vendredi 4 octobre 2019

La Boîte à musique


Il était une foi, un très beau prince qui habitait un château. Il y vivait seul et n’avait aucun ami à qui se confier. Une jeune fille se promenant dans la forêt, s’égara d’un chemin et arriva à proximité de ce château.
-        
           « comme il est beau ! » s’exclame-t-elle.
« à qui donc peut-il appartenir ? »

La curiosité l’emporta à s’approcher et frapper à la porte. Elle tendit l’oreille.. Rien... Ce château semblait désert et inhabité. Elle ne résista pas à pousser la grande porte qui s’ouvrit sans un bruit, comme si le Silence régnait en maître ici. Rentrée à l’intérieur, tout était sombre avec nulle âme qui vivait. Elle inspecta plusieurs pièces où tout semblait posé là, placé à l’abandon. Elle se dirigea alors vers la bibliothèque car une étrange lueur transperçait sous la porte. Après qu’elle l’ait ouverte sans un son, la lumière d’un puissant feu de cheminée envahit tout l’espace. 

Un homme était assis dans un fauteuil, plongé dans la lecture d’un livre étrange. Il ne remarqua pas sa présence alors elle se plaça dans un coin de la pièce pour mieux l’observer.
Le reflet du feu dansait dans ses pupilles qui courraient sur les lignes et motifs de ce Livre. Son visage avait une couleur dorée et flamboyante. Il semblait absorber la lumière de la pièce. La jeune fille était subjuguée par ce qu’elle voyait. N’avait-elle pas déjà vu d’homme si beau auparavant ?
Celui-là était pourtant différent, une autre lumière brillait en lui et autour de lui. Ce feu était sacré.

-          « comme il est beau ! «  s’exclame-t-elle.
« qui est donc ce jeune homme ? »

Tandis qu’elle l’observait ainsi, enflammant son esprit de questions sans réponse, elle se sentait aimantée à cette personne qui captait toute son attention. Le Temps n’existait plus. Son corps se mit à avancer sans qu’elle ne s’en rende compte et un grand bruit se fit entendre. Une des lattes du plancher avait craqué et explosé tout l’espace-temps. Son cœur arrêta de battre.

-          « qui est là ? » demanda le prince.

La jeune fille retenait son souffle, n’osant prononcer un mot, elle ne bougea plus. Une profonde peur se mit à l’envahir et lui glacer le corps, faisant trembler son ventre et serrer sa gorge.

-          « qui est là ? » répéta le prince.

Elle ne put rester plus longtemps dans cette position alors elle entreprit d’une petite voix :

-          « c’est moi, c’est personne, excusez-moi.. je me suis perdue et je cherchais de l’aide pour demander ma route.. alors je suis entrée »

La jeune femme était interdite, n’osant relever les yeux vers le Prince. Il se leva alors de son fauteuil et s’avança vers elle.  La peur l’assaillait tellement qu’elle aurait voulu se changer en une petite souris pour ne plus supporter sa propre présence. Celle de cet homme prenait tellement de place qu’elle souhaitait se réfugier dans un tout petit espace. Plus il se rapprochait, plus elle rapetissait.. jusqu’à ce qu’il arrête d’avancer.

-          « qui que tu sois, sors de l’ombre car cela fait bien longtemps que personne n’était rentré dans ce château. Autant de temps que je n’avais parlé à personne. Approche, que je te vois ! »

La jeune fille était dans un profond trouble. De puissantes forces contraires assaillaient tout son Être et l’empêchaient de réfléchir. Les peurs et les désirs de s’approcher s’affrontaient en elle, provoquant beaucoup de tourments et d’anéantissements. La peur lui interdisait tout mouvement alors que l’irrésistible force du cœur la poussait en avant. Elle se retrouva coupée en deux. Ses membres ne répondaient plus à son esprit.. mais avait-elle déjà demandé quoi que ce soit par son esprit ?
-        
   « as-tu peur de moi ? » finit par demander le Prince.

Elle reprit alors ses esprits et rassembla ses forces pour aller chercher cette réponse à apporter. Qu’est ce qui lui faisait le + peur ? Elle pensa directement à son père, cette figure de colère qui lui fit tant de mal, qui l’aima si mal, si bien que son cœur se fendit en 1000 morceaux. Cette peine retrouvée encore et toujours dans sa vie, finissait de piétiner ce qui restait de son cœur. Devoir aimer un homme fait tellement mal.
Face au Prince, tous ces fragments d’âme se sont mis à vibrer si forts, que ceux-là rentraient dans sa chaire jusqu’à ses os, lui rappelant la douleur de l’amour. Comment cet homme pouvait lui rappeler tous ses amours perdus ? Ces poids devenus chaînes qui pesaient si lourdement en elle. Son cœur meurtri priait qu’on le répare à présent pour redevenir entier.  Ce désir d’union n’avait jamais été aussi puissant et faisait vibrer l’amour autant que l’âme qui exprimait sa douloureuse présence au corps. Elle ne pouvait lutter contre ça. Toute cette énergie était incroyablement dense dans la matière et écrasait tout ce qu’elle avait pu contenir jusque là.

Soudain, des fragments qu’elle pensait dissous reprirent contact avec les autres et commencèrent à se reconstituer. Ils se soudèrent ensemble, générant une surface de plus en plus grande et lisse. Sans aspérité et d’une douceur jamais ressentie. La jeune femme prit conscience de son corps qui était animé d’un mouvement intérieur, lui montrant un chemin sans regard, juste sensation intérieure. Petit à petit, son attention se détourna du Prince et écouta  quelle petite révolution préparait la voix de l’intérieur. Elle demandait la liberté, le mouvement ! Elle demandait qu’on l’écoute et qu’on la suive sur le chemin de la Guérison car un puissant pouvoir sommeille ici et demande à être réveillé.

Sentant qu’elle voulait prendre part à celle-là, la jeune femme posa son esprit sur la pointe de lumière en son sein et attendit qu’elle prenne vie en mouvements. La paix commença à s’installer progressivement de l’intérieur car plus elle faisait silence, plus la Lumière pénétrait ses profondeurs et montrait la voie à la jeune femme. Celle qui débarrasse des peurs, des doutes, de l’oubli et de la douleur. Progressivement, elle se dégageait de l’emprise entêtante du Prince pour poser enfin le regard sur la chose la plus précieuse de sa Vie : son cœur qui naissait à nouveau des cendres du précédent. Son âme, son corps et son esprit dirigés vers le même joyau guérissait son Être et ses mémoires.

Son corps réparé réussit à faire son premier pas. Elle se releva dans la Lumière qui lui brulait les yeux, inondée de chaleur et vit le Prince qui se tenait là, grand devant elle. Elle progressait lentement en gardant un bras devant ses yeux pour se cacher du puissant soleil qui brillait face à elle. En lui souriant, il prit ses mains et les joignit entre les siennes. Une fusion de l’Unique se produisit. Cet homme, par sa présence, lui avait permis de lever les obstacles qui la maintenaient brisée en son corps. Toute cette énergie sombre absorbée par le néant commençait à remonter à la surface de sa conscience. Les noires peurs s’en allèrent et elle pu à son tour lui sourire. Il demanda d’une voix musicale :

-          « veux-tu être mon amie ? »

Chant n’était plus doux à son cœur qui résonnait désormais sans filtre ni fausse note. Elle fut submergée par la réponse de son corps qui lui transmit une émotion de Joie et de plaisir d’avoir trouvé un si bel ami, avec qui elle promettait rester pour toujours.

Ainsi, le Roi et la Reine reprirent leur Trône et le château reprit vit. Les ménestrels et troubadours vinrent à nouveau amuser le peuple qui vivait heureux. Les jeux et les banquets animaient les esprits libres et audacieux. Il faisait bon vivre dans cet endroit.

Le Roi et la Reine vécurent heureux.. et firent beaucoup de projets !




samedi 30 mars 2019

Incarnation Volontaire de Grandir


Tout commence enfin à transparaître..
A force de découdre les mailles du costume, les contours du tissage relève mieux les pans de mon existence.
A 18 ans.. éprise de liberté.. une pulsion de vie tellement forte.. comme une bête sauvage relâchée dans un monde nouveau, inconnu. Inadaptée.. blessée.. enragée.

Ce 11/09/2001, jour où j’emménageais dans cette cité U, suffisamment loin de mes parents.. ce jour de Liberté où la terreur était mondiale. De mes envies et désirs, mes expériences de Vie ont bien vite déchanté le jour où je n’ai pu faire autrement que constater que j’étais enceinte. Impossible.. impossible.. ce n’est pas possible. Je refuse cette réalité ; elle n’est pas. Alors quand on m’annonçât qu’il était trop tard pour avorter en France, tout s’est écroulé. L’effondrement de ma tour a commencé ce jour, au printemps 2002..
Cette implosion a produit une faille qui a commencé à aspirer mon passage à l’âge adulte ainsi que toute ma construction et ma place de femme à venir. Majeure.. problème majeur.

J’ai très peu de souvenirs de la suite.. la douleur.. les pleurs.. le déni, l’angoisse, la peur.. la terreur. La Hollande, le réveil en salle d’anesthésie, l’attente du retour de mes deux amies sur le banc du jardin de l’hôpital, le retour chez mes parents la même journée sans rien dire à personne.. Fini ; tout cela était fini, nous n’en reparlerons jamais plus.. jamais.

Ce jour-là j’ai bâillonné une partie de moi, une part spirituelle qui cherchait le pardon d’avoir tué la Vie, d’avoir était la jeune fille qui a choisi la Mort et qui ne reviendra pas. Cette part a grandi dans l’Ombre, poussant ma chaire, atrophiant la circulation de la vie intérieure.
La jeune fille et la mort dans son + bel écrin.. l’âme hors du temps qui attend la fin de l’errance. Ma présence n’était qu’apparence, mon âme descendant aux enfers maintenu juste au bout du fil.. Allo ? Allo ?

L’entaille entre ma Nature blessée et mon visage n’a cessé de grandir, dissociant mes corps subtils. Tiens.. une demi paralysie du visage.. à droite déjà.. il est comment, ton masque à toi ?.. Heureux les fêlés..

Crise de psoriasis plus tard, c’est dire combien la frontière maintenant ces 2 sphères était menacée. Combien de temps encore tenir ce rôle de souffrances parfaitement refoulées ?
Arrive le coup de grâce ce 04/04/2015. La voilà enfin sortie, cette énergie noire ! la matière sombre se met à aspirer ma chaire, mes centres d’énergie, mes nerfs, les méridiens.. trous noirs supermassifs entraînant les contenus conscients au fond de l’abysse infernal.

Tout s’est inversé, pendulant entre les deux opposés d’un même centre. En colère j’étais impassible, en tristesse j’étais souriante.. heureusement avec la peur, j’étais courageuse et la force ma venait de cette sourde envie de faire éclater ma vérité et que tout changerait après ça. Ah Papa.. né d’un Joseph et d’une Marie, ça ne s’invente pas !

Mais revenons à ma part de jeune fille morbide qui ne s’est jamais pardonnée d’avoir choisi d’ôter la Vie d’une part de moi, innocemment innocente. Je n’étais pas prête à affronter les terribles mots dont je me serais affublée. J’en avais bien trop dans mon répertoire et rien dans celui de pardonner. Je me serais haïe, peut-être n’aurais-je pas pu continuer à vivre.

J’ai refilé le bébé à mon IC qui l’a nourrit dans mon ventre, jusqu’à ce qu’il naisse au grand jour XIII ans après et qui, je l’espère, va monter dans la Lumière d’ici quelques jours, XVII ans plus tard.. retour à la Source, belle âme ! Lui dire adieu et marquer la fin de l’errance.

Tout a du sens maintenant. Ces pensées morbides à l’œuvre chaque matin, couvrant ma tête de sa sombre voilette, cet immobilisme face à la vie qui déroule. L’oppression qui fait redouter chaque interaction avec un autre de mon espèce. La désolation de voir mourir tout ce que j’avais commencé à faire pousser. Mes pas mal assurés qui tremblent à l’idée de s’effondrer. Cet état d’anéantissement à la pensée de mourir lorsque j’avais sept ans, l’âge de « raisonner ». Sans doute vivais-je là l’expérience du fœtus reparti trop tôt dans le flot de la Vie, à l’Univers.

Mon manque d’affirmation et d’implication avec mon entourage, les mecs qui ont partagé mon lit.. bien trop nombreux pour ne pas sentir combien ce manque d’Amour n’a jamais été assouvi. Mon corps, trahi, ne prenait plus part à l’acte sexuel ; je me désintéressais de plus en plus à mon physique et enfin j’ai commencé l’auto-destruction (radikal mon kommandant !). Mon corps morcelé accumulait les répétitions de cette danse macabre, moi qui adore danser.. !

Pourquoi être femme pour devenir Mère ? La pire mère qui soit au Monde ne devrait jamais venir au Monde. Je me suis tue d’un poignard dans le ventre et Hadès est venu ravir ma jeunesse. Perséphone qui n’aurait jamais du revoir le jour si sa mère ne s’était sacrifiée à la chercher, jusqu’à affamer la terre qui naquit de ses pouvoirs. Sa haine contre le sexe masculin n’avait pas de limite et son seul but était de retrouver sa fille, la chaire de sa chaire.

Perséphone a fermé ses yeux sur le Monde d’en haut, son Être s’est lentement inversé dans la descente du Monde d’en Bas. Métamorphose des profondeurs. Elle s’est drapée de son suaire et l’a fortement enroulée autour de son corps.. chaque nœud méticuleusement ajusté pour ne pas se défaire, elle se mit à tisser jusqu’à nouvel ordre. Ô combien  je me suis associée avec Elle, combien j’ai eu peur de sombrer dans le chaos ! « Il était un petit navire.. il était un petit navire.. qui n’avais ja-ja-jamais navigué »..

Pardon mon Cœur, pardon.. pour cette couronne d’épines blessant de paroles si dures envers toi. Tu voulais être libre, ô combien libre.. sans entrave, ni chaine.. tu as croisé le fer d’Arès, roi de la guerre, dont seule Aphrodite pouvait adoucir les brûlures infligées par ses flammes. Et toi, Cupidon, pourquoi es-tu si douloureux ? Pourquoi ai-je si peur de toi ? C’est à travers toi que j’ai posé mes yeux sur un être si sombre et mystérieux. Toutes ces énergies qui ont été libérées, incroyablement fortes ! Ici se trouve un point quantique où je supporte « qu’il est là » et « qu’il n’est pas là » en même temps. Assez fort venant d’une personne qui ne voit qu’en noir et blanc (pas besoin de préciser les quantités.. !)

Qu’il est dur d’aller sonder sa nature intérieure quand rien ne filtre à la conscience et qu’Ariane a emmêlée toute sa bobine de fil. ! J’ai du apprendre à lire la cartographie des lieux grâce à une énergie qui remonte des profondeurs et dilate l’espace-temps de ma réalité. Elle me guide où passer, moi qui suis aveugle dans les méandres de mon corps. Ce mince fil qu’avait retenu mon âme.. l’âme agit enfin..

Pardon mon Âme, pardon.. de t’avoir enchainée entre deux parois si minuscules, dans cette position si inconfortable, m’aidant à comprendre qu’il fallait changer de chemin. Merci d’avoir allumé la Lumière (un peu fort, par contre.. ! ;) pour me transcender. Désolé de continuer à utiliser l’alternatif plutôt que le continu mais je te promets de continuer à avancer. C’est si dur de se détacher de ses puissants archétypes, leur pouvoir est immense. Heureusement certains m’aident à écoper et je me redresse au fur et à mesure. Lorsque la grand voile sera hissée, le souffle de vie me mènera vers l’expansion de mon Univers, mon Unité retrouvé. J’ai vraiment une compréhension très littérale des Textes, version original one !

Réunir ces deux mondes séparés où la jeune fille rejoint la Vie, respire, remercie, crée, danse, chante, jouit !

Parce que nous sommes tous grisés sous le ciel étoilé.. buvant à la source de Vie.


mardi 23 octobre 2018

Femme de l’Ombre


Petite mise au point comme un temps de suspension, cadencé par les derniers événements.

« sol si fa si la si ré », plus facile à dire qu’à faire : mon expérience d’aide à domicile a continué d’aspirer tout mon mental.. sans comprendre, j’avais besoin de trouver l’extrême limite de mon activité d’accompagnement à la personne. En nettoyant les tâches, je me disais nettoyer mon amour propre ; en discutant avec elle, je compilais les informations pour parfaire une connaissance humaine, parfois dans ses + vives peines ou ses profonds silences. Mon corps a plutôt trouvé l’expérience amusante et une petite voix est venue à mon secours pour empêcher la noyade et repêcher les idées égarées du Courage. Mais pouah que ce fut long, que le temps m’a compté !

Ma stratégie de bouger en Bretagne a explosé, j’ai regardé l’objectif et pas l’chemin, tsss ! J’ai même pas réfléchi une seule seconde à vrai dire, tout m’a semblé ordonné à me lancer dans cette formidable aventure avec l’ADMR (..y’a « Mer » !). Il faut dire que ce projet est né d’une énorme quantité d’énergie chaotique issue d’une pression très désagréable qui a fait éclore cette petite voix. L’envie de recomposer un environnement extérieur est une des fuites que je n’arrive pas à arranger en moi. Ça peut prendre du temps et des tours de pendule avant de trouver l’endroit qui nous correspond vraiment, alors qu’un aller sans retour à l’intérieur peut faire émerger du neuf.

Depuis cet accident qui m’a coupée en deux, mon rêve intérieur est de retrouver l’unité. Il y a moi et mon mental , embarqués sur un bateau depuis 35 ans, presqu’à l’arrêt, sans visibilité renouvelée et d’un coup.. ! Zooum, gros siphon qui emmène le bateau en spirales vers le fond : mon IC a trouvé moyen d’interagir avec moi. Même si j’aime bien l’image de l’iceberg conscient/inconscient, pour ma part c’est plutôt eau vide versus eau pression. Un trou noir d’où on ne sait pas comment ressort toute cette matière ! Le plan est totalement inconnu. Mon corps est littéralement aspiré de l’intérieur ; comme un effondrement sur lui-même. Diantre, le néant ! m’écriais-je. J’avais conscience du trop peu de souvenirs dans ma mémoire mais là, l’appel du monde souterrain a ouvert une porte gigantesque et l’appel d’air a été également impressionnant ! J’ai cru que le bateau allait mourir. En fait il s’est peut-être juste mis sur un flanc, une partie encore dans l’eau vide et l’autre sous pression. En l’occurrence mon masculin qui lutte pour sonder le terrain et ramener les infos à la surface. C’est sûr que toute mon attention est tournée vers ce curieux phénomène évolutif.

Pour le moment involutif puisque je suis dans l’obscurité à l’intérieur, la lumière du cœur n’arrivait pas à s’exprimer à moi, d’où mon incapacité à obtenir du contenu en hypnose. Rien ne filtrait puisque rien ne pouvait sortir. J’en fait une belle de boîte tupperware ! Pourquoi l’aspiration est si grande ? Pourquoi suis-je embarquée à ramener un filet si lourd capté par l’autre monde ? Mon ombre est-elle si imposante ? Quel est son message ? Duel chevalier noir et chevalier blanc, pour gagner une rose.
Cette ombre que je ne vois que lorsque le soleil est là. Elle me connait mieux que quiconque. Tant que je ne marche pas, je ne sais pas si mon ombre regarde devant ou derrière. C’est lorsque que je marche ou bouge les bras que je la fais évoluer, obliquer, grandir… seulement il me semble que mes jambes et mes bras appartiennent à mon ombre. La seule position est face à face contre terre pour être à égalité.. et se connecter à la racine… Salut Passeur, laisse-moi passer.

Ayant fini par accepter que mon corps est ma + belle ressource, je continue à suivre l’onde magique intérieure qui dénoue patiemment, chaque nœud ou morsure à l’intérieur de mon corps. Je dois vraiment être un vieil arbre pour avoir le tronc si noueux… ou bien un vieux cep de vigne (ce qui expliquerait plusieurs tendances.. ?!). Ou bien suis-je le serpent qui s’injecte son propre venin pour trouver le remède  à ses maux ? Mon mental galère à ne pas être sollicité pendant ces moments si intimes. Je me mets à bien l’entendre à mesure que j’arrive mieux à me parler. Mais bon.. une de ses bases se trouvant au goulot d’étranglement, il choisit ce qui passe et ce qui ne passe pas. Pour le moment j’ai la gorge qui se contracte comme pour annoncer le futur coup de grâce.

Il faut dire que la communication a toujours été bien refoulée vers l’intérieur, ça a créé une grosse motte d’étoupe et couper la circulation d’air entre le haut et le bas. Là-haut, ça c’est mis à drôlement chauffer et le bas s’est complètement refroidi.. ou bien est-ce l’inverse ?

Plus la libération du corps se fait sentir, plus les nœuds profondément ancrés émettent une chaleur douloureuse. Ça réchauffe la lumière du bout du tunnel mais la folie des ténèbres est bien présente. Je suis emmêlée dans mon propre tissu, comme un linceul dont je cherche à me dégager. Trop volatile pour être détectée avant, il a fallu de nombreuses fois dissoudre pour laisser apparaître cette opacité qui devient matière. Je souffre car elle m’emprisonne encore dans cette collante pâte à sel d’où il reste encore des mystères à lever. Alors mes lectures me renseignent sur cette voie à empreinter. Désapprendre, enlever cette culpabilité, ces émotions qui baignent mon cœur dans un trou noir. Apprendre à s’aimer et tout ce qui est autour de soi, tout ce qui nous arrive, tout un programme à connecter ! Est ce que ces milliards de neutrinos qui me transpercent chaque seconde pourraient m’informer sur cette voie neutre ? Est ce qu’ils peuvent aller au cœur du trou noir et ramener le message de l’information ? Que toute cette folie se transforme en sagesse, que je puisse remettre en mouvement mon bateau, que je sache où aller… du moins par quoi commencer.

Animus, mon animus, où es-tu mon Animus ? Isis a pu retrouver les morceaux du corps d’Osiris parti dans le royaume des Morts, Perséphone est devenue reine des Enfers durant la moitié de l’année, je cherche le moyen de t’aider, de te parler ! Quels sont encore tous les mystères que tu recèles ? Pour quoi veux-tu te battre ? Que veux-tu me transmettre ? Bon, je me suis mise au tir à l’arc pour me rapprocher de cet objectif.. mais est-ce suffisant ? ;). Chevalier blanc contre chevalier noir en quête de Lumière.

C’est comme si tout mon corps énergétique était à l’intérieur, enserré dans une coque étroite. Cette énergie sous pression a implosé comme une supernova et à créer un trou noir. Supernova à effondrement de cœur. La matière est de plus en plus dévorée, l’espace-temps réduit à un clou qui s’enfonce de plus en plus. L’extérieur se vide progressivement, toute l’eau est entraînée dans le monde souterrain. Cependant il reste quelques cordes en suspension, messagères de contenus plus subtils, me montrant le vide qui se crée, ce qu’il faut reconquérir dans mon cœur et dans mon corps. Un feu à transmuter pour que cesse cette étuve du corps et que le procédé puisse continuer.

Je suis née à la porte du Cancer mais il semble bien que je lutte contre un adversaire sombre et invisible, une jumelle maléfique qui voudrait anéantir ce qui est. Or c’est en elle que je trouverai ce joli souvenir qui m’appartient et recomposerai ma réalité telle que je suis. « Ais confiance, crois en moi.. ! »

 Je ressens au fond de moi une vibration incroyable, elle me fait peur, cependant elle est bien physique et elle m’appelle. Elle me demande de sortir du labyrinthe, de dénouer un par un les fils du métier à tisser après avoir vérifié l’ouvrage, enlever le voile de bandelettes, ôter le masque illusoire du sarcophage et ouvrir les yeux au langage ancestral, au langage du cœur. Comment aller au cœur du sanctuaire pour délivrer cette formidable énergie qui me consume ? Comment répandre les parfums de la Vie ? Comment créer la Vie, après la Mort ?

Alors je prête une oreille attentive aux rares événements extérieurs qui m’entourent, je reflète toutes ces facettes et je m’interroge, sur ce que veut me dire cette petite voix. Et quand j’aide ou accompagne, mon corps vibre agréablement à mesure qu’elle grandit et me parle à travers lui. Vais-je enfin trouver la paix dans cette reconstruction incroyable de ma psyché ? Paix, Sagesse et Voluptés.



mardi 7 août 2018

Le taon est venu


Je suis née le 22 juin 1983, à 5h15 à Paris XIIIIème. Deuxième fille à 2 ans d’écart de ma sœur ainée, Sophie. Il faudra attendre 7 années et un régime spécial Garçon pour que mon petit frère Olivier voie le jour. Mon père est Ingénieur ; c’est ce que j’écrivais sur les fiches de renseignements à chaque rentrée scolaire. Je ne savais pas ce que ça voulait dire. Bien des années plus tard, j’ai su qu’il concevait les plans de systèmes complexes des premières centrales nucléaires. Mère femme au foyer, anciennement secrétaire qui arrêta de travailler à ma naissance. Elle garda ce statut pour le restant de sa vie, ne se sentant pas capable de rattraper les compétences technologiques que son métier requérait. Une femme qui a assuré pleinement les tâches ménagères, culinaires et scolaires de ses enfants. Femme battue, femme humiliée, femme insultée, toujours aux mêmes heures, tous les jours. J’appris de mon père qu’il a très mal supporté de ne pas évoluer professionnellement à la hauteur de ses compétences. Toujours les moins bons qui avaient les promotions, toujours les autres qui avaient les mérites. Il travaillait la plupart du temps avec une équipe réduite, peu de personnes voulant être sous ses ordres. Lui qui portait si haut les valeurs du Travail, de l’Argent et du Labeur, ces valeurs qui l’ont rendu dur, intransigeant et hyperémotif. Sa soif de pouvoir mal étanchée, restait le nid familial auprès duquel il déversait sa haine contre la société, contre les profiteurs, contre les gens qui étaient tous des cons, contre.. voilà il était contre Tout et Tous. Même contre les personnes qui lui étaient soumises et sans défense et qui cherchaient à être aimées et sécurisées. Il me dit ne pas avoir eu le temps, voilà pourquoi a surgi la violence en lui. Il s'en est persuadé mais j'ai toujours du mal à accepter qu'il m'ait secouée dès mon berceau jusqu'à ce que je quitte son toit.
Jamais personne n’est venu partager notre table, parfois quelques membres de la famille mais il n’a jamais eu d’ami. Il me dit toujours avoir ses amis de Centrale avec lesquels ma mère continue à garder contact mais lui me dit qu’il ne recherche pas de lien social, avec personne.

Quelle horrible routine à laquelle j’ai assisté pendant les 18 années de ma vie : à l’écoute de ses pas dans l’entrée quand il rentrait du travail, qui déclenchait chez moi un stress immédiat, le voir rentrer dans la cuisine, prendre son Librax et regarder le courrier. Se mettre en pyjama et s’assoir à table. Attendre que ses premiers mots résonnent pour savoir de quelle humeur il était. Répondre à ses questions si jamais il m’en posait ou attendre que l’orage passe si sa colère ne nous laissait pas tranquille tout au long du repas.  Une fois terminé, il se levait sans débarasser une seule fois et se mettait devant les infos du soir. Fin de la journée. Les w-ends étaient encore + angoissants puisque vinrent les jours où je souhaitais sortir le samedi soir, où je me retrouvais de nombreuses fois à m’étouffer dans mes draps pour ne pas qu’il m’entende pleurer de déception suite à son refus. Je pleurais à en avoir mal à la tête, je pleurais des heures à en garder toutes les traces au matin, j’étais incapable de tenir tête à mon père alors j’écrivais des textes mortifères et désespérants. J’ai du m’enfuir une fois sans son consentement, où je me suis retrouvée à la porte de chez moi en pleine nuit. On ne désobéit pas à son père. Et ces dimanches sans fin où il exerçait mon intellect sur des problèmes de maths insurmontables, où je pleurais toutes les larmes de mon corps pour qu’il stoppe et priait l’arrivée de ma mère pour qu’elle mette fin à cette farce.

Dire qu’il ne se souvient plus de tout ça. Il n’a plus aucun souvenir de ces moments. Et moi je n’ai plus de souvenirs heureux de mon enfance. Que ceux d’évasion avec ma famille maternelle chaque été au bord de l’océan. Là j’étais heureuse. Mon père a arrêté de venir pendant ces vacances car la famille de ma mère était tous des cons… à mon + grand bonheur.

Toutes ces années ont nourri ma colère et ma peur. Qu’est ce qu’un Homme ? Qu’est ce qu’une Femme ? Qu’est ce que l’Amour ? J’essaie encore aujourd’hui de comprendre avec mon cerveau qui continue de se servir de ses bases pour élaborer sa propre pensée. Je me suis construite Contre mon père. J’ai cherché à déconstruire tous ces propos face au Monde, face aux gens. Je suis partie à l’autre bout du monde pour rechercher des gens à qui il n’aurait jamais lancé un regard et je me suis liée d’amitié avec eux. J’ai choisi l’agronomie tropicale pour qu’il ne soit plus sur mes traces à me rejouer les scènes traumatisantes de mon suivi scolaire. J’ai été jusqu’au Yémen pour rencontrer la « race » de gens dont il avait le + peur. Je me suis investie avec des sound system, une communauté dont il avait horreur et qu’il considérait comme des paumés. J’ai travaillé avec des personnes en situation de handicap lourd pour faire vivre ma fibre humaniste qu’il ne montrait absolument pas.

Je me suis construite à l’opposé de mon père et aujourd’hui, je me rends compte avec quelle force j’ai nourri mon ombre. Je me suis coupée de ma Nature intérieure. Chaque choix que j’ai fait était pour faire chier mon père.. à mon + grand désordre. Même si je n’ai jamais pu me confronter à lui, je ne voulais pas donner raison à ses noirs jugements et j’exerçais un profond contrôle sur moi pour ne pas changer d’attitude. C’était le seul sens à ma vie que j’avais puisque, voulant me  modeler à son image, j’avais perdu tous rêves, tous désirs, toutes envies personnelles et intimes. Je ne savais absolument pas ce que je voulais faire de ma vie et faire un choix personnel me terrifiait. Je souhaitais que son image de la réalité ne fasse jamais partie de moi. Cependant, elle est tombée dans mon Ombre et l’a incrustée si profondément qu’aujourd’hui je réalise avec douleur que je me suis leurrée, que sa projection du monde est en moi et qu’il faut que j’accepte et intègre cette partie que j’ai toujours rejetée.

Je suis aujourd’hui en proie à de grandes peurs, une oppression qui grandit depuis le jour de mes 35 ans. Je me sens si fragile et vulnérable au point que sortir de chez moi est une violence. J’ai des taons autour de chez moi, énormes, agressifs. Toujours là au moment où j’ouvre ma porte, il me mette dans une profonde insécurité. La Nature m’exprime avec force à quel point je me suis éloignée de la mienne. Lui manquait de Temps, le mien s'arrête chez moi. J’ai nourri un penchant de supériorité, oubliant que je suis un animal, rien de moins, rien de plus. J’ai placé mon travail sous l’égide du Social et de l’Aide à la personne mais j’étais incapable d’aider quelqu’un dans ma vie privée. Incapable de jouer de la musique devant une autre personne, plaidant l’intimité de mon jardin secret mais sans doute incapable de supporter une critique. J’ai collectionné et aussitôt jeté mes conquêtes d’un soir pour me rendre compte à quel point j’ai peur des Hommes et que je ne supporte pas d’être une Femme. Je me suis tellement trahie et simulé prendre du plaisir que j’en ai paumé mon énergie sexuelle. Je me suis dégoûtée quand j'ai piqué des colères interminables contre ma chienne qui est si adorable et aimante. Que de mensonges et de culpabilité pour garder une face sociale qui ne correspond en rien à ce que je suis à l’intérieur ... mais qui suis-je..?

J’ai tellement de violence et d’agressivité en moi que je me suis reversée cette haine en mon cœur et j’ai serré si fort que désormais je suis coupée en deux. J’en reviens toujours à jouer la partition neuronale de ce père triste, sans vie et coupé du Monde. Le sombre est partout autour de moi et en moi. Pourtant quelque chose est là pour me forcer à sortir, chaque jour, avec violence mais qui irrésistiblement me pousse à ne pas rester cloîtrer chez moi.

Petite voix du cœur, parle moi, fais toi entendre ! Rappelle moi combien la Vie est belle, douce et bonne ! Nourris moi de ta sagesse, de ta bonté, de ta tendresse. Fais moi sourire et rire, redonne moi l’envie et le désir de raccrocher mes rêves ! Délie moi les bras et prends ma main sur ce chemin si épineux, ramène moi sur celui qui est doux à la vue et au toucher. Ravive en moi les plaisirs et la joie qui donnent la Force et l’Amour. Je t’appelle du plus profond de ma prison pour que tu viennes à mon secours car j’ai vraiment peur de ne plus sortir de ces ténèbres. Brille mon joli cœur, brille avec moi et je t’écouterai parler pendant des heures, je te laisserai toute la place pour me sentir enfin au calme et en sécurité. Je suis prête, je cherche ta présence, je t’en prie viens et ouvre moi.



lundi 23 avril 2018

Ma chaire est tendre


J’ai toujours trouvé mon père comme étant le pire juge du monde Humain. Je crois désormais qu’il est celui que l’on nomme le juge des Enfers : Hadès n’est autre que mon Père, mon géniteur dans ce monde. La séance de médecine symbolique me l’a confirmée : malgré tout ce temps je reste aimantée à ce père, qui m’a enlevée du Monde pour me conduire dans le sien : ce monde noir où tout est infernal et où l’on ne communique avec personne de vivant. Je suis Perséphone, enlevée par le seigneur des ténèbres, envahie par la peur de ne plus revoir le jour. 
Le fruit défendu est le fruit de l’amour filial que je lui porte et c’est ainsi que je reste prisonnière de son monde et qu’à chaque nouveau printemps, je tente désespérément de revenir à la surface. 
Merci Virgile, mon hermite resté là à mes côtés pendant tout ce temps de reconnaissance. Je souhaite désormais retrouver mon cher Père, l’authentique, le véritable, celui qui m’a créée. Je souhaite plus que tout le revoir désormais !
Si je suis Perséphone, lorsque je sortirai de ma coquille, que j'aurai remis la dérive de cette coque pour me guider vers l'océan qui fait des vagues, lorsque je serai Femme : je connaîtrai tout de ce monde souterrain, je pourrai ouvrir les yeux de quiconque se trouve sur ses sentiers, je pourrai l’aider à revoir le jour comme je suis en train de le faire. 
Ô lumière, je t’en prie, reviens à mes yeux et soulève ce voile spectral dont je suis recouverte.

dimanche 17 décembre 2017

Fumée au bois de l’Être

Je remonte la rivière, j’essaie de trouver une berge sur laquelle me hisser. Je ne sais pas quel espace j’y trouverai mais je dois amener mon corps à s’élever de la surface profonde et inconsciente de l’eau qui m’a inondée. Ma respiration est toujours difficile, il faut dire que mes végétations ont été sauvagement déracinées à 3 ans par des savants qui n’avaient pas même pris connaissance de bien m’endormir.

C’est peut-être là qu’est née la peur de mourir.. ou bien était-ce quand mon père, trop angoissé à l'idée de me voir tomber malade lorsque je me découvrais dans mon lit, entreprit de m'attacher quelque temps à mon sommier, histoire d'avoir la paix de l'Esprit. "Une impératrice pendue à son lit..."
Ou bien est-ce plus tard à 7 ans, l’âge de raison, où la Mort est venue me saisir dans mon lit en insinuant des situations de vide, de perte et de néant. Ou bien, suis-je née de manière à ce que ma conception et les 18 mois qui préfigurent ma naissance tombent soit en solstice soit en équinoxe.. manque celui du printemps.. de la Nature qui renaît à nouveau. Jeune fille face à la Mort, obligée de devenir adulte, sans connaissance du rituel à effectuer pour hisser mon corps dans cette nouvelle enveloppe. Cette année 2002 a marqué le dernier coup d'arrêt à mon passage à l'âge adulte. Et voilà, 13 équinoxes de printemps + tard, la veille de Pâques 2015, me voici crucifiée un beau jour de pleine lune.

Je me sens diluée dans une mémoire collective, je deviens de + en + sensible aux énergies des idées, aux mouvements qu’elles ont sur moi, physiquement et mentalement. J’étends mon intention au-delà de la sensation, je cherche à accompagner le mouvement de cette conscience intérieure qui décolle patiemment les feuillets du livre que je suis. Il y a tellement d’endroits où je suis passée pour repousser cette matière sombre intérieure ou bien  décaler son orientation pour qu’elle se tourne vers cette invisible lumière.. que toutes ces fêlures servent de passage à explorer plus loin les profondeurs ; cette caverne au multiples portes qui cherchent à communiquer, à réunir. 
Je porte bien un fardeau sur le côté droit, ces douleurs auprès de qui je passe beaucoup de mon temps chaque jour. Elles me renforcent car elles offrent des résultats à mon labeur et elles me dévoilent  l’amplitude infinie du travail qui reste à faire.

Qui suis-je pour aller chercher le Reiki, l’outil le + invisible qui soit ? Tellement invisible pour la malvoyante que je suis, que je m’adapte parfaitement à ses exigences kinesthésiques.. parfois je me dis que cette allégorie de la Caverne de Platon correspond parfaitement à une partie de moi, coincée dans une vision macabre de la Vie et des Humains, au cœur de l’endroit le + sombre de l’univers, où la lumière ne ressort même pas..  et les jours suivants je jubile de recevoir autant de bien-être de l’Univers, je me sens privilégiée de pouvoir offrir au Monde ce cadeau de liberté qui éclot au cœur de moi-même. 
Je reprends connaissance des morceaux de puzzle qui me composent, les parts se font de + en + élargies, je ressens cette impatience de vouloir l’œuvre achevée ; je ne sais si j’aurai une vision intérieure mais la réalité n’a de boucle que de l’autre côté ; et si je ne puis de l’un, je l’aurai de l’autre..

Je suis une inclassable, une Excuse ou bien une exception à une règle encore fumeuse à mon unique sens. Je crois que mon libre-arbitre ne se fera que par l’intuition et l’intelligence, saupoudré de patience ; je laisse tomber les modèles établis, ça m’agace-ça m’emmerde ! Pourrais-je alors stopper cette sensation d’avoir les ailes coupées et paumé ma sexualité ? Inverser le pan du voile pour que l'ombre devienne lumière et balance les blancs ? ...