouvement qui s’animent plus vite que la pensée elle-même. Une énergie folle pulvérisa les cailloux de l’impuissance ainsi que leurs ombres qui rétrécirent comme neige au soleil. Puis une silhouette de femme sortit du néant, Vénus venue la rassurer face à la mort. Elle du s’abandonner et faire confiance en son guide intérieur qui venait lui murmurer un funeste présent : « la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre » puis sortie une baguette qui transforma en sa pointe un faisceau de lumière qui s’enfonça dans la poitrine de la jeune femme. La force de sa présence protégea la femme comme l’armure de Pégase et lui fit déguster les douceurs de Monsieur l’Observateur, qui se dégage en substance dans tout son corps et la plonge dans un bain de douceur.

vendredi 3 mars 2017

Impact avec la Nature

« Signe avec ton sang que je te soigne ». Voilà une phrase pleine de sens que l’on peut lire au cours d’une histoire fantasmatique ! Qui n’a pas envie de mettre un terme à ses souffrances et être guéri ? Qui ne réclame pas sa part de bonheur qui lui a été volé par quelqu’un d’autre ? Oui mais qui accepterait cette proposition du sang ? Souffrir pour être sauvé, ça me rappelle vaguement une histoire apprise les bras en croix..

Je n’ai pas vraiment eu d’autre choix que d’ouvrir mes veines pour rechercher les racines de mes émotions et névroses survoltées. En me tenant à l’écart de la Vie, elle a noué pour moi les noyaux de joyaux dans de gigantesques et effrayants paquets cadeaux. Puisque l’enfant que je suis ne souhaitait pas les ouvrir, ce sont les paquets qui sont venus à moi. En témoigne mon accident du 04/04/2015, une date en plein phare pour sonner le départ de la quête de Soi ! Je recevais ce jour là, les bras grand ouverts, un énorme carton qui servit à confectionner le buste d’un robot géant. Avé Toutenkarton, mon géant de papier ! Foudroyée en plein cœur par mon propre feu intérieur, je me suis retrouvée brisée, chiffonnée et jetée à terre comme un pantin que l’on ne veut plus. Tous les fils que le retenait se sont recroquemortifiés  dans ma chaire, paniqués et fuyant le contact des substances entre elles. Ce jour là, je me suis dit que la muse ment était finie.

Je n’ai donc eu d’autres choix que de partir à la recherche de ces cadeaux dont les rubans maintenaient les paquets les uns aux autres et qui avaient subi des torsions et des nœuds indescriptibles. Pas d’autre choix que de me tourner désormais vers ce mot tabou : l’Inconscient.
Mon père est un magnifique cas d’école du pur déni de l’existence de l’inconscient. Le prononcer le faisait bondir hors de sa boite et soufflait une colère impressionnante à tout ce qui était attaché à ce mot. Voulant maîtriser tout son environnement en rejetant sa nature intérieure, il a développé un automatisme de contrôle sadique de tout ce qui lui appartenait. Il projetait son identité dans les objets, insufflait son contenu mental quitte à violer et dégrader l’espace qu’il investissait car jamais personne ne lui fera quitter son trône. Après toutes ces années où je l’ai observé sans comprendre, je me dis désormais que son anima l’a entièrement envahit, lui, qui avait tellllement d’estime pour les femmes…  Je l’ai nommée Méduse, en hommage à celle qui transformait en pierre quiconque la regardait. Mon père s’appelant Jean-Pierre, ce n’est donc pas un hasard qu’il m’ait appelé Cécile car l’amour que je lui portais m’a bel et bien aveuglé. L’Œdipe que j’étais s’est donc complètement figé à mesure que je devais récupérer les caractéristiques de ma mère pour le séduire. Voilà, bloquée au stade oral, psychiquement, sexuellement ; mes pulsions ramenées à un stade inférieur à la vie, au repos éternel.

Alors passons aux attributs de ma mère qui ont constitué également mon développement ! Une femme très croyante vivant le martyre. Sacrifiant sa vie pour son couple et ses enfants, dans l’attente passive qu’on lui en offre une autre. Un quotidien fait de pleurs, de cris hystériques, j’ai même cru qu’elle allait quitter la scène plus tôt que prévu mais hé.. pas con.. On ne peut pas finir Et martyre Et suicidée ! Bonne présence de l’esprit ! J’ai donc endossé également la culpabilité de cette femme plaintive et tout son florilège de croyances chrétiennes sur le statut de la femme. Allez, hOp, dans l’œuf deep qui se recroqueville dans sa coquille, détournant son visage pour ne plus voir cette réalité. Plus la vie s’éloignait, plus mon ombre grandissait ; le soleil s’est couché, il n’y a plus que la lune à crier aux loups pour qu’ils sortent de sous mon lit.

Je nourrissais royalement mon Ombre : je projetais tout ce que je détestais en mon père car il était hors de question que je devienne comme lui. En effet, je ne me posais aucune question car le flot d’émotions ne permettait plus aux informations d’être correctement traitées et toutes mes connexions se sont figées sur un mode automatique et primitif de survie. Qui a un déchausse-tête pour enlever leurs empreintes de ma tête ? Une grande lame ferait l’affaire ; avec nos sangs entremêlés, j’ai signé ce pacte.

Revenons à nos colis éparpillés dans ma Nature. Grâce au Reiki, je démêle les nœuds, redonne à mon trou noir de corps l’énergie haute fréquence qui tire la matière hors de sa basse compression. C’est encore douloureux mais je deviens une version de moi que je n’ai jamais été. J’ai arrêté de me comparer avec l’ancien moi car tout n’est plus noir ou blanc et la manifestation de nouvelles teintes m’a fait comprendre qu’il y avait une partie de moi qui avait été fauchée. Cela a dépétrifié quelques complexes de l’enfance qui ont pu migrer comme des bulles à la surface et pour une fois, le diable, par son impatience, m’a propulsé sur tous ces paquets pour les ouvrir avidement. Au début, je n’arrivais pas à les ouvrir car « ne pas voir, c’est ne pas croire ! » (dédicace papa). Faire confiance à son ressenti refoulé depuis toutes ces années, c’est comme plonger dans une marmite bouillante et glacée en même temps. Reconnaitre et apprivoiser cette colère m’a pris du temps et lorsque j’ai senti enfin l’obstacle sous l’épais nuage, j’ai reçu les résultats de mes recherches. Je suis seulement aveuglée, le reste demandait juste à être mis sur la bonne fréquence de réception.

Il y a ce moment intérieur ou l’imagination s’active au dialogue qu’il faut déchiffrer et le moment par lequel mettre en œuvre à l’extérieur ces apprentissages. La dissociation longue durée et l’absence de réminiscences de rêves peinent ma conscience morcelée et en proie au doute, à intégrer ces messages. Mais je sais qu’ils les renforcent jusqu’à ce qu’ils s’impriment. « Envoyez c’est pesé ! »


J’ai donc pu entrer en contact avec mon Ombre, qui d’ailleurs a un fort sens de l’humour (noir évidemment) quand elle me répond que pensant n’être jamais à la hauteur, elle m’a collée le vertige. Mouarf ! Elle est attachante.. enfin elle s’est attachée d’abord à mon foie puis a migré grassement dans d’autres organes et centres vitaux, une belle matière noire en action qui annihile tout sur son passage.. et BIM ! c’est l’implosion de rêvolution. Enrobée de cette masse sombre, j’ai entendu la voix de mon fidèle médiateur qui sert de transistor à celle de mon ombre : mon Jean-Conscient qui ouvre la porte de leurs paroles à ma conscience. C’est donc le début de la quête aux trésors enfouis. Mes projections, mes transferts sur les gens ne sont pas des ressentis nouveaux que j’éprouve en leur présence mais bien la redite de mes émotions refoulées qui jouent et rejouent le même air sur un thème différent mais qui soulèvent toujours les mêmes pierres, le point de racine originel : l’amour volé et repris par la haine, la possession par la domination, le protectionnisme maladif du mental, la fuite compulsive de la réalité, le refus d’idées ou de comportements non moraux, l’immaturité psychique et sexuelle, la dépendance affective et sa lourde charge portée par le corps d’une femme, l’énorme colère liée à l’enfance et la rigidité mentale qui en découle… liste bien sûre non exhaustive, je n’ai pas encore pu déchiffrer tous les contenus mais j’ai un formidable jeu de cartes qui m’aide à ouvrir la voie entre ombre et lumière. Je détiens certains messages sans avoir encore ouverts tous les cadeaux. Vivement Noël !

vendredi 10 février 2017

Inflexion \ɛ̃.flɛk.sjɔ̃\

 [Nom commun - féminin] du latin inflexio : courbure, infléchissement.

(par extension) Point d’inflexion : index posé sur lame tranchante du miroir qui ouvre sur l’altérité, la dualité, appelé aussi point d’affliction
ex : « mon Dieu, quelle horreur ! »

1.       Horizon du spectateur qui chavire et devient acteur du spectacle
ex : « je suis infléchie entre deux eaux posées l’une sous l’autre »

2.       Dosage où la masse de lumière devient supérieure à la masse d’énergie sombre
ex : « l’homme qui voit + vite que son ombre »

3.       Focale du stéréoscope qui gagne une dimension supplémentaire par la fusion de deux images
ex : « dis donc, on voit vachement mieux en bas vu d’en haut ! »


Le point d’inflexion est la position que prend le genou du chevalier qui ne remettra plus jamais celui-ci à terre. Il se révèle au soleil de ses rayons éclatants qui illuminent son armure argentée. Après avoir érigé son épée et conjuré le ciel, l’éclat de son visage fut reflété dans l’âme unifiée. La lumière a transpercé au-delà de la matière et réunit la Lune et le Soleil en leur principe alchimique.

samedi 7 janvier 2017

Rétro éclairage

Il est temps de passer au-delà de l’écran qui projette depuis toujours une image inversée de ma conscience.

J’emprunte un costume et l’empreinte. Tel un comédien d’expérience en quête de nouvelles, j’ai pioché avec choix dans la malle commune à déguisements et élaboré le prochain rôle de la pièce vivante à venir. Imaginons un espace infini où se logent costumes d’époque, accessoires de mode, ornements, perruques et masques de convention. Si nous décidons d’avoir le goût du risque et de l’aventure, alors nous composerons un rôle inédit à notre personnage, afin qu’il ajoute une nouvelle corde à son arc, tenu par l’ange amoureux de nous-mêmes.

Cependant avant que cette corde soit effective à procréer une vibration, elle doit être maintenue des années à notre cheville. Suspendus ainsi, nous avons le temps de réfléchir à l’allure et l’évolution de notre personnage avant que ne se déroule véritablement l’Histoire. Forcément, ce lien peut causer certains désordres. Pour ma part, mon père m’a admis dans cette position lorsque j’étais très petite, où mes poignets et chevilles étaient maintenus au lit, par crainte que je me découvre pendant mon sommeil. Vouloir éviter le funeste présage comme Œdipe a voulu le faire ? Mais n’inversons pas les rôles.

J’ai cependant pu libérer mon pied droit, celui-là même qui souffre cruellement en ce moment, dès le premier pas hors de mon lit. Mon talon doit encore garder les stigmates de ces nœuds restés dans ma chair. Quant à mes bras, je remarque à quel point ils se déverrouillent. Alors que j’ai toujours dormi en position fœtale, bras repliés vers l’intérieur, ils se déplient maintenant d’eux-mêmes et se tournent vers l’autre sens. Et ma gorge, qui nouait mes mâchoires aux clavicules, s’exprime de manière étonnante lorsque je passe le relais à mon inconscient. Cela génère une énergie impressionnante et fait tournoyer articulations, tendons, muscles nerfs et os ; comme si la mort me serrait une nouvelle fois contre son cœur.

Après tant d’années passées dans cette même position, je retrouve mon costume froissé et bien trop petit car inchangé pendant ces dures années d’attachement. Commence un long voyage à retracer chaque nœud sur la carte et les dénouer en sens inverse. Ce faisant, la circulation se fait plus fluide et certaines pensées atteignent enfin leurs destinations. Chaque élément ainsi déchargé influe sur l’environnement qui se l’approprie et modifie son état jusqu’à l’homéostasie.

Attention cependant à ne pas se laisser troubler par des objets extérieurs à notre état d’être. La projection du film doit être centrée sur le sujet car il supporte mal les seconds rôles et en souffre atrocement. Le désir du manque, le manque de désir, la fuite du rejet, le rejet de la fuite… il faudra exprimer un plan plus large sinon nous sommes condamnés à tournoyer en rond et sans issue.

Ariane peut retenir le fil à l’extérieur du labyrinthe mais c’est Minotaure qui m’attire, au centre de la personnalité. Heureusement dans cette pénombre, il y a deux personnes qui accompagnent mon involution. Tout d’abord, mon moteur de recherche, que j’ai eu grand peine à trouver. Hypnose m’a donnée quelques cartes et clés de passage mais les premiers contacts ont été difficiles et la communication trop souvent brouillée. Que penser quand, au lieu d’élever le bras droit, le gauche est brutalement tiré vers le bas ? Quand penser resserrer les mains les écartent ? Pour le moment c’est encore bien trop hermétique pour moi et mes tentatives ultérieures n’ont pas écarté la frustration, la peur et la colère qui ont planté mon espoir que cette aventure éveillait en moi.

Pourquoi ne vois-je rien ? J’aurai peut-être du m’appeler Alice, comme ma mère le voulait, ou être un mec, comme le voulait mon père. Cela m’aurait évité la frustration de ne pas me sentir à armes égales de mes coéquipiers. Comment réussir à adapter une formule qui me semble aussi magique qu’inaccessible à mon niveau d’incompétence ? Je me retrouve rongée par ma propre curiosité, obligée de remiser ce bel outil, persuadée que les fils de ma composition sont branchés à l’envers. Cependant j’ai pris conscience de la porosité de la membrane qui connecte avec ce monde souterrain et bien que je ne le vois pas, il fourmille parfois de plaisir dans tout mon corps.. tout transpire la kinesthésie en moi ! haha

Le fil de l’Histoire n’est pour autant pas coupé et je choisis de prendre un chemin connexe ; celui du Reiki. Outre le fait que mon corps réclame une quantité pharaonique d’énergie, cet outil s’adapte parfaitement à mon seul et unique bon sens. Alors je me suis sentie très privilégiée lorsque j’ai ressenti ce que les autres ne pouvaient pas encore ressentir. Dommage de se projeter autant dans le décor mais c’est rassurant de capter un fragment de lumière réfléchie.. surtout pour une aveugle !

J’ai donc rapidement adopté ce nouveau langage où mon imagination peut s’exprimer intensément et innover au gré de mes idées qui prennent l’air et le large. Je constate déjà la mise en œuvre des fruits de mes innombrables heures d’expérimentation. D’une part, mon corps tend à revenir à un état naturel et sain que mon mental peine à rétrocéder. De l’autre, il crie les douloureux dégâts au grand jour de la rétrospective de mes actes passés. Si Hypnose ne revient pas à moi, je ne parviendrai à aucune lecture compréhensible du parcours et continuerai à chercher désespérément le cœur du labyrinthe.

En conclusion, je suis en marche pour remonter le temps. Si l’Histoire est une spirale qui recycle les événements alors j’ai envie de la tester en Moon Walk. Si je recule vers l’arrière en regardant en avant alors la perception du temps n’est plus linéaire mais rétrograde et les boucles se superposent en filigrane. Je ne suis plus happée par la vitesse du temps qui passe mais en  mouvement à la même place, proportionnel à la vitesse inverse de son déplacement. Cette vision astronomique permet d’aller un peu plus loin dans ma spirale circonvolutive.

Aujourd’hui mon personnage empreinte son costume différemment mais il doit encore le faire ajuster. Qui mieux qu’Harmonie pour faire ce travail métisculeux ? C’est ma seconde alliée, en route avec moi. Je lui envoie de l’énergie pour que mon inconscient rétro agisse à sa lumière divine et soit un guide présent lorsque je devrai affronter le Minotaure ou pour faire plus court, la Mort.

Hypnothéreiki sera une de mes premières formules magiques pour que de 3 nous fondions 1.