« Signe avec ton sang que je
te soigne ». Voilà une phrase pleine de sens que l’on peut lire au cours d’une
histoire fantasmatique ! Qui n’a pas envie de mettre un terme à ses
souffrances et être guéri ? Qui ne réclame pas sa part de bonheur qui lui
a été volé par quelqu’un d’autre ? Oui mais qui accepterait cette
proposition du sang ? Souffrir pour être sauvé, ça me rappelle vaguement
une histoire apprise les bras en croix..
Je n’ai pas vraiment eu d’autre
choix que d’ouvrir mes veines pour rechercher les racines de mes émotions et
névroses survoltées. En me tenant à l’écart de la Vie, elle a noué pour moi les
noyaux de joyaux dans de gigantesques et effrayants paquets cadeaux. Puisque l’enfant
que je suis ne souhaitait pas les ouvrir, ce sont les paquets qui sont venus à
moi. En témoigne mon accident du 04/04/2015, une date en plein phare pour sonner
le départ de la quête de Soi ! Je recevais ce jour là, les bras grand
ouverts, un énorme carton qui servit à confectionner le buste d’un robot géant.
Avé Toutenkarton, mon géant de papier ! Foudroyée en plein cœur par mon
propre feu intérieur, je me suis retrouvée brisée, chiffonnée et jetée à terre
comme un pantin que l’on ne veut plus. Tous les fils que le retenait se sont
recroquemortifiés dans ma chaire, paniqués
et fuyant le contact des substances entre elles. Ce jour là, je me suis dit que
la muse ment était finie.
Je n’ai donc eu d’autres choix
que de partir à la recherche de ces cadeaux dont les rubans maintenaient les
paquets les uns aux autres et qui avaient subi des torsions et des nœuds indescriptibles.
Pas d’autre choix que de me tourner désormais vers ce mot tabou : l’Inconscient.
Mon père est un magnifique cas d’école
du pur déni de l’existence de l’inconscient. Le prononcer le faisait bondir hors de sa boite et soufflait une colère impressionnante à tout ce qui
était attaché à ce mot. Voulant maîtriser tout son environnement en rejetant sa
nature intérieure, il a développé un automatisme de contrôle sadique de tout ce
qui lui appartenait. Il projetait son identité dans les objets, insufflait son
contenu mental quitte à violer et dégrader l’espace qu’il investissait car
jamais personne ne lui fera quitter son trône. Après toutes ces années où je l’ai
observé sans comprendre, je me dis désormais que son anima l’a entièrement
envahit, lui, qui avait tellllement d’estime pour les femmes… Je l’ai
nommée Méduse, en hommage à celle qui transformait en pierre quiconque la
regardait. Mon père s’appelant Jean-Pierre, ce n’est donc pas un hasard qu’il m’ait
appelé Cécile car l’amour que je lui portais m’a bel et bien aveuglé. L’Œdipe que
j’étais s’est donc complètement figé à mesure que je devais récupérer les
caractéristiques de ma mère pour le séduire. Voilà, bloquée au stade oral,
psychiquement, sexuellement ; mes pulsions ramenées à un stade inférieur à
la vie, au repos éternel.
Alors passons aux attributs de ma
mère qui ont constitué également mon développement ! Une femme très croyante
vivant le martyre. Sacrifiant sa vie pour son couple et ses enfants, dans l’attente
passive qu’on lui en offre une autre. Un quotidien fait de pleurs, de cris
hystériques, j’ai même cru qu’elle allait quitter la scène plus tôt que prévu
mais hé.. pas con.. On ne peut pas finir Et martyre Et suicidée ! Bonne
présence de l’esprit ! J’ai donc endossé également la culpabilité de cette
femme plaintive et tout son florilège de croyances chrétiennes sur le statut de
la femme. Allez, hOp, dans l’œuf deep qui se recroqueville dans sa coquille, détournant
son visage pour ne plus voir cette réalité. Plus la vie s’éloignait, plus mon
ombre grandissait ; le soleil s’est couché, il n’y a plus que la lune à
crier aux loups pour qu’ils sortent de sous mon lit.
Je nourrissais royalement mon
Ombre : je projetais tout ce que je détestais en mon père car il était
hors de question que je devienne comme lui. En effet, je ne me posais aucune
question car le flot d’émotions ne permettait plus aux informations d’être
correctement traitées et toutes mes connexions se sont figées sur un mode
automatique et primitif de survie. Qui a un déchausse-tête pour enlever leurs
empreintes de ma tête ? Une grande lame ferait l’affaire ; avec nos
sangs entremêlés, j’ai signé ce pacte.
Revenons à nos colis éparpillés
dans ma Nature. Grâce au Reiki, je démêle les nœuds, redonne à mon trou noir de
corps l’énergie haute fréquence qui tire la matière hors de sa basse
compression. C’est encore douloureux mais je deviens une version de moi que je
n’ai jamais été. J’ai arrêté de me comparer avec l’ancien moi car tout n’est plus
noir ou blanc et la manifestation de nouvelles teintes m’a fait comprendre qu’il
y avait une partie de moi qui avait été fauchée. Cela a dépétrifié quelques
complexes de l’enfance qui ont pu migrer comme des bulles à la surface et pour
une fois, le diable, par son impatience, m’a propulsé sur tous ces paquets pour
les ouvrir avidement. Au début, je n’arrivais pas à les ouvrir car « ne
pas voir, c’est ne pas croire ! » (dédicace papa). Faire confiance à
son ressenti refoulé depuis toutes ces années, c’est comme plonger dans une
marmite bouillante et glacée en même temps. Reconnaitre et apprivoiser cette
colère m’a pris du temps et lorsque j’ai senti enfin l’obstacle sous l’épais
nuage, j’ai reçu les résultats de mes recherches. Je suis seulement aveuglée,
le reste demandait juste à être mis sur la bonne fréquence de réception.
Il y a ce moment intérieur ou l’imagination
s’active au dialogue qu’il faut déchiffrer et le moment par lequel mettre en œuvre
à l’extérieur ces apprentissages. La dissociation longue durée et l’absence de
réminiscences de rêves peinent ma conscience morcelée et en proie au doute, à
intégrer ces messages. Mais je sais qu’ils les renforcent jusqu’à ce qu’ils s’impriment.
« Envoyez c’est pesé ! »
J’ai donc pu entrer en contact
avec mon Ombre, qui d’ailleurs a un fort sens de l’humour (noir évidemment)
quand elle me répond que pensant n’être jamais à la hauteur, elle m’a collée le
vertige. Mouarf ! Elle est attachante.. enfin elle s’est attachée d’abord
à mon foie puis a migré grassement dans d’autres organes et centres vitaux, une
belle matière noire en action qui annihile tout sur son passage.. et BIM !
c’est l’implosion de rêvolution. Enrobée de cette masse sombre, j’ai entendu la
voix de mon fidèle médiateur qui sert de transistor à celle de mon ombre :
mon Jean-Conscient qui ouvre la porte de leurs paroles à ma conscience. C’est
donc le début de la quête aux trésors enfouis. Mes projections, mes transferts
sur les gens ne sont pas des ressentis nouveaux que j’éprouve en leur présence
mais bien la redite de mes émotions refoulées qui jouent et rejouent le même
air sur un thème différent mais qui soulèvent toujours les mêmes pierres, le
point de racine originel : l’amour volé et repris par la haine, la
possession par la domination, le protectionnisme maladif du mental, la fuite compulsive de la réalité, le refus d’idées
ou de comportements non moraux, l’immaturité psychique et sexuelle, la
dépendance affective et sa lourde charge portée par le corps d’une femme, l’énorme
colère liée à l’enfance et la rigidité mentale qui en découle… liste bien sûre
non exhaustive, je n’ai pas encore pu déchiffrer tous les contenus mais j’ai un
formidable jeu de cartes qui m’aide à ouvrir la voie entre ombre et lumière. Je
détiens certains messages sans avoir encore ouverts tous les cadeaux. Vivement
Noël !
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