Aujourd’hui, j’ai compris pourquoi depuis 2 matins
consécutifs, je n’avais plus d’électricité chez moi en me levant. Après coup,
j’ai trouvé ça ironique, mais sur le moment, j’avais du mal à embrayer ma
journée sur une note discordante dès le 1er geste : allumer ma
lampe de chevet.
Ironique je m’explique puisque ô rage, ô désespoir du
dimanche précédent ma reprise de boulot, la fin de 2 semaines de vacances, je
trouvais judicieux d’enclencher le rétropédalage de la constante : arrêter
de fumer des putain de clopes. Depuis mes 16 ans, je m’étais interdite de m’interdire
de fumer, je n’avais donc jamais essayé d’arrêter, attendant un évènement
extérieur qui ferait bondir hors de sa cage ma volonté. Or depuis ce fameux dimanche
disharmonique, j’en ai eu marre de ce reflexe inconscient conditionné : saturation,
reconnaissance de la malhonnêteté envers ce que je tends à être, face à mon
reflet du quotidien que j’ai créé depuis de nombreuses années. Je ressens que
ma volonté a envie de reprendre le petit flambeau de l’espoir dans cette zone
d’ombre temporaire et bien qu’elle se soit tue depuis tant d’années, elle ne
s’est pas tuée.. ouf ! Je tente de réaliser à quelle point cette victoire
de ma Volonté sur le capitaine Ego, (qui a + d’un crochet à une main et une
violente psychologie rusée) me délestera d’une sacrée partie de souffrance que
je continue à porter de différentes manières en mon corps. Cela prend pour moi
l’image d’une lourde balance autour d’un axe incontrôlé, en proie à d’énormes
crochets pourfendeurs de bonne volonté ; difficile d’éviter le mal de mer.
Je crois donc que je traverse une crise d’identité, haha la voici, la
voilà !
Pourtant, en ce lundi matin qui devait annoncer l’aube d’un
victorieux saut dans l’inconsistant de mon être, je me heurte donc frontalement
à un mauvais coup du sort : « putain mais pourquoi la lumière ne fut
pas ? »
Je tiens à remercier la technologie, qui s’il y a quelques
mois en arrière, ne m’aurait pas tirer de cette infortune, moi qui avait usé ma
dernière bougie, aucune pile LR6 pour m’aider à une quelconque once de lumière
en pleine nuit.. Bref, j’ai une Lampe Torche sur mon mobile ! Commence
donc mon enquête qui s’aventurait être très sommaire vu mon niveau en
Electricité (U=RI) et ma compétence au matin à être au taquet sur ce sujet..
Je tente de relancer au compteur, ça me retire au niveau 0 :
échec, je n’aurai pas de lumière pour prendre ma douche.. qu’à c’là
n’tienne ; j’ai une lampe torche sur mon mobile ! Ça suffit amplement
à tamiser la pièce. Je saluais l’effort que l’eau soit chaude parce que le
moral tapait dur dans le cerveau à l’annonce de la journée précédente qui me
répétait le pacte d’arrêter de fumer. Je n’avais pas de plan précis pour y
arriver mais le maître mot était « Résistance ! », à la
tentation, quelque chose qui allait fortement piquer la tête.. Ça m’assaisonnait
donc suffisamment le cerveau, en
parallèle de ma maison-toute-électrique qui allait se vider de son jus, cherchant
quelques bribes de solutions qui attisaient mon envie de m’en allumer une mais
soit, j’avais une douche et de la lumière, on passe à l’étape suivante :
se laver les dents ! j’ai apprécié le changement de routine qui m’ a sorti
d’affaire un temps mais le temps d’après, justement, m’a paru anormalement long
quand je constatais qu’il me fallait attendre une heure avant d’embaucher alors
que j’avais une marge de 15-20 min habituellement.. ogué.
Néanmoins, j’ai ressenti une franche joie durant cette
pénible attente, quand ma chienne Oxy m’a ramenée mon ours en peluche
véritâââble dont je lui avais fait cadeau quelques semaines plus tôt. Elle s’empressait
d’aller l’enterrer dans le jardin, malgré mes efforts pour ramener toujours la
dépouille à la maison. Le concept peut sembler bizarre mais pas autant que
celui de son prénom qui établit qu’une moitié appartenant à ma chienne et
l’autre à moi, formait le pseudo « Cé-xy » auquel je me raccrochais
un peu en me disant que ça serait bien que ça dure un peu dans la baraque !
Mais bref, un matin, l’ourson échappa à ma vigilance et il
fut enterré je ne sais où pour des jours, lui qui avait déjà perdu la vue et
l’odorat par ses petits crocs enjoués, voilà qu’il gisait 6 pieds sous terre
sous un quelconque buisson. Le zombie mutilé du jardin.
Je m’étais donc résignée à ne plus l’apercevoir depuis ce
jour, moi qui venait de le retrouver grâce à un colis de ma mère qui
m’expédiait mes dernières affaires de ma chambre d’enfant, moi qui l’avait
quasiment oublié puis retrouvé, te voila en train de te régénérer par la
putréfaction de la Terre. Te reverrai-je un jour ? Et enfin arrive ce
matin si particulier, si pluvieux, et je
l’aperçois à travers l’aube naissante et humide, au milieu du jardin, tel un
revenant de la guerre qui n’a jamais eu peur. Je me précipitais pour le sortir de
là et lui enlever la terre qu’il ne portait qu’à la tête (il avait eu sans
doute le temps de faire le reste). J’exultais de joie pour exprimer à Oxy toute
ma gratitude et je remis mon ours auprès d’elle sur le tapis.
« Mignon petit jouet, fais doucement. »
Mais voilà, ce moment de joie qui ne fait pas appel à la fée
électricité n’a pas pu contenir mon ressenti d’attente inutile et bien trop
longue, alors je m’octroyais une clope, soit une heure 15 après m’être levée, ce
n’est pas beaucoup direz-vous, mais c’est un géant p’tit pas pour moi. Bref, je
salue d’une main l’effort, l’autre me disant « c’est pas d’bol tout d’même
d’avoir une panne d’électricité, le jour de ta reprise de boulot et de l’arrêt
de la nicotine.. c’est pas d’bol ».. right..
Je pense à différentes solutions d’élucider le
problème : voir les voisins, appeler EDF, la mairie, mon ex-copain
électricien (rien de mieux qu’une bonne rupture pour raccorder 2 être humains)
mais le filigrane était morose et je me morfondais dans un coin de ma tête à passer
cette journée qui s’amorcait pleines de contraintes non prévues en terme de
pression occipitale ou coronale je ne saurai dire.. Oppression !! ( merci
Ben Harper)
Au final, après 2 ou 3 tentatives infructueuses au tableau
électrique avant mon fameux départ au boulot qui amorçait le devoir d’attente du
résultat à midi, résultat hasardeux qui allait précipiter l’émoi de
l’après-midi, et là ô miracle, le disjoncteur se relance enfin et tout le jus
revient instantanément dans la maison, yeah, le frigo presque chaud, le
chauffage complètement froid, l’ordi qui ne tient pas la charge, la belle
lumière qui éclaire l’espace noir.. !
Du coup je me dis qu’à 10 min près, je n’aurai peut-être pas
allumée cette fuckin’ 1ère clope d’ouverture de la journée. Je pars toutefois
au travail l’esprit un peu + léger, en me disant que ce que je venais de vivre
pouvait être un évènement unique en son genre, un phénomène isolé qui ne se
reproduirait plus.. Le petit brin de
soleil aurait pu tenir un peu la route de ma matinée quand je me retrouvais à
me confier à une attentive collègue de travail, sur le fait que je vis une
grosse réduction d’aides que je touchais avant, ce qui réduis de moitié ce que
j’avais pour le mois à la base ; 50% de moins, c’est pas glop. J’énumérais
les solutions auxquelles j’avais pensé, muées par ma sempiternelle morale qui
me dit « soit indépendante - assume toi », mais la couleur de ce que je disais se
dégradait inexorablement vers une teinte sombre et me donna l’impression que
l’utopie que je m’étais annoncée pour 2016 pouvait bientôt se casser la gueule
vu le moral facilement ébranlable de cette journée : le
futur-qui-fait-peur ! Merde, y’a une tâche, j’l’avais point vu
celle-là !
La matinée a été dure, j’avais l’impression que la surface de
ma peau se liquéfiait et prenait une teinte maladive inquiétante.. face à la
compassion (ou était-ce la pitié ?) dans leurs yeux, la digestion était
rude, (et cette pause sans cigarette qui ne finissait pas !) alors la
réponse joviale de mon ex-copain me proposant de passer ce midi-même pour
regarder ce problème électrique me réjouit bizarrement dans ma tête fatiguée.
Effectivement, son effervescence a réussi à me faire décoller
la pulpe de la torpeur dont je m’étais enveloppée toute cette matinée et je
réussis à faire remonter cet ascenseur émotif après un léger passage en
sous-sol (avec décompressurisation). Son caractère enjoué sur la vie qu’il
traverse en ce moment, ce renouveau pour des expériences restées en sommeil,
l’attention qu’il m’a sollicitée durant cette heure de pause m’a profondément
touchée et je me promis de continuer ma journée à me consacrer à l’instant présent,
oubliant mes problèmes, sachant que ma matinée n’avait pas été très démonstrative
avec mon entourage, je me promettais de corriger le tir et de montrer une belle
facette de moi-même pour cette sortie piscine. Et c’est ce qu’il se produisit,
j’ai passé de très beaux moments, j’ai même ri à me libérer d’une partie de cette
souffrance, merci à toi Jäden, tu es vraiment un autiste formidablement
drôle !
Le chemin du retour m’annonçait de bonnes nouvelles, Jeff
avait localisé la panne, son frère-mon proprio était en chemin pour commander
la pièce, les solutions de dépannage pour les 2 prochains jours étaient
encourageants, je revenais donc à la maison avec une violente envie de dépasser
mes frustrations alors je chaussais mes baskets et me faisait un tour de
jogging en pâté de maison.. Fatiguant mais monstrueusement revigorant. Après
ça, Jeff m’explique en détails le fin mot de la panne et son frère arrive dans
la foulée pour former un trinôme plutôt agréable où pleins de sujets
intéressants furent abordés, autours de quelques pétards (ça ne compte pas
comme des clopes, non non, et je ne détiens rien en ma possession m’sieur
l’agent) et d’une petite bière. Plutôt bon pour redescendre en pression et se
sentir réconfortée au-dedans, comme au-dehors. Finalement, mes 2
colocs-temporaires et moi sommes en mode Expérimentation pour tenter de gérer
un ballon d’eau chaude aux paramètres très flous voir inconnus, par un
ajustement de la variable Température qui, trop dosée, provoquerait un éclatement
du ballon qui se trouve, je le précise, juste derrière ma tête de lit.
D’ailleurs pour l’anecdote dont je ne pourrai préciser l’exactitude puisque c’est
moi qui la rapporte : la panne est liée à la sonde du thermostat qui a
fiiiizz flashé et qui a provoqué un court-circuit ; mais non un
court-circuit « franc » puisque c’est le disjoncteur différentiel qui
a sauté, bref, face à mon ignorance, Jeff me précise que c’est une sécurité
pour « protéger l’humain », éviter qu’il ne se prenne une grosse châtaigne.
Merci le différentiel, ou peut-être la pleine lune qui était pourtant invisible
ce jour-là, ou la décision de travail sur ma volonté qui m’a amenée à mener de front
plusieurs paramètres à caractère négatif pour les transformer à ma manière en
quelque chose d’intimement positif. Je l’espère en tout cas, c’est l’impulsion
que je veux me donner en écrivant ces lignes.
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