vendredi 4 octobre 2019

La Boîte à musique


Il était une foi, un très beau prince qui habitait un château. Il y vivait seul et n’avait aucun ami à qui se confier. Une jeune fille se promenant dans la forêt, s’égara d’un chemin et arriva à proximité de ce château.
-        
           « comme il est beau ! » s’exclame-t-elle.
« à qui donc peut-il appartenir ? »

La curiosité l’emporta à s’approcher et frapper à la porte. Elle tendit l’oreille.. Rien... Ce château semblait désert et inhabité. Elle ne résista pas à pousser la grande porte qui s’ouvrit sans un bruit, comme si le Silence régnait en maître ici. Rentrée à l’intérieur, tout était sombre avec nulle âme qui vivait. Elle inspecta plusieurs pièces où tout semblait posé là, placé à l’abandon. Elle se dirigea alors vers la bibliothèque car une étrange lueur transperçait sous la porte. Après qu’elle l’ait ouverte sans un son, la lumière d’un puissant feu de cheminée envahit tout l’espace. 

Un homme était assis dans un fauteuil, plongé dans la lecture d’un livre étrange. Il ne remarqua pas sa présence alors elle se plaça dans un coin de la pièce pour mieux l’observer.
Le reflet du feu dansait dans ses pupilles qui courraient sur les lignes et motifs de ce Livre. Son visage avait une couleur dorée et flamboyante. Il semblait absorber la lumière de la pièce. La jeune fille était subjuguée par ce qu’elle voyait. N’avait-elle pas déjà vu d’homme si beau auparavant ?
Celui-là était pourtant différent, une autre lumière brillait en lui et autour de lui. Ce feu était sacré.

-          « comme il est beau ! «  s’exclame-t-elle.
« qui est donc ce jeune homme ? »

Tandis qu’elle l’observait ainsi, enflammant son esprit de questions sans réponse, elle se sentait aimantée à cette personne qui captait toute son attention. Le Temps n’existait plus. Son corps se mit à avancer sans qu’elle ne s’en rende compte et un grand bruit se fit entendre. Une des lattes du plancher avait craqué et explosé tout l’espace-temps. Son cœur arrêta de battre.

-          « qui est là ? » demanda le prince.

La jeune fille retenait son souffle, n’osant prononcer un mot, elle ne bougea plus. Une profonde peur se mit à l’envahir et lui glacer le corps, faisant trembler son ventre et serrer sa gorge.

-          « qui est là ? » répéta le prince.

Elle ne put rester plus longtemps dans cette position alors elle entreprit d’une petite voix :

-          « c’est moi, c’est personne, excusez-moi.. je me suis perdue et je cherchais de l’aide pour demander ma route.. alors je suis entrée »

La jeune femme était interdite, n’osant relever les yeux vers le Prince. Il se leva alors de son fauteuil et s’avança vers elle.  La peur l’assaillait tellement qu’elle aurait voulu se changer en une petite souris pour ne plus supporter sa propre présence. Celle de cet homme prenait tellement de place qu’elle souhaitait se réfugier dans un tout petit espace. Plus il se rapprochait, plus elle rapetissait.. jusqu’à ce qu’il arrête d’avancer.

-          « qui que tu sois, sors de l’ombre car cela fait bien longtemps que personne n’était rentré dans ce château. Autant de temps que je n’avais parlé à personne. Approche, que je te vois ! »

La jeune fille était dans un profond trouble. De puissantes forces contraires assaillaient tout son Être et l’empêchaient de réfléchir. Les peurs et les désirs de s’approcher s’affrontaient en elle, provoquant beaucoup de tourments et d’anéantissements. La peur lui interdisait tout mouvement alors que l’irrésistible force du cœur la poussait en avant. Elle se retrouva coupée en deux. Ses membres ne répondaient plus à son esprit.. mais avait-elle déjà demandé quoi que ce soit par son esprit ?
-        
   « as-tu peur de moi ? » finit par demander le Prince.

Elle reprit alors ses esprits et rassembla ses forces pour aller chercher cette réponse à apporter. Qu’est ce qui lui faisait le + peur ? Elle pensa directement à son père, cette figure de colère qui lui fit tant de mal, qui l’aima si mal, si bien que son cœur se fendit en 1000 morceaux. Cette peine retrouvée encore et toujours dans sa vie, finissait de piétiner ce qui restait de son cœur. Devoir aimer un homme fait tellement mal.
Face au Prince, tous ces fragments d’âme se sont mis à vibrer si forts, que ceux-là rentraient dans sa chaire jusqu’à ses os, lui rappelant la douleur de l’amour. Comment cet homme pouvait lui rappeler tous ses amours perdus ? Ces poids devenus chaînes qui pesaient si lourdement en elle. Son cœur meurtri priait qu’on le répare à présent pour redevenir entier.  Ce désir d’union n’avait jamais été aussi puissant et faisait vibrer l’amour autant que l’âme qui exprimait sa douloureuse présence au corps. Elle ne pouvait lutter contre ça. Toute cette énergie était incroyablement dense dans la matière et écrasait tout ce qu’elle avait pu contenir jusque là.

Soudain, des fragments qu’elle pensait dissous reprirent contact avec les autres et commencèrent à se reconstituer. Ils se soudèrent ensemble, générant une surface de plus en plus grande et lisse. Sans aspérité et d’une douceur jamais ressentie. La jeune femme prit conscience de son corps qui était animé d’un mouvement intérieur, lui montrant un chemin sans regard, juste sensation intérieure. Petit à petit, son attention se détourna du Prince et écouta  quelle petite révolution préparait la voix de l’intérieur. Elle demandait la liberté, le mouvement ! Elle demandait qu’on l’écoute et qu’on la suive sur le chemin de la Guérison car un puissant pouvoir sommeille ici et demande à être réveillé.

Sentant qu’elle voulait prendre part à celle-là, la jeune femme posa son esprit sur la pointe de lumière en son sein et attendit qu’elle prenne vie en mouvements. La paix commença à s’installer progressivement de l’intérieur car plus elle faisait silence, plus la Lumière pénétrait ses profondeurs et montrait la voie à la jeune femme. Celle qui débarrasse des peurs, des doutes, de l’oubli et de la douleur. Progressivement, elle se dégageait de l’emprise entêtante du Prince pour poser enfin le regard sur la chose la plus précieuse de sa Vie : son cœur qui naissait à nouveau des cendres du précédent. Son âme, son corps et son esprit dirigés vers le même joyau guérissait son Être et ses mémoires.

Son corps réparé réussit à faire son premier pas. Elle se releva dans la Lumière qui lui brulait les yeux, inondée de chaleur et vit le Prince qui se tenait là, grand devant elle. Elle progressait lentement en gardant un bras devant ses yeux pour se cacher du puissant soleil qui brillait face à elle. En lui souriant, il prit ses mains et les joignit entre les siennes. Une fusion de l’Unique se produisit. Cet homme, par sa présence, lui avait permis de lever les obstacles qui la maintenaient brisée en son corps. Toute cette énergie sombre absorbée par le néant commençait à remonter à la surface de sa conscience. Les noires peurs s’en allèrent et elle pu à son tour lui sourire. Il demanda d’une voix musicale :

-          « veux-tu être mon amie ? »

Chant n’était plus doux à son cœur qui résonnait désormais sans filtre ni fausse note. Elle fut submergée par la réponse de son corps qui lui transmit une émotion de Joie et de plaisir d’avoir trouvé un si bel ami, avec qui elle promettait rester pour toujours.

Ainsi, le Roi et la Reine reprirent leur Trône et le château reprit vit. Les ménestrels et troubadours vinrent à nouveau amuser le peuple qui vivait heureux. Les jeux et les banquets animaient les esprits libres et audacieux. Il faisait bon vivre dans cet endroit.

Le Roi et la Reine vécurent heureux.. et firent beaucoup de projets !




samedi 30 mars 2019

Incarnation Volontaire de Grandir


Tout commence enfin à transparaître..
A force de découdre les mailles du costume, les contours du tissage relève mieux les pans de mon existence.
A 18 ans.. éprise de liberté.. une pulsion de vie tellement forte.. comme une bête sauvage relâchée dans un monde nouveau, inconnu. Inadaptée.. blessée.. enragée.

Ce 11/09/2001, jour où j’emménageais dans cette cité U, suffisamment loin de mes parents.. ce jour de Liberté où la terreur était mondiale. De mes envies et désirs, mes expériences de Vie ont bien vite déchanté le jour où je n’ai pu faire autrement que constater que j’étais enceinte. Impossible.. impossible.. ce n’est pas possible. Je refuse cette réalité ; elle n’est pas. Alors quand on m’annonçât qu’il était trop tard pour avorter en France, tout s’est écroulé. L’effondrement de ma tour a commencé ce jour, au printemps 2002..
Cette implosion a produit une faille qui a commencé à aspirer mon passage à l’âge adulte ainsi que toute ma construction et ma place de femme à venir. Majeure.. problème majeur.

J’ai très peu de souvenirs de la suite.. la douleur.. les pleurs.. le déni, l’angoisse, la peur.. la terreur. La Hollande, le réveil en salle d’anesthésie, l’attente du retour de mes deux amies sur le banc du jardin de l’hôpital, le retour chez mes parents la même journée sans rien dire à personne.. Fini ; tout cela était fini, nous n’en reparlerons jamais plus.. jamais.

Ce jour-là j’ai bâillonné une partie de moi, une part spirituelle qui cherchait le pardon d’avoir tué la Vie, d’avoir était la jeune fille qui a choisi la Mort et qui ne reviendra pas. Cette part a grandi dans l’Ombre, poussant ma chaire, atrophiant la circulation de la vie intérieure.
La jeune fille et la mort dans son + bel écrin.. l’âme hors du temps qui attend la fin de l’errance. Ma présence n’était qu’apparence, mon âme descendant aux enfers maintenu juste au bout du fil.. Allo ? Allo ?

L’entaille entre ma Nature blessée et mon visage n’a cessé de grandir, dissociant mes corps subtils. Tiens.. une demi paralysie du visage.. à droite déjà.. il est comment, ton masque à toi ?.. Heureux les fêlés..

Crise de psoriasis plus tard, c’est dire combien la frontière maintenant ces 2 sphères était menacée. Combien de temps encore tenir ce rôle de souffrances parfaitement refoulées ?
Arrive le coup de grâce ce 04/04/2015. La voilà enfin sortie, cette énergie noire ! la matière sombre se met à aspirer ma chaire, mes centres d’énergie, mes nerfs, les méridiens.. trous noirs supermassifs entraînant les contenus conscients au fond de l’abysse infernal.

Tout s’est inversé, pendulant entre les deux opposés d’un même centre. En colère j’étais impassible, en tristesse j’étais souriante.. heureusement avec la peur, j’étais courageuse et la force ma venait de cette sourde envie de faire éclater ma vérité et que tout changerait après ça. Ah Papa.. né d’un Joseph et d’une Marie, ça ne s’invente pas !

Mais revenons à ma part de jeune fille morbide qui ne s’est jamais pardonnée d’avoir choisi d’ôter la Vie d’une part de moi, innocemment innocente. Je n’étais pas prête à affronter les terribles mots dont je me serais affublée. J’en avais bien trop dans mon répertoire et rien dans celui de pardonner. Je me serais haïe, peut-être n’aurais-je pas pu continuer à vivre.

J’ai refilé le bébé à mon IC qui l’a nourrit dans mon ventre, jusqu’à ce qu’il naisse au grand jour XIII ans après et qui, je l’espère, va monter dans la Lumière d’ici quelques jours, XVII ans plus tard.. retour à la Source, belle âme ! Lui dire adieu et marquer la fin de l’errance.

Tout a du sens maintenant. Ces pensées morbides à l’œuvre chaque matin, couvrant ma tête de sa sombre voilette, cet immobilisme face à la vie qui déroule. L’oppression qui fait redouter chaque interaction avec un autre de mon espèce. La désolation de voir mourir tout ce que j’avais commencé à faire pousser. Mes pas mal assurés qui tremblent à l’idée de s’effondrer. Cet état d’anéantissement à la pensée de mourir lorsque j’avais sept ans, l’âge de « raisonner ». Sans doute vivais-je là l’expérience du fœtus reparti trop tôt dans le flot de la Vie, à l’Univers.

Mon manque d’affirmation et d’implication avec mon entourage, les mecs qui ont partagé mon lit.. bien trop nombreux pour ne pas sentir combien ce manque d’Amour n’a jamais été assouvi. Mon corps, trahi, ne prenait plus part à l’acte sexuel ; je me désintéressais de plus en plus à mon physique et enfin j’ai commencé l’auto-destruction (radikal mon kommandant !). Mon corps morcelé accumulait les répétitions de cette danse macabre, moi qui adore danser.. !

Pourquoi être femme pour devenir Mère ? La pire mère qui soit au Monde ne devrait jamais venir au Monde. Je me suis tue d’un poignard dans le ventre et Hadès est venu ravir ma jeunesse. Perséphone qui n’aurait jamais du revoir le jour si sa mère ne s’était sacrifiée à la chercher, jusqu’à affamer la terre qui naquit de ses pouvoirs. Sa haine contre le sexe masculin n’avait pas de limite et son seul but était de retrouver sa fille, la chaire de sa chaire.

Perséphone a fermé ses yeux sur le Monde d’en haut, son Être s’est lentement inversé dans la descente du Monde d’en Bas. Métamorphose des profondeurs. Elle s’est drapée de son suaire et l’a fortement enroulée autour de son corps.. chaque nœud méticuleusement ajusté pour ne pas se défaire, elle se mit à tisser jusqu’à nouvel ordre. Ô combien  je me suis associée avec Elle, combien j’ai eu peur de sombrer dans le chaos ! « Il était un petit navire.. il était un petit navire.. qui n’avais ja-ja-jamais navigué »..

Pardon mon Cœur, pardon.. pour cette couronne d’épines blessant de paroles si dures envers toi. Tu voulais être libre, ô combien libre.. sans entrave, ni chaine.. tu as croisé le fer d’Arès, roi de la guerre, dont seule Aphrodite pouvait adoucir les brûlures infligées par ses flammes. Et toi, Cupidon, pourquoi es-tu si douloureux ? Pourquoi ai-je si peur de toi ? C’est à travers toi que j’ai posé mes yeux sur un être si sombre et mystérieux. Toutes ces énergies qui ont été libérées, incroyablement fortes ! Ici se trouve un point quantique où je supporte « qu’il est là » et « qu’il n’est pas là » en même temps. Assez fort venant d’une personne qui ne voit qu’en noir et blanc (pas besoin de préciser les quantités.. !)

Qu’il est dur d’aller sonder sa nature intérieure quand rien ne filtre à la conscience et qu’Ariane a emmêlée toute sa bobine de fil. ! J’ai du apprendre à lire la cartographie des lieux grâce à une énergie qui remonte des profondeurs et dilate l’espace-temps de ma réalité. Elle me guide où passer, moi qui suis aveugle dans les méandres de mon corps. Ce mince fil qu’avait retenu mon âme.. l’âme agit enfin..

Pardon mon Âme, pardon.. de t’avoir enchainée entre deux parois si minuscules, dans cette position si inconfortable, m’aidant à comprendre qu’il fallait changer de chemin. Merci d’avoir allumé la Lumière (un peu fort, par contre.. ! ;) pour me transcender. Désolé de continuer à utiliser l’alternatif plutôt que le continu mais je te promets de continuer à avancer. C’est si dur de se détacher de ses puissants archétypes, leur pouvoir est immense. Heureusement certains m’aident à écoper et je me redresse au fur et à mesure. Lorsque la grand voile sera hissée, le souffle de vie me mènera vers l’expansion de mon Univers, mon Unité retrouvé. J’ai vraiment une compréhension très littérale des Textes, version original one !

Réunir ces deux mondes séparés où la jeune fille rejoint la Vie, respire, remercie, crée, danse, chante, jouit !

Parce que nous sommes tous grisés sous le ciel étoilé.. buvant à la source de Vie.