mardi 10 octobre 2017

Système à base 10

Jusqu’à mes 32 ans, je fus une pro fête à bâtons rompus, me mettant des propres coups pour enfoncer la pioche qui me servait de tête. C’était de multiples personnalités très exaltantes, des émotions puissantes qui soulevaient toujours un peu + la hauteur du prochain coup qui allait fatalement retomber. Tel le serpent qui se mord la queue, faire la fête était le moyen de rechercher toujours un peu + d’émotions pour vibrer temporairement un peu de vie et renforcer mon illusion que ces moments de communion étaient de propices moments à la joie et l’allégresse. Je ne regrette pas.  Le milieu Underground est une source spéciale d’apprentissages. Fortement corrélé à mon dégoût prononcé pour l’autorité, j’étais investie dans une démarche libertaire et valeureuse.

J’étais parmi des gens qui se rassemblaient derrière le même blason, tous différents dans leur parcours qui étaient comme moi désabusés de leurs pensées d’avenir. Je ne savais pas ce que les gens venaient chercher dans ces rassemblements, mais moi, je savais intimement ce que j’éprouvais au contact de la musique et des lourdes basses qui frappaient ma cuirasse de cœur. Quelle vibration, quelle sensation orgasmique de pouvoir lire la musique avec son corps. Chaque pas battait le rythme jusqu’à ce que les bras démarrent une ligne mélodique aux couleurs acides tandis que chaque position évoluait durant les séquences déterminées. Quel rapport privilégié je sentais avoir avec cette musique ! Ses nappes répétitivement hypnotiques qui m’emmènent dans une spirale en constante évolution vers le cœur du vinyle. Une superposition de nappes qui aboutissent sur une ouverture appelée break, qui fait respirer la foule et préparer le prochain voyage. Merci à cette fabuleuse aventure qui a marqué à jamais mes 15 dernières années (dit le diable).

Me décoller de ces émotions qui me maintenaient vivante après ces années d’enfance qui  ont mastiqué les différentes parties de mon corps, n’a pas été chose aisée. Cette année à pratiquer le Reiki et l'Hypnose m’ont amenée à agir littéralement sur le mot « décoller », tous sens confondus. Puisque mon corps est le lieu de toute mon attention, je vais en faire mon allié. Après l’avoir détruit à petit feu toutes ses années, il est temps de lui transmettre de nouveaux éléments. Je lui en ai voulu de ne pas me donner accès aux informations demandées hormis celles de la douleur. Elles accaparaient mes pensées sur cette chose désagréable, corporelle et émotionnelle. L’hypnose a mis un éclairage très particulier dessus puisque je me retrouvais littéralement pantomimée de la Conscience, incapable de décrire ce qui s’était passé dans mon corps qui absorbait toutes les paroles prononcées. L’angoisse de manquer d’infos, de ne pas pouvoir avoir + d’indices pour maîtriser ce qui était en train de se produire. Pourtant la réponse était depuis toujours sous mes yeux clos, mon corps allait être le remède de l’interprétation que mon mental ne pouvait imaginer. Plutôt que fuir la sensation désagréable, la laisser monter en observant sa progression dans mon corps a automatiquement généré une bulle de bien-être dans mon ventre et cela m’a instantanément déconnectée de la raison pour laquelle je m’étais soumise à l’exercice. Bingo, j’me ballonne et j’me dilate ! j’ai aussi du pratiquer des expulsions d’air régulières pour accompagner ces sensations.. Allez poussez madame ! Que dire de l’effet immédiat qui en a résulté, catalysant toute l’énergie à agir en profondeur, sur mes couches de douleurs qui ont relâché en partie l’étreinte sur la partie centrale de mon Être, me vivifiant de l’intérieur en me déployant intensément des racines jusqu’à la tête.

 J’avais pratiqué jusqu’à présent la dissociation mais pas dans le bon sens. Je cherchais à modifier ma perception de la réalité par des psychotropes et ma grande mythomanie m’a fait inventer de nombreux personnages, cependant j’accédais à un état modifié de conscience. L’aubaine déjà d’en trouver un ! Désormais si je veux me séparer d’une certain point de vue qui m’intoxique, je vais en moi-même observer la sensation intérieure qu’elle crée en mon corps, et généralement de grandes libérations de l’Esprit arrivent.. et là mon slogan « redonne de l’Esprit au corps » prend tout son sens. Lorsque mes yeux se sont posées sur mon livre « Vénus et la Mort », j’ai eu cette jolie image qu’effectivement Vénus est l’âme hors de notre nature intérieure et que cette mort qui nous effraie tant n’est que l’image de Vénus que nous sommes en notre essence pure, celle qui nous révèle à tel point nous nous aimons pour l’éternité. Je fus prise d’une crise de rires et de larmes, génialement drôle. Je tire un fil d’idées nouvelles qui s’oriente vers cette fameuse Unité que nous partageons tous, cette racine commune qui est l’amour de Soi originel et qui nous marque tous de la même manière. Qui saura aimer la Mort ?

Quelle gratitude j’éprouve envers la Vie, l’opportunité de comprendre un peu mieux notre façade complexe pour progresser dans le labyrinthe avec des connaissances évolutives. Enfin j’avance à la lueur de la bougie dans mon armure-alliée pour débusquer Minos dans le cœur de mon Esprit et le vaporiser dans un épais brouillard et disparaitre.

Je me mets donc à vibrer.


Cécile de KâSix



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