Nom : Alix Caecilius de la famille des Lithodidae
Née le : 22 juin 1983 à 5h15 – Paris (XIIIIème)
Age : 34 ans
Cause du décès : mort par naissance
J'ai pris possession de ce corps à ma naissance, auquel je me suis accrochée désespérément durant mes
années infantiles, pétrifiée par le mauvais rôle de ce spectacle du destin. Sans
doute ai-je enfoncé mon esprit comme des aiguilles dans ma chaire pour capter
la moindre variation de l’environnement extérieur qui amènerait à devoir fuir
ou .. mourir ? Toute mon attention dirigée vers l’extérieur, baignée dans
la non-expérience, ça fait du temps d’observation ! Vouloir se situer
ailleurs que le monde extérieur, éprouver l’enveloppe extérieure de l’intérieur
sans oser regarder ce qu’elle contient.. Bien trop de mots ont résonné au fond de
mes tympans qui les ont matérialisé en maux très concrets, bien dans la matière
que je suis. Des petites capsules au cœur trou noir, enfoncées une à une dans
des endroits bien précis que je recherche méthodiquement, afin de récupérer le
cœur de la matière noire et la ramener dans mon plan de réalité. C’est comme
enlever les clous d’une tapisserie en cuir usé, les redresser pour la retendre
à nouveau.
La suite de l’explication plonge
dans l’inconscient. Je bouge en EMC comme un serpent charmé par une douce
musique. Constamment déséquilibrée et ramenée à un pont d’équilibre qui
s’échappe à chaque reprise, qui tourne comme une roue sur un carrefour, ça
décoiffe constamment une couronne sur la tête ! Cependant il y a une forte
corrélation logos – mouvements, je dois donc chercher cette fameuse musique qui
éveille le serpent et le fait se mouvoir vers cette source de vie. Je la sens
cette musique, mon corps-mon instrument.. Un souffle de vie qui anime le corps
selon les couleurs qu’on lui annonce.. pour ma part je crois qu’on m’a pété le
pot de noir en pleine figure. Ça a pris un certains temps pour retirer toute
cette peinture, par delà un sommeil profond où la lune est claire, détournée de la lumière du jour au maximum, toutes
ouvertures fermées ! Et puis quand l’heure fut arrivée, c’est comme si l’arbitre
avait fait de moi sa cible, tirée en son coeur. Se flinguer tout le côté Action
avant de démarrer la course, ça fait l’effet d’un cheval qui a raté une
haie.. ! Donc là j’en suis aux étirements, échauffements, remise en route
des rouages de la machine, malgré que certains canaux manquent encore à
l’écoulement total du réseau. Je me sens comme un flamby à une bulle d’air de
se démouler ! Il me manque encore quelques pensées pour aider mes
paupières à se relever.
Je me demande encore si mes deux
yeux sont fonctionnels, si je les ai perdus dans une ancienne bataille, arrachés
et jetés dans un fleuve.. ou si j’ai pu les livrer à Méduse, cette femme
désabusée par la colère, qui a attisé de nombreux torts et torsions quand je
pestais sur cette Vie qui m’avait parachuté dans cette famille. J’ai serré très
fort les dents pour ne plus sentir les accès de fièvre dans lequel me mettait
la vie face à ses situations que je repoussais constamment. Ce fut la gorge qui
se ferma après et enfin le cœur.. PAF, tout a pété chef !
Je ressens l’étreinte de 2
serpents le long de ma colonne verticale. De la racine jusqu’au diaphragme, ces 2 reptiles sont
fortement entrelacés et torsadés jusqu’au plexus : 1er sas de
compression totalement hermétique à celui supérieur. Module de survie
verrouillé. Puis du plexus à la gorge, un des serpents a passé son étreinte
sous mon épaule droite me faisant une clé de bras en serrant par la clavicule
gauche. Il logeait ses griffes dans mon cou, m’assurant qu’il me dévorerait si
je respirais ou disais un mot. Sas émotionnel verrouillé. Et enfin pour le
reste, ma strate intellectuelle pouvait œuvrer à loisir dans la peur d’une vie
sans repère. Et voilà… Pan dort mais laisse l’espoir ! J’ai donc mes
propres pythons à reloger dans un trio de sphères réunifiées pour ressentir à
nouveau cette colonne de souffle qui transporte. Allez.. vivement que le Flamby
touche l’assiette !
Et voilà, je suis en deuil pour
dire Adieu à un Roi, ce modèle masculin obsolète à qui j’ai dédié mon Amour et
ma Haine et que j’accompagne pour son dernier voyage, telle Antigone a guidé
son aveugle de père. J’ai mis une pièce sur chaque œil pour le passeur, et mes
larmes sont venues bénir cette épaule droite que je cherche de toutes mes
forces à redresser. Pardonne-moi mon erreur d’avoir cru que tu étais la cause
de mes malheurs ! En bon miroir que je suis et voulant être ton garçon,
j’ai pris ton sombre anima pour le copier coller dans mon Féminin blessé, ce
masque noir ô combien viril qui m’a obsédé. Méduse était à l’œuvre pour figer
toute action en ce Monde qui ne serait pas à ton image,
Jean-Pierre. Me battre contre ces serpents ont mordu mon corps en distillant un
poison mortel pour mon système nerveux… Mes douleurs du côté droit, que je
pensais être mon pire ennemi était assénées par son opposée, un féminin blessé
ayant revêtu le masque de Dark Vador.. Difficile de connaitre son visage mais également
sa voix. Un masculin blessé par un féminin ayant pris l’apparence du masculin
en exprimant que tout est la faute de l’Autre.. ! Aah, ça s’touche ! On
sent la boucle de l’analemme se former.. Comment me défaire de cette peau de
cuir acier qui emprisonne à penser une réalité que je brûle de vouloir modifier,
mais noyée dans l’infini dès que je veux m’en approcher de l’intérieur.. les
paroles s’envolent mon corps.. et les cris restent.
Ce soir le Roi est mort. Une
Reine a été démasquée et des têtes sont tombées. Un nouveau jour se lève sous le nouveau monde.
Mlle Kâ du C
Mlle Kâ du C
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