dimanche 28 février 2016

Le magicien ose

Sept jours de formation à Paris. Je prépare ce voyage depuis plusieurs mois. Pourtant, j’habite Orléans et me trouve à une heure de train de la capitale. Un peu mono-centré pour une si petite distance ! En effet, ce n’est pas ce paramètre qui me met dans un tel émoi mais bien le sujet de ma venue à Paris : l’hypnose ! Je suis tombée dedans l’été dernier, un envoûtement tenace et merveilleux, qui m’a aidé à dépasser des obstacles que je pensais insurmontables, tout ça en l’espace de quelques mois. Je suis passionnée par ce pouvoir de faire changer les gens ; bien que ce soit eux les moteurs principaux, l’hypnose est le starter que je ne pensais pas posséder jusque là. Une science bien mystérieuse qui m’a emmenée vers des sujets mythologiques, astronomiques, philosophiques, occultes et qui a révolutionné ma façon de penser et j’espère bientôt ma façon d’être. Cet hypnothérapeute restera à jamais dans mon cœur pour ce qu’il a réussi à faire, obtenir et offrir à la personne que je suis. Mes pérégrinations neuronales ont déroulé cette pelote de Soi qui, associée à Autisme et Hypnose ont créé à ma grande joie ce projet 2016, qui se définit petit à petit. Cependant, il y a eu un revers à cette médaille de ce bond dans l’espace : j’ai commencé à ressentir des sentiments pour cette belle personne et, lorsque je lui annonçais mon inscription à la prochaine session de formation à l’IFHE à Paris, dont les dates correspondaient à merveille avec mes vacances scolaires, il me répondit qu’il pensait que cela était « orienté » et que j’avais donc un biais de perception. Pourtant, je ne le ressentais pas comme ça, malgré que cette idée m’ait traversée la tête. Je me rappelle la manière dont cette idée avait bondi hors de ma tête et la joie que je m'étais imaginée à guérir des autistes par l’hypnose, tout autant que mon père, avec lequel nous aurions pu discuter si tranquillement...
Je me dis que certaines synchronicités sont de mon côté (gauche) : les dates de formation qui coïncident avec mes vacances, la joie ressentie lorsque j’élaborais ce futur projet de méthode de développement pour jeunes autistes, mon père sous hypnose, une voie de guérison pour le côté droit de mon corps.. et cette excitation ne m’a pas quittée jusqu’à ce jour. Merci ma petite voix ! J’ai donc clôturé mes séances d’hypnose pour me libérer de ces sentiments pour lui et ainsi avoir deux mois pour me préparer physiquement et mentalement à cette formation.

Enfin arrive le 1er jour. Je loge chez mon frère et il me faut 15 minutes à pied pour gagner l’énorme tour élégante qui abrite les locaux de l’IFHE. Je ressens un mélange de stress, bon comme mauvais, de l’impatience, de la curiosité et je ne peux m’empêcher de regarder toutes ces personnes inconnues, venues pour la même chose que moi. Pourquoi sont-elles là et qui sont-elles ? A 9h30, nous sommes conduits dans un amphithéâtre aux sièges en velours rouge, où la scène éclaire quelques tables et chaises encore inoccupées. Trois personnes arrivent sur scène, nous saluent et nous déroulent le programme des journées à venir. Mon regard dérive d’un siège à l’autre et je croise soudain le regard de quelqu’un faisant la même chose que moi, inversé sur son siège : quel magnifique regard dans un si beau visage. Je reste muette dans mes pensées tandis qu’il me lance un sourire ravageur dont je ne peux supporter l’éclat donné par la Nature. Je suis sûre d’avoir loupée des informations données par les organisateurs, à moins que le temps ne se soit arrêté ? Je me détourne pour cacher mon trouble face à cette apparition apollinienne, me demandant s’il l’avait remarqué. Arrive l’heure de la pause, mon rythme cardiaque s’accélère car je redoute autant que j’espère pouvoir le croiser à nouveau. Je zigzague jusqu’à la table, n’osant pas regarder autour, prête à me servir un café lorsque j’entends une voix derrière moi : « tu peux m’en servir un stp ? » je me retourne craintivement et constate que c’est l’homme au sourire rayonnant. Génial, je rougis en me transposant à la cafet’ d’Hélène et les garçons ou de 1ers baisers, bref, aussi nian-nian que ce que j’ai pu écrire dans mes nombreux carnets secrets. « Aucun souci » lui répondis-je en tournant la tête pour cacher mon trouble pour la seconde fois. Mais qu’est ce qui m'arrive à me mettre dans un état pareil ? Ok, je n’ai plus quinze ans mais un problème de libido endormie depuis des mois. Impossible qu’elle se réveille d’elle-même, c’est donc contraignant de devoir la stimuler depuis des mois pour vérifier qu’elle est toujours là. Et aujourd’hui, sa simple présence impulse des soubresauts comme des battements de tambour : quelqu’un joue de la percussion dans mon sexe. Il me faut du temps pour lui tendre son café, tendue comme un string que je suis. J’ai envie qu’il déguerpisse mais le son de sa voix m’a déjà envoûtée et j’attends d’entendre quelque chose de nouveau de sa bouche. « Merci » et il s’en alla. Je souffle intérieurement. A la fin de la pause, on nous conduit dans une nouvelle salle où sont disposées des banquettes comme l’on peut trouver chez les psys. Il faut travailler en binôme, où l’un raconte une histoire imagée de douces sensations à l’autre personne confortablement installée dans sa banquette, pour un résultat « bien-être ». Les consignes énoncées, je cherche des yeux une potentielle collègue féminine pour faire redescendre toute la chaleur que la pression de son regard avait chargé en moi.

Je désespère de voir les personnes s’associer et égrener les candidats au fur et à mesure quand je l’aperçois s’avancer droit sur moi, d’un pas déterminé. Je suis prise de paralysie, essayant de me rendre transparente ou de m’enfoncer dans le sol pour l’éviter. Son regard se pose sur moi et il m’affuble d’un de ses magnifiques sourires. « On y va ? » me lance-t-il. Ayant perdue mes moyens depuis plusieurs minutes, j’acquiesce timidement  et le suis jusqu’à une place disponible. Je me sens mal de débuter cette formation qui s’annonçait si bénéfique au niveau personnel pour me retrouver liquéfiée dès la première matinée, face à un homme dont le magnétisme m’a totalement emprisonnée. Il me dit qu’il s’appelle Jean et qu’il habite Paris. J’arrive à lui exprimer le fait qu’il devrait commencer et je m’allonge lascivement, prête à voyager rien qu’au son de sa voix harmonieuse. La distance entre sa chaise et ma banquette me permet de retrouver un peu d’air cérébral. Je ferme les yeux et me laisse aller à son histoire. Un timbre de voix parfait au vagabondage de l’esprit. Un beau vagabond, la chemise déchirée, un jean moulant décousu à certains endroits et…


plaisir fou à ressentir de nouveau mon sexe s’exprimer. Soudain, quelqu’un me secoue par le bras : Jean me regarde de son sourire et me dit « j’ai arrêté parce que tu faisais des petits bruits ». Putain la honte, où est-ce que j’étais ? Brûlée par le désir intérieur qui s’entendait à l’extérieur, prise en flag par le beau gosse de l’année, rater complètement le 1er exercice de la formation ; bref, dirigée par mes pulsions sexuelles que je pensais mortes et enterrées depuis des mois. Elles choisissent aujourd’hui pour me passer le bonjour ; sympa. Je me confonds platement en excuses, prétextant que je m’étais endormie et cours aux toilettes pour assouvir ma soif obsédante entre mes jambes. Tout est plus fort que moi, la jouissance qui sort de moi est telle que mes jambes ne peuvent me retenir et je glisse stupidement sur la cuvette des toilettes, essayant de me retenir d’une main sur la paroi. Mais que se passe-t-il en moi ? Je suis néanmoins heureuse de constater comment ces sensations fortes me reviennent, cependant elles devraient être dans ma tête, pas entre mes cuisses..

Je reviens dans la salle, l’exercice est fini, je ne peux remplacer Jean dans son rôle alors je m’excuse de nouveau, me jurant de ne plus jamais me retrouver avec lui de toute la formation. La journée avance et Jean ne réapparaît pas pour me demander quoi que ce soit. Je me consacre donc pleinement à mon objectif initial et cela égala mon excitation mais à d’autres niveaux !
17h30, fin de la journée, chacun reprend ses affaires pour se diriger vers la sortie. Mais le revoilà, par sa démarche assurée se dégage une confiance phénoménale, un pouvoir qu’il semble parfaitement maîtriser par son sourire, sa voix et sans doute bien d’autres choses. Ses yeux minéraux me regardent fixement mais ne me sourient pas. En passant près de moi, il me saisit délicatement le poignet et me dit « suis-moi ! ». Incapable de protester, je le suis de joie et de peur jusqu’à une porte qu’il referme rapidement derrière moi. La pièce est sombre, une petite ouverture amène un trait de lumière qui lui fend le visage. « Je crois savoir ce qu’il s’est passé ce matin » me dit-il. Impossible, il n’a pas pu voir ni sentir tout ce que j’ai ressenti sur cette banquette ! Le silence qui suit me gêne à lui raconter comment tout cela s’est passé mais je me ressaisis, offusquée de parler de choses si intimes avec lui. Je lui tourne le dos, prête à quitter la pièce quand il passa son bras sous mon T-shirt, laissant remonter sa douce main sur le grain de ma peau qui se figea à son approche de mes seins. Je reste immobile, tant la sensation ressemble à celle de ce matin. Comment peut-il savoir comment tout ça a commencé ? Je me retourne vivement pour lui poser cette question en face quand il choisit d’entourer ma hanche pour poser sa main sur mes fesses, me rapprochant ainsi fortement de lui. Je peux sentir son odeur et sa peau se rapprocher dangereusement de mon visage qui rosit de plus en plus. Je ne peux détacher mes yeux de son regard qu’il plonge en moi. Cet homme a un pouvoir qui m’empêche de me débattre. Il me sourit et profite de cette illumination pour poser fermement ses lèvres contre les miennes, un baiser brûlant de passion et de désirs en devenir. Cette chaleur m’envahit le corps, me rappelant celle que j’avais ressenti lors de mon accident en avril dernier mais à l’extrême opposée de la douleur. Au paradis, je me sens fondre sous son étreinte et mon corps bascule vers lui, telle une sacrifiée acceptant sa destinée face au Maître de cérémonie.

Énervée contre lui et moi-même, je me rhabille et sort vivement de l’immeuble, courant presque jusqu’à chez mon frère, fortement troublée par cette histoire de dingue. Le god est bien au chaud dans mon sac et cette agréable sensation continue de couler en moi : démoniaque. Je réfléchis au moyen de me défaire de son emprise pour le reste de la formation en me promettant de ne plus lui adresser la parole et de me consacrer entièrement à mon sujet initial. Dès le lendemain, je reprends mon sac en oubliant d’enlever le god, ça me gène un peu de le savoir avec moi mais je réussis à contrôler les exercices de la matinée, évitant de le repérer parmi les 70 participants de la formation. Le midi, je le vois attablé avec d’autres personnes dans un coin du restaurant. Cela me met en colère de le voir ainsi détendu et à l’aise alors qu’il m’avait si sauvagement prise la veille. Je décide de m’installer au plus loin, sentant sa présence malgré tout  dans mon dos. Mes pensées reviennent encore à cette sensation agréable passée en sa présence et cela ajoute à ma colère contre lui. Pourtant, je ne peux refréner l’envie de me servir de son sextoy pour calmer la chaleur de mon ventre qui me supplie de l’écouter. Je me lève pour me diriger aux toilettes. 
sexe, passer dans mon ventre, remonter jusqu’à ma gorge, m’irradier le cerveau pour sortir au sommet de ma tête. L’écho de mon cri raisonna dans toute la pièce. Pourtant, il ne me sembla pas qu’il ait joui. J’hésite à lui demander pendant qu’on se rhabille en silence. Voyant un agréable sourire à ses lèvres, je déduis qu’il a pris lui aussi du plaisir. Nous parlons uniquement avec nos yeux et nos énergies semblent encore entremêlées. Quel homme étrange et mystérieux. Il me lance « à tout à l’heure » sans que je ne sache exactement ce que cela signifie. Il se rassoit à sa table pendant que je paye et sors du restaurant.

Je me sens incroyablement bien, mes pieds ne touchent plus terre, un masque de bonheur s’affiche sur mon visage à la vue de tous et cela rajoute à ma joie. Jamais je n’ai pris autant plaisir à faire l’amour, deux fois en deux jours, avec cet homme qui balaye les 39 autres de ma vie de femme, qui m’ont apporté plus de blocage sexuels que d’envies d’aimer.
Je déroule dans ma tête toutes sortes de scénarii sexuels dont nous serions les acteurs, je sens mon corps possédé par le sien, ma tête est à la renverse et mon corps palpite au même rythme que les battements de mon sexe. Je m’arrête d’effroi : suis-je amoureuse ? Si vite ? Je trouve terrible que ma conscience émotionnelle connaisse déjà cette douleur qui m’impose autant de questions. Cette sensation de bien-être me propulse au 7ème ciel, aussi vite que la peur d’être amoureuse me fait redescendre. Merde. Il ose ouvrir la boîte de Pandore et je ne vois que les futurs maux à devoir combattre. Je suis le pôle négatif de l’aimant : attirée car je ne fais pas le poids. Je redoute ma façon d’appréhender la suite :  courir comme une écervelée, aveuglée par des sourires, des sensations tendres, des caresses brûlantes : aïe, j’ai chaud. Je tente de ne pas rester bloquée par mes souvenirs et profite du moment présent de l’après-midi. L’horloge me nargue et décompte lentement les minutes à faire tourner la soupape qui me sert de tête..

TO BE CONTINUED...

mercredi 24 février 2016

La loi de Maât

Aujourd’hui, j’ai compris pourquoi depuis 2 matins consécutifs, je n’avais plus d’électricité chez moi en me levant. Après coup, j’ai trouvé ça ironique, mais sur le moment, j’avais du mal à embrayer ma journée sur une note discordante dès le 1er geste : allumer ma lampe de chevet.
Ironique je m’explique puisque ô rage, ô désespoir du dimanche précédent ma reprise de boulot, la fin de 2 semaines de vacances, je trouvais judicieux d’enclencher le rétropédalage de la constante : arrêter de fumer des putain de clopes. Depuis mes 16 ans, je m’étais interdite de m’interdire de fumer, je n’avais donc jamais essayé d’arrêter, attendant un évènement extérieur qui ferait bondir hors de sa cage ma volonté. Or depuis ce fameux dimanche disharmonique, j’en ai eu marre de ce reflexe inconscient conditionné : saturation, reconnaissance de la malhonnêteté envers ce que je tends à être, face à mon reflet du quotidien que j’ai créé depuis de nombreuses années. Je ressens que ma volonté a envie de reprendre le petit flambeau de l’espoir dans cette zone d’ombre temporaire et bien qu’elle se soit tue depuis tant d’années, elle ne s’est pas tuée.. ouf ! Je tente de réaliser à quelle point cette victoire de ma Volonté sur le capitaine Ego, (qui a + d’un crochet à une main et une violente psychologie rusée) me délestera d’une sacrée partie de souffrance que je continue à porter de différentes manières en mon corps. Cela prend pour moi l’image d’une lourde balance autour d’un axe incontrôlé, en proie à d’énormes crochets pourfendeurs de bonne volonté ; difficile d’éviter le mal de mer. Je crois donc que je traverse une crise d’identité, haha la voici, la voilà !

Pourtant, en ce lundi matin qui devait annoncer l’aube d’un victorieux saut dans l’inconsistant de mon être, je me heurte donc frontalement à un mauvais coup du sort : « putain mais pourquoi la lumière ne fut pas ? »
Je tiens à remercier la technologie, qui s’il y a quelques mois en arrière, ne m’aurait pas tirer de cette infortune, moi qui avait usé ma dernière bougie, aucune pile LR6 pour m’aider à une quelconque once de lumière en pleine nuit.. Bref, j’ai une Lampe Torche sur mon mobile ! Commence donc mon enquête qui s’aventurait être très sommaire vu mon niveau en Electricité (U=RI) et ma compétence au matin à être au taquet sur ce sujet..
Je tente de relancer au compteur, ça me retire au niveau 0 : échec, je n’aurai pas de lumière pour prendre ma douche.. qu’à c’là n’tienne ; j’ai une lampe torche sur mon mobile ! Ça suffit amplement à tamiser la pièce. Je saluais l’effort que l’eau soit chaude parce que le moral tapait dur dans le cerveau à l’annonce de la journée précédente qui me répétait le pacte d’arrêter de fumer. Je n’avais pas de plan précis pour y arriver mais le maître mot était « Résistance ! », à la tentation, quelque chose qui allait fortement piquer la tête.. Ça m’assaisonnait donc  suffisamment le cerveau, en parallèle de ma maison-toute-électrique qui allait se vider de son jus, cherchant quelques bribes de solutions qui attisaient mon envie de m’en allumer une mais soit, j’avais une douche et de la lumière, on passe à l’étape suivante : se laver les dents ! j’ai apprécié le changement de routine qui m’ a sorti d’affaire un temps mais le temps d’après, justement, m’a paru anormalement long quand je constatais qu’il me fallait attendre une heure avant d’embaucher alors que j’avais une marge de 15-20 min habituellement.. ogué.
Néanmoins, j’ai ressenti une franche joie durant cette pénible attente, quand ma chienne Oxy m’a ramenée mon ours en peluche véritâââble dont je lui avais fait cadeau quelques semaines plus tôt. Elle s’empressait d’aller l’enterrer dans le jardin, malgré mes efforts pour ramener toujours la dépouille à la maison. Le concept peut sembler bizarre mais pas autant que celui de son prénom qui établit qu’une moitié appartenant à ma chienne et l’autre à moi, formait le pseudo « Cé-xy » auquel je me raccrochais un peu en me disant que ça serait bien que ça dure un peu dans la baraque !
Mais bref, un matin, l’ourson échappa à ma vigilance et il fut enterré je ne sais où pour des jours, lui qui avait déjà perdu la vue et l’odorat par ses petits crocs enjoués, voilà qu’il gisait 6 pieds sous terre sous un quelconque buisson. Le zombie mutilé du jardin.
Je m’étais donc résignée à ne plus l’apercevoir depuis ce jour, moi qui venait de le retrouver grâce à un colis de ma mère qui m’expédiait mes dernières affaires de ma chambre d’enfant, moi qui l’avait quasiment oublié puis retrouvé, te voila en train de te régénérer par la putréfaction de la Terre. Te reverrai-je un jour ? Et enfin arrive ce matin si particulier, si pluvieux, et  je l’aperçois à travers l’aube naissante et humide, au milieu du jardin, tel un revenant de la guerre qui n’a jamais eu peur. Je me précipitais pour le sortir de là et lui enlever la terre qu’il ne portait qu’à la tête (il avait eu sans doute le temps de faire le reste). J’exultais de joie pour exprimer à Oxy toute ma gratitude et je remis mon ours auprès d’elle sur le tapis.  « Mignon petit jouet, fais doucement. »

Mais voilà, ce moment de joie qui ne fait pas appel à la fée électricité n’a pas pu contenir mon ressenti d’attente inutile et bien trop longue, alors je m’octroyais une clope, soit une heure 15 après m’être levée, ce n’est pas beaucoup direz-vous, mais c’est un géant p’tit pas pour moi. Bref, je salue d’une main l’effort, l’autre me disant « c’est pas d’bol tout d’même d’avoir une panne d’électricité, le jour de ta reprise de boulot et de l’arrêt de la nicotine.. c’est pas d’bol ».. right..
Je pense à différentes solutions d’élucider le problème : voir les voisins, appeler EDF, la mairie, mon ex-copain électricien (rien de mieux qu’une bonne rupture pour raccorder 2 être humains) mais le filigrane était morose et je me morfondais dans un coin de ma tête à passer cette journée qui s’amorcait pleines de contraintes non prévues en terme de pression occipitale ou coronale je ne saurai dire.. Oppression !! ( merci Ben Harper)
Au final, après 2 ou 3 tentatives infructueuses au tableau électrique avant mon fameux départ au boulot qui amorçait le devoir d’attente du résultat à midi, résultat hasardeux qui allait précipiter l’émoi de l’après-midi, et là ô miracle, le disjoncteur se relance enfin et tout le jus revient instantanément dans la maison, yeah, le frigo presque chaud, le chauffage complètement froid, l’ordi qui ne tient pas la charge, la belle lumière qui éclaire l’espace noir.. !

Du coup je me dis qu’à 10 min près, je n’aurai peut-être pas allumée cette fuckin’ 1ère clope d’ouverture de la journée. Je pars toutefois au travail l’esprit un peu + léger, en me disant que ce que je venais de vivre pouvait être un évènement unique en son genre, un phénomène isolé qui ne se reproduirait plus..  Le petit brin de soleil aurait pu tenir un peu la route de ma matinée quand je me retrouvais à me confier à une attentive collègue de travail, sur le fait que je vis une grosse réduction d’aides que je touchais avant, ce qui réduis de moitié ce que j’avais pour le mois à la base ; 50% de moins, c’est pas glop. J’énumérais les solutions auxquelles j’avais pensé, muées par ma sempiternelle morale qui me dit « soit indépendante - assume toi »,  mais la couleur de ce que je disais se dégradait inexorablement vers une teinte sombre et me donna l’impression que l’utopie que je m’étais annoncée pour 2016 pouvait bientôt se casser la gueule vu le moral facilement ébranlable de cette journée : le futur-qui-fait-peur ! Merde, y’a une tâche, j’l’avais point vu celle-là !
La matinée a été dure, j’avais l’impression que la surface de ma peau se liquéfiait et prenait une teinte maladive inquiétante.. face à la compassion (ou était-ce la pitié ?) dans leurs yeux, la digestion était rude, (et cette pause sans cigarette qui ne finissait pas !) alors la réponse joviale de mon ex-copain me proposant de passer ce midi-même pour regarder ce problème électrique me réjouit bizarrement dans ma tête fatiguée.
Effectivement, son effervescence a réussi à me faire décoller la pulpe de la torpeur dont je m’étais enveloppée toute cette matinée et je réussis à faire remonter cet ascenseur émotif après un léger passage en sous-sol (avec décompressurisation). Son caractère enjoué sur la vie qu’il traverse en ce moment, ce renouveau pour des expériences restées en sommeil, l’attention qu’il m’a sollicitée durant cette heure de pause m’a profondément touchée et je me promis de continuer ma journée à me consacrer à l’instant présent, oubliant mes problèmes, sachant que ma matinée n’avait pas été très démonstrative avec mon entourage, je me promettais de corriger le tir et de montrer une belle facette de moi-même pour cette sortie piscine. Et c’est ce qu’il se produisit, j’ai passé de très beaux moments, j’ai même ri à me libérer d’une partie de cette souffrance, merci à toi Jäden, tu es vraiment un autiste formidablement drôle !

Le chemin du retour m’annonçait de bonnes nouvelles, Jeff avait localisé la panne, son frère-mon proprio était en chemin pour commander la pièce, les solutions de dépannage pour les 2 prochains jours étaient encourageants, je revenais donc à la maison avec une violente envie de dépasser mes frustrations alors je chaussais mes baskets et me faisait un tour de jogging en pâté de maison.. Fatiguant mais monstrueusement revigorant. Après ça, Jeff m’explique en détails le fin mot de la panne et son frère arrive dans la foulée pour former un trinôme plutôt agréable où pleins de sujets intéressants furent abordés, autours de quelques pétards (ça ne compte pas comme des clopes, non non, et je ne détiens rien en ma possession m’sieur l’agent) et d’une petite bière. Plutôt bon pour redescendre en pression et se sentir réconfortée au-dedans, comme au-dehors. Finalement, mes 2 colocs-temporaires et moi sommes en mode Expérimentation pour tenter de gérer un ballon d’eau chaude aux paramètres très flous voir inconnus, par un ajustement de la variable Température qui, trop dosée, provoquerait un éclatement du ballon qui se trouve, je le précise, juste derrière ma tête de lit. D’ailleurs pour l’anecdote dont je ne pourrai préciser l’exactitude puisque c’est moi qui la rapporte : la panne est liée à la sonde du thermostat qui a fiiiizz flashé et qui a provoqué un court-circuit ; mais non un court-circuit « franc » puisque c’est le disjoncteur différentiel qui a sauté, bref, face à mon ignorance, Jeff me précise que c’est une sécurité pour « protéger l’humain », éviter qu’il ne se prenne une grosse châtaigne. Merci le différentiel, ou peut-être la pleine lune qui était pourtant invisible ce jour-là, ou la décision de travail sur ma volonté qui m’a amenée à mener de front plusieurs paramètres à caractère négatif pour les transformer à ma manière en quelque chose d’intimement positif. Je l’espère en tout cas, c’est l’impulsion que je veux me donner en écrivant ces lignes.