Jusqu’à mes 32 ans, je fus une
pro fête à bâtons rompus, me mettant des propres coups pour enfoncer la pioche
qui me servait de tête. C’était de multiples personnalités très exaltantes, des
émotions puissantes qui soulevaient toujours un peu + la hauteur du prochain
coup qui allait fatalement retomber. Tel le serpent qui se mord la queue, faire
la fête était le moyen de rechercher toujours un peu + d’émotions pour vibrer
temporairement un peu de vie et renforcer mon illusion que ces moments de
communion étaient de propices moments à la joie et l’allégresse. Je ne regrette
pas. Le milieu Underground est
une source spéciale d’apprentissages. Fortement corrélé à mon dégoût prononcé
pour l’autorité, j’étais investie dans une démarche libertaire et valeureuse.
J’étais parmi des gens qui se
rassemblaient derrière le même blason, tous différents dans leur parcours qui
étaient comme moi désabusés de leurs pensées d’avenir. Je ne savais pas ce que
les gens venaient chercher dans ces rassemblements, mais moi, je savais intimement
ce que j’éprouvais au contact de la musique et des lourdes basses qui
frappaient ma cuirasse de cœur. Quelle vibration, quelle sensation orgasmique
de pouvoir lire la musique avec son corps. Chaque pas battait le rythme jusqu’à
ce que les bras démarrent une ligne mélodique aux couleurs acides tandis que
chaque position évoluait durant les séquences déterminées. Quel rapport privilégié
je sentais avoir avec cette musique ! Ses nappes répétitivement
hypnotiques qui m’emmènent dans une spirale en constante évolution vers le cœur
du vinyle. Une superposition de nappes qui aboutissent sur une ouverture
appelée break, qui fait respirer la foule et préparer le prochain voyage. Merci
à cette fabuleuse aventure qui a marqué à jamais mes 15 dernières années (dit
le diable).
Me décoller de ces émotions qui
me maintenaient vivante après ces années d’enfance qui ont mastiqué les différentes parties de mon
corps, n’a pas été chose aisée. Cette année à pratiquer le Reiki et l'Hypnose m’ont amenée à
agir littéralement sur le mot « décoller », tous sens confondus. Puisque
mon corps est le lieu de toute mon attention, je vais en faire mon allié. Après
l’avoir détruit à petit feu toutes ses années, il est temps de lui transmettre
de nouveaux éléments. Je lui en ai voulu de ne pas me donner accès aux
informations demandées hormis celles de la douleur. Elles accaparaient mes
pensées sur cette chose désagréable, corporelle et émotionnelle. L’hypnose a
mis un éclairage très particulier dessus puisque je me retrouvais littéralement
pantomimée de la Conscience, incapable de décrire ce qui s’était passé dans
mon corps qui absorbait toutes les paroles prononcées. L’angoisse de manquer d’infos,
de ne pas pouvoir avoir + d’indices pour maîtriser ce qui était en train de se
produire. Pourtant la réponse était depuis toujours sous mes yeux clos, mon
corps allait être le remède de l’interprétation que mon mental ne pouvait
imaginer. Plutôt que fuir la sensation désagréable, la laisser monter en
observant sa progression dans mon corps a automatiquement généré une bulle de
bien-être dans mon ventre et cela m’a instantanément déconnectée de la raison
pour laquelle je m’étais soumise à l’exercice. Bingo, j’me ballonne et j’me
dilate ! j’ai aussi du pratiquer des expulsions d’air régulières pour
accompagner ces sensations.. Allez poussez madame ! Que dire de l’effet
immédiat qui en a résulté, catalysant toute l’énergie à agir en profondeur, sur
mes couches de douleurs qui ont relâché en partie l’étreinte sur la partie
centrale de mon Être, me vivifiant de l’intérieur en me déployant intensément
des racines jusqu’à la tête.
J’avais pratiqué jusqu’à présent la
dissociation mais pas dans le bon sens. Je cherchais à modifier ma perception
de la réalité par des psychotropes et ma grande mythomanie m’a fait inventer de
nombreux personnages, cependant j’accédais à un état modifié de conscience. L’aubaine
déjà d’en trouver un ! Désormais si je veux me séparer d’une certain point
de vue qui m’intoxique, je vais en moi-même observer la sensation intérieure qu’elle
crée en mon corps, et généralement de grandes libérations de l’Esprit arrivent..
et là mon slogan « redonne de l’Esprit au corps » prend tout son
sens. Lorsque mes yeux se sont posées sur mon livre « Vénus et la Mort »,
j’ai eu cette jolie image qu’effectivement Vénus est l’âme hors de notre nature
intérieure et que cette mort qui nous effraie tant n’est que l’image de Vénus
que nous sommes en notre essence pure, celle qui nous révèle à tel point nous
nous aimons pour l’éternité. Je fus prise d’une crise de rires et de larmes,
génialement drôle. Je tire un fil d’idées nouvelles qui s’oriente vers cette fameuse
Unité que nous partageons tous, cette racine commune qui est l’amour de Soi
originel et qui nous marque tous de la même manière. Qui saura aimer la Mort ?
Quelle gratitude j’éprouve envers
la Vie, l’opportunité de comprendre un peu mieux notre façade complexe pour
progresser dans le labyrinthe avec des connaissances évolutives. Enfin j’avance
à la lueur de la bougie dans mon armure-alliée pour débusquer Minos dans le cœur
de mon Esprit et le vaporiser dans un épais brouillard et disparaitre.
Je me mets donc à vibrer.
Cécile de KâSix
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