samedi 30 mars 2019

Incarnation Volontaire de Grandir


Tout commence enfin à transparaître..
A force de découdre les mailles du costume, les contours du tissage relève mieux les pans de mon existence.
A 18 ans.. éprise de liberté.. une pulsion de vie tellement forte.. comme une bête sauvage relâchée dans un monde nouveau, inconnu. Inadaptée.. blessée.. enragée.

Ce 11/09/2001, jour où j’emménageais dans cette cité U, suffisamment loin de mes parents.. ce jour de Liberté où la terreur était mondiale. De mes envies et désirs, mes expériences de Vie ont bien vite déchanté le jour où je n’ai pu faire autrement que constater que j’étais enceinte. Impossible.. impossible.. ce n’est pas possible. Je refuse cette réalité ; elle n’est pas. Alors quand on m’annonçât qu’il était trop tard pour avorter en France, tout s’est écroulé. L’effondrement de ma tour a commencé ce jour, au printemps 2002..
Cette implosion a produit une faille qui a commencé à aspirer mon passage à l’âge adulte ainsi que toute ma construction et ma place de femme à venir. Majeure.. problème majeur.

J’ai très peu de souvenirs de la suite.. la douleur.. les pleurs.. le déni, l’angoisse, la peur.. la terreur. La Hollande, le réveil en salle d’anesthésie, l’attente du retour de mes deux amies sur le banc du jardin de l’hôpital, le retour chez mes parents la même journée sans rien dire à personne.. Fini ; tout cela était fini, nous n’en reparlerons jamais plus.. jamais.

Ce jour-là j’ai bâillonné une partie de moi, une part spirituelle qui cherchait le pardon d’avoir tué la Vie, d’avoir était la jeune fille qui a choisi la Mort et qui ne reviendra pas. Cette part a grandi dans l’Ombre, poussant ma chaire, atrophiant la circulation de la vie intérieure.
La jeune fille et la mort dans son + bel écrin.. l’âme hors du temps qui attend la fin de l’errance. Ma présence n’était qu’apparence, mon âme descendant aux enfers maintenu juste au bout du fil.. Allo ? Allo ?

L’entaille entre ma Nature blessée et mon visage n’a cessé de grandir, dissociant mes corps subtils. Tiens.. une demi paralysie du visage.. à droite déjà.. il est comment, ton masque à toi ?.. Heureux les fêlés..

Crise de psoriasis plus tard, c’est dire combien la frontière maintenant ces 2 sphères était menacée. Combien de temps encore tenir ce rôle de souffrances parfaitement refoulées ?
Arrive le coup de grâce ce 04/04/2015. La voilà enfin sortie, cette énergie noire ! la matière sombre se met à aspirer ma chaire, mes centres d’énergie, mes nerfs, les méridiens.. trous noirs supermassifs entraînant les contenus conscients au fond de l’abysse infernal.

Tout s’est inversé, pendulant entre les deux opposés d’un même centre. En colère j’étais impassible, en tristesse j’étais souriante.. heureusement avec la peur, j’étais courageuse et la force ma venait de cette sourde envie de faire éclater ma vérité et que tout changerait après ça. Ah Papa.. né d’un Joseph et d’une Marie, ça ne s’invente pas !

Mais revenons à ma part de jeune fille morbide qui ne s’est jamais pardonnée d’avoir choisi d’ôter la Vie d’une part de moi, innocemment innocente. Je n’étais pas prête à affronter les terribles mots dont je me serais affublée. J’en avais bien trop dans mon répertoire et rien dans celui de pardonner. Je me serais haïe, peut-être n’aurais-je pas pu continuer à vivre.

J’ai refilé le bébé à mon IC qui l’a nourrit dans mon ventre, jusqu’à ce qu’il naisse au grand jour XIII ans après et qui, je l’espère, va monter dans la Lumière d’ici quelques jours, XVII ans plus tard.. retour à la Source, belle âme ! Lui dire adieu et marquer la fin de l’errance.

Tout a du sens maintenant. Ces pensées morbides à l’œuvre chaque matin, couvrant ma tête de sa sombre voilette, cet immobilisme face à la vie qui déroule. L’oppression qui fait redouter chaque interaction avec un autre de mon espèce. La désolation de voir mourir tout ce que j’avais commencé à faire pousser. Mes pas mal assurés qui tremblent à l’idée de s’effondrer. Cet état d’anéantissement à la pensée de mourir lorsque j’avais sept ans, l’âge de « raisonner ». Sans doute vivais-je là l’expérience du fœtus reparti trop tôt dans le flot de la Vie, à l’Univers.

Mon manque d’affirmation et d’implication avec mon entourage, les mecs qui ont partagé mon lit.. bien trop nombreux pour ne pas sentir combien ce manque d’Amour n’a jamais été assouvi. Mon corps, trahi, ne prenait plus part à l’acte sexuel ; je me désintéressais de plus en plus à mon physique et enfin j’ai commencé l’auto-destruction (radikal mon kommandant !). Mon corps morcelé accumulait les répétitions de cette danse macabre, moi qui adore danser.. !

Pourquoi être femme pour devenir Mère ? La pire mère qui soit au Monde ne devrait jamais venir au Monde. Je me suis tue d’un poignard dans le ventre et Hadès est venu ravir ma jeunesse. Perséphone qui n’aurait jamais du revoir le jour si sa mère ne s’était sacrifiée à la chercher, jusqu’à affamer la terre qui naquit de ses pouvoirs. Sa haine contre le sexe masculin n’avait pas de limite et son seul but était de retrouver sa fille, la chaire de sa chaire.

Perséphone a fermé ses yeux sur le Monde d’en haut, son Être s’est lentement inversé dans la descente du Monde d’en Bas. Métamorphose des profondeurs. Elle s’est drapée de son suaire et l’a fortement enroulée autour de son corps.. chaque nœud méticuleusement ajusté pour ne pas se défaire, elle se mit à tisser jusqu’à nouvel ordre. Ô combien  je me suis associée avec Elle, combien j’ai eu peur de sombrer dans le chaos ! « Il était un petit navire.. il était un petit navire.. qui n’avais ja-ja-jamais navigué »..

Pardon mon Cœur, pardon.. pour cette couronne d’épines blessant de paroles si dures envers toi. Tu voulais être libre, ô combien libre.. sans entrave, ni chaine.. tu as croisé le fer d’Arès, roi de la guerre, dont seule Aphrodite pouvait adoucir les brûlures infligées par ses flammes. Et toi, Cupidon, pourquoi es-tu si douloureux ? Pourquoi ai-je si peur de toi ? C’est à travers toi que j’ai posé mes yeux sur un être si sombre et mystérieux. Toutes ces énergies qui ont été libérées, incroyablement fortes ! Ici se trouve un point quantique où je supporte « qu’il est là » et « qu’il n’est pas là » en même temps. Assez fort venant d’une personne qui ne voit qu’en noir et blanc (pas besoin de préciser les quantités.. !)

Qu’il est dur d’aller sonder sa nature intérieure quand rien ne filtre à la conscience et qu’Ariane a emmêlée toute sa bobine de fil. ! J’ai du apprendre à lire la cartographie des lieux grâce à une énergie qui remonte des profondeurs et dilate l’espace-temps de ma réalité. Elle me guide où passer, moi qui suis aveugle dans les méandres de mon corps. Ce mince fil qu’avait retenu mon âme.. l’âme agit enfin..

Pardon mon Âme, pardon.. de t’avoir enchainée entre deux parois si minuscules, dans cette position si inconfortable, m’aidant à comprendre qu’il fallait changer de chemin. Merci d’avoir allumé la Lumière (un peu fort, par contre.. ! ;) pour me transcender. Désolé de continuer à utiliser l’alternatif plutôt que le continu mais je te promets de continuer à avancer. C’est si dur de se détacher de ses puissants archétypes, leur pouvoir est immense. Heureusement certains m’aident à écoper et je me redresse au fur et à mesure. Lorsque la grand voile sera hissée, le souffle de vie me mènera vers l’expansion de mon Univers, mon Unité retrouvé. J’ai vraiment une compréhension très littérale des Textes, version original one !

Réunir ces deux mondes séparés où la jeune fille rejoint la Vie, respire, remercie, crée, danse, chante, jouit !

Parce que nous sommes tous grisés sous le ciel étoilé.. buvant à la source de Vie.


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